Carrefour reprend l'avantageen s'alliant avec Cora

Après avoir lancé le mouvement de concentration du marché en juin en rachetant Dia, Carrefour le clôt avec le renfort de Cora dans sa centrale d’achats.

Bonne année, bonne santé et bonnes « négos » ! Voilà ce que Carrefour et Cora ont dû se souhaiter le 1er janvier, date d’entrée en vigueur de leur nouvel « accord de coopération à l’achat ». Un long intitulé pour désigner l’adhésion pure et simple des hypers et supermarchés Cora à la centrale de Carrefour pour les marques nationales et internationales de l’alimentaire et du bazar. Chacun conservera sa « politique commerciale, chaque enseigne définissant de manière séparée ses prix et sa politique promotionnelle », a précisé Carrefour dans son commu­niqué du 22 décembre.

Carrefour commence 2015 sur un joli coup. Avec 59 hypers et 140 supers, la famille Bouriez règne sur un petit empire de 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 20 000 employés. « Ce sont de bons distributeurs, et leurs magasins sont bien tenus, analyse la banque Kepler Chevreux. Mais, étant donné leur relative petite taille, ils ont souffert pour suivre le rythme des baisses de prix sur le marché français – ils ont baissé leurs prix de 2% au milieu de l’année –, et leurs ventes à comparable déclinent légèrement, chaque année depuis huit ans. »

 

« Un premier pas en vue d’une reprise de Cora ? »

Avec Cora, Carrefour remporte probablement la dernière grosse alliance possible sur le marché. On voit mal comment l’Autorité de la concurrence, déjà très attentive, pourrait laisser passer un nouveau rapprochement, alors que les quatre plus grosses centrales pèsent déjà 92,6% du marché.

Après avoir lancé le mouvement de concentration du marché avec le rachat de Dia en juin dernier, Carrefour boucle la boucle en remontant à 25,2% de part de marché, juste derrière les nouveaux alliés Intermarché et Casino (25,9%). L’écart est désormais sensible avec ses poursuivants, les alliés Auchan et Système U (21,6%) et les centres E. Leclerc (19,9%).

Pour Cora, il s’agit d’une décision historique qui marque la fin de sa période d’isolement. Échaudé par sa mauvaise expérience de centrale commune avec Casino, de 1999 à 2002, le groupe a vu sa position se fragiliser depuis la mise en place de la LME en 2008. Sa part de marché ne lui a jamais permis de peser dans la guerre des prix contre E. Leclerc, puis de Carrefour et Casino à compter de 2013. Faut-il y voir une alliance sans retour ? « Il peut très bien s’agir d’un premier pas en vue d’une reprise de Cora, estime un proche du dossier. Ce serait très malin d’installer cette alliance dans le paysage, avant que l’Autorité de la concurrence ne se prononce sur les derniers partenariats, pour ensuite négocier sans se presser… »

 

Cora en chiffres

59 hypers

140 supers

6,2 Mrds € de chiffre d’affaires en 2013

3,3% de part de marché,en CAM à fin novembre 2014

Sources : Cora, Kantar Worldpanel

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2348

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Nos formations