Carrefour : le fonds Knight Vinke en guerre ouverte contre Lars Olofsson, les syndicats à sa rescousse

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Lars Olofsson
Lars Olofsson© LAURENTARDHUIN / CARREFOUR

Knight Vinke, fonds d'investissement américain présent au capital de Carrefour à hauteur de 1,5%, appelle au départ de Lars Olofsson, Pdg de Carrefour, dans une « lettre ouverte » publiée dans Le Monde. A en croire Eric Knight, le dirigeant du fonds, Lars Olofsson est en effet le premier responsable des mauvaises performances du groupe - pertes de parts de marché et avertissements sur résultats successifs : cinq en un an – : « En tant qu'actionnaires engagés, nous ne pouvons pas assister à une telle débâcle sans réagir », s'insurge-t-il, soulignant que « l'action Carrefour a perdu près de la moitié de sa valeur » en six mois. La lettre ouverte passe en revue les « nombreux facteurs » expliquant à ses yeux les contre-performances actuelles du groupe : gestion trop centralisée des magasins, mauvaise perception des prix, informatique défaillante, inquiétante série de départs de cadres dirigeants, graves problèmes de gouvernance, etc.

Et ce n’est semble-t-il pas le concept Carrefour Planet qui va réconcilier les deux hommes. « Les magasins Planet se veulent plus modernes et plus spectaculaires que les anciens hypermarchés », écrit Eric Knight, avant de s’interroger sur l’image qui en résulte : « Est-elle cohérente avec le retour d’une politique de prix bas ? » Plus loin, il évoque le plan de déploiement, et paraît encore une fois peu convaincu par la stratégie conduite par Lars Olofsson : « Le bon sens voudrait que les performances attendues soient au rendez-vous avant de passer à l’étape suivante, surtout lorsqu’il n’y aurait aucun plan alternatif envisagé en cas d’échec. »

Fort de quoi, le fonds appelle donc au départ de Lars Olofsson, accusé d’être « juge et partie » - il est à la fois président du Conseil d'administration et DG du groupe -  dans la conduite des opérations des transferts des hypers vers le concept Carrefour Planet. « Cette situation est loin d'être idéale et nous appelons le conseil à nommer un président indépendant dès que possible », écrit Eric Knight, qui appelle de ses vœux une « solution bicéphale », avec un directeur général pour les pays émergents, et un directeur général pour la France et les pays voisins. » Une éventualité qui fait bondir les syndicats de Carrefour, à commencer par FO, qui s’est fendu d’un communiqué « contre le démantèlement du groupe » : la démarche d’Eric Knight est « clairement hostile et fortement nuisible », s’insurge le syndicat. « Carrefour a besoin de stabilité et de détermination pour mener à bien sa stratégie, plaide-t-il. Carrefour, ce sont des centaines de milliers d’emplois en Europe. Nous souhaitons exprimer notre attachement à l’entreprise Carrefour, aux emplois qu’elle représente et affirmer notre soutien à la stratégie que vient de nous présenter la direction générale, s’agissant des plans d’investissement pour le remodeling des magasins. »

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