Carrefour ose les meubles fermés

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DossierSix Carrefour Market ont fermé leurs meubles réfrigérés au rayon ultrafrais. L’enseigne réduit ainsi ses consommations, mais a dû revoir la signalétique pour que le client trouve rapidement son produit.

 

Carrefour a franchi le pas de la fermeture des meubles réfrigérés dans les rayons ultrafrais, un type d’équipement dont les contempteurs sont nombreux en France. Il faut dire que les arguments en défaveur des meubles fermés ne manquent pas : produits moins visibles, obstacle au libre-service et à l’achat d’impulsion, perte de productivité lors de la mise en rayon… Cela n’a pas stoppé Carrefour, qui a su s’adapter et additionne aujourd’hui les vertus d’une moindre consommation énergétique avec la performance commerciale. Depuis un an, six Carrefour Market arborent des meubles fermés, dans les rayons ultrafrais, traiteur, charcuterie ou fromages en libre-service.

«La mise en place de ces meubles a été envisagée dans le cadre de notre plan d’efficacité énergétique, et elle a suscité de nombreux échanges en interne», avoue Sandrine Mercier, directrice développement durable de Carrefour France. Peu d’exemples existent dans l’Hexagone. «Nous avons observé ce qui se faisait à l’étranger, poursuit la responsable. Nous avons aussi analysé ce qui s’était passé dans nos rayons surgelés, où les meubles fermés, aujourd’hui installés, avaient en leur temps soulevé des interrogations. »

 

Le plébiscite de la clientèle

À l’origine, Carrefour se tourne vers les meubles à portes coulissantes, jugées moins gênantes à l’ouverture. Problème: une perte de productivité est relevée lors de la mise en rayon par le personnel. Les portes battantes sont alors retenues. «On retrouve un niveau correct en productivité, et le nettoyage des vitres a été confié à une société de services», explique Sandrine Mercier. Après un an de fonctionnement, le bilan énergétique, et donc environnemental, est flatteur pour Carrefour, d’autant que la production de froid est le premier poste de dépenses pour un magasin alimentaire. «Les baisses de consommation du magasin sont supérieures à 17 %», se réjouit la responsable développement durable.

Côté chiffre d’affaires, la fermeture des meubles a, dans un premier temps, provoqué une baisse des achats d’impulsion. «Un phénomène tout à fait normal, la visibilité produit étant moindre avec des vitrines, mais grâce à un travail sur la signalétique, les clients s’habituent rapidement à cette configuration », assure Sandrine Mercier.

Côté client, c’est un plébiscite. 83 % des personnes interrogées trouvent l’initiative «tout à fait intéressante». Les bienfaits environnementaux de la démarche arrivent en seconde position dans l’esprit des clients, qui perçoivent d’abord une meilleure maîtrise de la conservation des produits. Ils félicitent aussi les magasins pour leurs allées moins froides. Dans ces rayons, le thermomètre affiche désormais 8°C, contre 5 auparavant.

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