Carrefour revoit le modèle de sa Planet

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DossierRécompensé par le jury pour son caractère innovant, le concept censé « réinventer » l’hypermarché chez Carrefour a beaucoup évolué depuis son lancement en 2010. Pour revenir à un modèle plus marchand.

 

Récompenser Carrefour Planet ? Quelle drôle d’idée. Sauf si, bien sûr, on récompense l’audace. L’audace d’avoir été capable de se remettre en cause. Car entre le Carrefour Planet d’Écully (69), présenté en grande pompe en août 2010, et celui de la Ville-du-Bois (91), inauguré fin novembre 2011, les changements sont drastiques. Le cheminement est intéressant à analyser. Un constat d’abord : partout, les grands hypers sont en souffrance. Un mouvement de fond caractérisé par des trafics en recul. Chez Carrefour, une baisse de 5,6% a été enregistrée sur le seul troisième trimestre 2011.

Laisser ce modèle régresser sans rien faire aurait été une faute. C’est dans ce contexte de crise qu’intervient Planet avec sa zone marché très largement étendue et sublimée, et ses efforts, marquants, sur le bio, la mode ou la beauté, bien mieux mis en valeur qu’avant. Il est loisible, ensuite, de gloser à l’infini sur la pertinence du concept, mais Carrefour se devait d’apporter une réponse au problème. Qu’elle soit bonne ou mauvaise est une autre interrogation, que Carrefour se promet de lever début 2012. Les derniers chiffres laissent néanmoins entrevoir que non, Planet n’est pas un échec, même s’il ne remporte pas (encore) l’adhésion. D’abord en raison du coût de transformation, jugé trop lourd : 1,5 Mrd € d’ici à fin 2013 initialement annoncés pour transformer 500 magasins en Europe. Avec, pour Planet, une moyenne de 4,2 M € par point de vente. À cause ensuite des multiples annonces et contre-annonces venues parasiter le discours, sous fond d’avertissements successifs sur résultats.

 

Un parcours client simplifié

Ainsi, les 40 Planet prévus cette année en France ne seront finalement que 29 à fin décembre (pour un total de 82 en Europe). De quoi susciter les rumeurs les plus folles, certains évoquant même l’arrêt des déploiements.Chez Carrefour, qui vise 221 unités pour la fin 2013, on se veut serein. Cette date butoir « reste d’actualité pour le déploiement », et seuls des « réajustements, logiques en première phase de transformation », sont évoqués.

Parmi ces nouveautés, qui font du Planet version fin 2011 un modèle bien plus commerçant que son aîné, figure une simplification du parcours client. Les magasins sont plus ouverts et moins parcellisés. L’allée pénétrante, colonne vertébrale du magasin, un temps supprimée, refait son apparition, et l’articulation des rayons est plus classique. Ce qui n’empêche pas de travailler spécifiquement les différents univers pour en améliorer l’attractivité. L’idée est de proposer les références en libre-accès, pour que les clients puissent les prendre en main, voire les tester avant d’acheter : c’est vrai pour la high-tech, avec les corners Apple, ou pour les jeux vidéos, avec six consoles disponibles.

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