Marchés

Carrefour mutiplie des projets pour valoriser la filière laitière

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Le distributeur français, avec des partenaires comme La laiterie-Saint-Denis-de-l’Hôtel, développe des initiatives pour valoriser la filière laitière, toujours dans une situation financière catastrophique. Il mise sur le local, le qualitatif et l’inédit.

Carrefour lance de multiples initiatives pour valoriser la filière lait
Carrefour lance de multiples initiatives pour valoriser la filière lait

Alors que les producteurs laitiers ont le couteau sous la gorge en raison des cours mondiaux orientés à la baisse, Carrefour lance des initiatives, avec des partenaires, pour aider la filière lait à sortir la tête de l’eau. Ainsi, en juin le distributeur s’est engagé à acheter 26 millions de litres de lait à la coopérative Bresse Val de Saône, située dans l’Ain qui regroupe 51 producteurs. En effet, en pleine crise laitière, la coopérative avait sensibilisé les distributeurs sur leur situation catastrophique. Carrefour a immédiatement répondu présent. Au même moment, l’association anti-gaspillage alimentaire Les Gueules Cassées avait mis en place une plateforme lamarqueduconsommateur.com. Objectif : offrir aux consommateurs la possibilité de créer une marque de lait, (C’est qui le patron ?), conforme à leurs attentes et rémunérer les producteurs au juste prix. Un cahier des charges strictes a été ainsi élaboré par les 8 000 personnes qui se sont exprimés. Ce dernier collant avec les méthodes de production des éleveurs de la coopérative, l’aventure pouvaient alors commencer, en partenariat avec la Laiterie Saint-Denis-de-l ‘Hôtel, chargée de récupérer et de conditionner le lait. A partir du 15 octobre, l’ensemble des Carrefour de la région lyonnaise et d’Ile-de-France vont référencer le lait « C’est qui le patron ? » et à partir du 5 novembre, tout le parc de Carrefour sera concerné, soit 5 000 magasins. L’opération, exclusive pour Carrefour pendant un an, vise à être étendue à d’autres enseignes de la grande distribution. Ce concept de marque, créée par le consommateur, pourrait être étendu à d’autres secteurs comme le jus de pommes ou le jambon.

5 à 6 euros de plus par an

Cette brique de lait, dont le prix a été fixé par les consommateurs à 0,99 euro le litre contre 0,69 euros, assure une rémunération juste aux producteurs, soit 390 euros les 1 000 litres, contre 200 euros jusqu’alors. Par ailleurs, ces références seront margées 5 % de moins par Carrefour que les autres MDD standards. « Au final, les consommateurs dépensent 5 à 6 euros de plus pour leurs achats de lait dans l’année mais ils savent exactement où part leur argent », explique Nicolas Chabanne, fondateur « Les gueules cassées »-« La marque du consommateur ». Ainsi, 7 à 10 millions de litres de lait de la coopérative seront commercialisées sur la marque « C’est qui le patron ? » et une partie en MDD Carrefour Standard pour 9 millions de litres. Pour le reste, Carrefour a accompagné la démarche locale régionale de la coopérative avec la commercialisation des briques de lait dans la Bresse et Val de Saône, à partir de fin 2016 pour 2 millions de litres annuels. Le distributeur s’engage également à investir pour accompagner ces éleveurs vers le bio. « Le début des conversions est attendu pour le début de l’année 2017 et nous tablons sur une production qui représentera, à terme, de 5 à 7 millions de litres de lait », explique Marc Delage, directeur de la catégorie lait chez Carrefour.

Du local et du qualitatif

Par ailleurs, dans le cadre de sa Filière Qualité, Carrefour s’est rapproché de la Laiterie Saint-Hilaire-de-Briouze pour le référencement d’un lait filtré. Le procédé qui consiste à ne pas chauffer, ni pasteuriser le lait, permet de garder toutes les qualités organoleptiques du produit. « Nos producteurs n’étaient pas tous sans OGM, une condition sine qua non pour travailler avec Carrefour. Aujourd’hui, 10 de nos 96 éleveurs sont certifiés sans OGM et tous le seront fin 2017. Ainsi, avec ce partenariat, nous tablons sur plus d’un million de litres de lait entier vendus contre 500 000 aujourd’hui », indique Emilie Fléchard, directrice adjointe de la Laiterie Saint-Hilaire-de-Briouze. Des projets sont également en cours pour développer des références de lait ½ écrémé et des crèmes.
Enfin, à partir du mois de novembre, le distributeur réorganise son initiative sur le lait des régions autour de cinq grands bassins français : Sud, Loire, Grand-Ouest, Nord et Centre. « L’objectif est de réduire les kilomètres entre les lieux de production et les distributeurs avec le référencement de produits locaux », ajoute Marc Delage. Les références seront donc uniquement commercialisées dans les zones géographiques correspondantes aux bassins laitiers.

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