Carrefour et Casino en guerre ouverte au Brésil

Carrefour a annoncé ce matin que son conseil d'administration accepte le projet de partenariat proposé par Gama, au Brésil. Dans la foulée, Casino réagit en expliquant avoir de nouveau saisi la Chambre de commerce international pour lancer une procédure d'arbitrage. Le groupe stéphanois, qui dispose d'un droit de veto pour tout ce qui concerne CBD, n'entend pas se laisser dépouiller de ses affaires brésiliennes.

C’est la « telenovela » du moment, le feuilleton qui tient en haleine le milieu économique français. Carrefour contre Casino, Casino contre Carrefour, et CBD partout, avec le groupe Diniz dans son sillage, l’Etat Brésilien, via la Banque nationale de développement (BNDES) et un fonds d’investissement mené par « le plus jeune milliardaire self-made man du pays », Andre Esteves. Ce matin, au communiqué de Carrefour, envoyé à 7h35, annonçant que, ô surprise, « le conseil d’administration de Carrefour se prononce en faveur du projet de partenariat stratégique (…) proposé par Gama », répondait, coup sur coup, deux communiqués de Casino, datés de 10h15 et 13h45.
Le premier prend acte de l’annonce de Carrefour : « Le groupe Casino considère que Carrefour et ses administrateurs engagent leur responsabilité en acceptant, malgré les avertissements, une opération engagée de manière hostile et menée dans le cadre de négociations illégales. » Le poids des mots, déjà. Le second enfonce le clou, et complète la parade : « Le groupe Casino annonce qu’il a saisi, le 1er juillet 2011, la Chambre de Commerce Internationale d’une seconde procédure d’arbitrage à l’encontre du groupe Diniz, suite à la proposition présentée le 28 juin 2011 simultanément à CBD et ses actionnaires. » Plus loin, Casino réaffirme son « engagement envers CBD. »
 

Prière donc de comprendre que Casino, partenaire du groupe brésilien depuis 1999, n’entend pas se laisser dépouiller sans rien dire. D’ailleurs, Jean-Charles Naouri lui-même, PDG de Casino, a fait le déplacement au Brésil pour s’occuper du dossier. Il devait y rencontrer Luciano Coutinho, le président de la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES), partie prenante de « l’affaire ». Selon le quotidien Les Echos, qui cite l’hebdomadaire brésilien Veja, Luciano Coutinho a en effet déclaré qu'il n'apporterait pas les 2,4 milliards de dollars prévus « sans accord entre CBD Pao de Açucar et Casino. » De même, Carrefour, dans son premier communiqué, se veut prudent en expliquant que « la décision du conseil d'administration de Carrefour est conditionnée à l'approbation par CBD de la proposition reçue » et « à l'approbation finale du conseil d'administration de BNDES. » En comme rien ne peut a priori se décider au sein de CBD sans l’accord de Casino, qui dispose d’un droit de veto… A la Bourse de Paris, quelques minutes avant la fermeture, l’action carrefour abandonnait 1,63%, tandis que celle de Casino grimpait de 1,39%.
 

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