Carrefour Chine lance Le Marché, concept ultra-digital fruit de son alliance avec Tencent

|

Le nouveau point de vente qui sera inauguré ce dimanche 20 mai à Shanghai est la première matérialisation de l’alliance Carrefour/Tencent signée en janvier. Le distributeur y propose à ses clients de payer via leur compte WeChat Pay grâce à la reconnaissance faciale.

Carrefour lance Le Marché, une nouvelle enseigne ultra-digitale en Chine
Carrefour lance Le Marché, une nouvelle enseigne ultra-digitale en Chine© Carrefour

Carrefour, dont le chiffre d’affaires en Chine baisse depuis trois ans, veut redevenir un acteur qui compte dans le pays. Le groupe a discrètement ouvert le 28 avril 2018 à Shanghai le premier point de vente de sa nouvelle enseigne “Le Marché”. Cette période de derniers réglages s'achève : le magasin sera inauguré en grande pompe ce weekend. Il s'agit de la première matérialisation concrète du partenariat signé par le retailer avec le géant chinois des nouvelles technologies Tencent en janvier 2018.

“Le lancement officiel de ce nouveau magasin, qui s’étale sur deux étages en sous-sol, aura lieu le 20 mai après trois semaines de rodage”, affirme Stéphane Joly, qui a travaillé 15 ans chez le distributeur, dirige le développement commercial en Asie du groupe international de communication commerciale dédié au retail Altavia.... et a déjà visité ce tout nouveau concept.

L’objectif : rattraper Alibaba et ses magasins Hema

L’innovation phare de cet hyper compact, principalement dédié à l’alimentaire mais qui commercialise également des produits électroniques et des vêtements : le règlement par reconnaissance faciale via le système de paiement mobile WeChat Pay de Tencent, testé pour la première fois par le chinois dans la nouvelle enseigne de Carrefour Chine, un signe de la solidité de leur alliance. Les deux partenaires s’attaquent ainsi à leur concurrent Alibaba, qui a instauré le règlement par reconnaissance faciale via son système de paiement Alipay dans sa chaîne de magasins physiques Hema (qui devrait compter plus de 200 points de vente en Chine d’ici fin 2018).

Concrètement, le client fait la queue à une caisse classique après avoir rempli son panier. Une fois ses produits scannés, une tablette tactile fixée à la caisse s'allume et lui demande de taper les quatre derniers chiffres de son numéro de téléphone mobile. Ils permettent à Tencent d’identifier le compte du client sur son application de messagerie mobile WeChat (qui compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs). Une demi-seconde plus tard, l’écran s'allume et réalise un cliché du visage du consommateur. “Tencent demande aux internautes chinois une copie de leur carte d’identité ou de leur passeport lorsqu’ils s’inscrivent sur le réseau social. C’est avec l’image présente sur le document d’identité que le groupe compare la photo, avant de valider ou non le paiement”, explique à LSA Stéphane Joly.

Quatre systèmes de paiements disponibles

Aujourd’hui, ce système de paiement ne présente pas vraiment d’intérêt en terme de temps gagné pour le client, mais c’est une première étape pour les deux groupes, qui font travailler et progresser les algorithmes de reconnaissance visuelle de Tencent, qu’utilise Carrefour. “Le magasin est truffé de caméras. Peut être qu’à l’avenir, Carrefour et Tencent seront capables d’identifier les clients au moment où ils entrent, sans qu’ils aient besoin de passer par la case du selfie”, souligne Stéphane Joly. Les deux partenaires pourrait ainsi savoir qui sort du point de vente sans avoir rien acheté et envoyer à ces prospects (s’ils utilisent WeChat, ce qui est le cas de plus de 70% des Chinois) des publicités ciblées pour qu’ils achètent en ligne ou que leur prochaine visite soit plus fructueuse. 

Le Marché de Carrefour est également équipé de trois autres moyens d’encaissement. La caisse traditionnelle, le self scanning (où le consommateur scanne lui même ses produits à une caisse prévue à cet effet avec une douchette) et le scan and go (où il flashe ses produits en rayon ou en fin de parcours avec son smartphone). Le client peut également scanner les codes-barres des étiquettes électroniques présentes dans les rayons afin d’être renvoyé sur le site e-commerce du groupe, où il peut commander directement et se faire livrer les articles choisis. “Une première pour Carrefour en Chine, qui fait ainsi un pas en avant dans l’omnicanal”, indique Stéphane Joly.

Déjeuner en magasin sans passer à la caisse

Comme chez Super Species, la nouvelle enseigne du distributeur chinois Yonghui Superstores, allié de Tencent avec lequel Carrefour a également signé un partenariat en janvier, les clients peuvent acheter des plats préparés sur place et les consommer directement dans le point de vente, qui est doté d’un espace restaurant. “Grâce au scan and go, ils n’ont pas besoin de passer à la caisse, ce qui améliore nettement l’expérience client”, note Stéphane Joly. “Mais les plats de Yonghui sont de bonne qualité comme au restaurant, alors que ceux de Carrefour ressemblent plus à des repas de cafétéria. Dommage, car pour faire débourser plus d’argent à des clients, leur proposer des repas qu’ils ne peuvent pas retrouver ailleurs est une solution intéressante”, regrette le dirigeant.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message