Carrefour jette l’éponge sur ses projets au Brésil

CHIFFRE CLÉCarrefour, dans la foulée de la présentation de ses résultats semestriels, annonce renoncer au projet de rapprochement au Brésil.

« Nous prenons acte ce jour de la décision du BNDES de ne pas financer l’opération telle que proposée par Gama et constatons donc que les conditions nécessaires à la réalisation de cette proposition ne sont pas réunies pour sa poursuite. » C’est par ces mots, laconiques, que Carrefour annonce renoncer à son rêve brésilien. Un échec de plus pour le numéro deux mondial de la distribution, et son Pdg, Lars Olofsson. Pire : un échec quasi couru d’avance. Car, enfin, que diable Carrefour est-il venu faire dans cette galère ? Jugement facile à rendre, sans doute, une fois la décision de renoncement prise, mais, dès le début, l’affaire semblait bien mal engagée. On pouvait compter sur Jean-Charles Naouri, Pdg de Casino et expert ès-finances, pour avoir bien pris le temps de ficeler son accord de partenariat avec Abilio Diniz. Sans parler des autres contraintes et/ou dangers de l’opération, pointées notamment par le montage financier imaginé : un fonds, Gama, mené par une banque, BTG Pactual, et par la BNDES, Banque nationale brésilienne de développement, l’équivalent, pour faire simple de notre Caisse des dépôts et consignations. C’est d’ailleurs de cette dernière que la faiblesse est venue puisque, après d’abord soutenu le projet, elle a finalement changé d’avis en milieu de semaine dernière, affirmant ne « pas vouloir choisir de camp. » La réaction de Casino, par voie de communiqué quelques heures plus tard, se veut d'ailleurs apaisante. « Le groupe Casino prend acte du retrait par Abilio Diniz, BTG Pactual et Carrefour de leur projet, indique sobrement le communiqué. Casino, premier actionnaire de GPA, attentif aux intérêts de la société et de l'ensemble de ses actionnaires, a été entendu sur le fond. Avec le management de la société, Casino poursuivra le développement de GPA et réaffirme son engagementy stratégique au Brésil.»

Beaucoup d’énergies dépensées pour rien, au final, pour Carrefour qui n’avait pas forcément besoin de cela, vues les difficultés rencontrées par ailleurs. Carrefour a en effet présenté aujourd’hui le bilan de ses ventes pour le deuxième trimestre. Dans les lignes attendues, certes, mais avec rien de bien extraordinaire. Le groupe publie un chiffre d’affaires de 22,4 milliards d’euros au deuxième trimestre, en légère hausse de 0,9% en comparable hors essence (+2,1% à taux de changes constants, hors essence). En France, les ventes s’élèvent à 9,86 milliards d’euros, stables à magasins comparables hors essence (+0,4% hors essence). Dans le détail, toujours en France, et toujours en comparables hors essence, les hypers reculent de 1,7%, et les supers gringottent 1,3%. Pas de quoi remonter vraiment la pente, donc. Carrefour indique ainsi que son résultat opérationnel courant, hors Dia, au premier semestre, est « attendu à environ 760 millions d’euros, contre 989 millions d’euros au premier semestre 2010, hors Dia, soit une baisse d’environ 23% », une baisse « essentiellement attribuable à la France. »

Bilan du premier semestre
CA : 44,6 milliards d’euros (+0,1% à magasins comparables hors essence ; +1,4% à taux de changes constants hors essence).
CA France : 19,1 milliards d’euros (-0,5% à magasins comparables hors essence ; -0,2% hors essence).

Bilan du deuxième trimestre
CA : 22,4 milliards d’euros (+0,9% à magasins comparables hors essence ; +2,1% à taux de changes constants hors essence).
CA France : 9,9 milliards d’euros (stable à magasins comparables hors essence ; +0,4% hors essence).

 

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