Carrefour s'habille en 100 % breton

Comme ils la portent chaque jour, la tenue de travail a toute son importance pour les salariés des magasins. L’enseigne a choisi la PME bretonne, Armor-Lux, pour habiller les équipes des métiers de bouche, symboliques pour un hypermarché.

en magasinAu Carrefour de Quimper, quasi tous les salariés ont changé de tenue depuis le 1er septembre. De gauche à droite?: Michel Gueguen, directeur général d’Armor-Lux, un poissonnier,un boucher et Pascal Monin, DRH des hypers Carrefour.
en magasinAu Carrefour de Quimper, quasi tous les salariés ont changé de tenue depuis le 1er septembre. De gauche à droite?: Michel Gueguen, directeur général d’Armor-Lux, un poissonnier,un boucher et Pascal Monin, DRH des hypers Carrefour.

Pour Sophie, qui travaille depuis plus de vingt ans au Carrefour de Quimper (Finistère), « les vestes polaires sont plus chaudes, et le tablier bien plus pratique. Avant, nous n’avions pas de tablier, et nos tee-shirts étaient toujours sales », raconte cette boulangère, qui porte fièrement un tablier couleur taupe. Un peu plus loin, une hôtesse de caisse exhibe ses six hauts, ses trois bas et ses accessoires, dont un petit foulard, le tout bleu roi. « C’est plus élégant qu’avant, souligne Isabelle. Et aussi plus moderne que les tenues vert d’eau et bleu marine que nous avions. »

Yannick, qui œuvre à la poissonnerie, arbore une vareuse bleue conçue à quelques encablures de là par les couturières d’Armor-Lux. « Une dizaine de confectionneuses ont fabriqué jusqu’à 900 pièces par semaine, indique Sylvia, la chef de projet d’Armor-Lux, qui a suivi le chantier Carrefour. Il faut vingt-cinq minutes pour fabriquer un tablier, et quarante minutes pour une vareuse. » Yannick, lui, y trouve beaucoup d’avantages par rapport à avant : « La couleur est plus vive et la coupe plus “fitée”. » Avant ? En 2007, date des dernières tenues des salariés Carrefour. En apparence accessoire, l’uniforme des hommes et des femmes qui travaillent en magasin est pourtant essentiel. « Ça représente l’image de marque du magasin », estime Sophie.

Pas de sous-traitance

À Quimper, une majorité (230 sur 260) du personnel affiche depuis le 1er septembre une nouvelle tenue. « Chaque salarié a pu faire une commande personnalisée et est parti avec sa panoplie complète, précise Pierre Grosjean, directeur du magasin. Très peu d’hôtesses de caisse ont pris la robe, beaucoup le pantalon, et quelques-unes la jupe et le tee-shirt. » « La tenue de travail, c’est aussi le premier signe de repère dans un magasin pour les clients qui font leurs courses, souligne Pascal Monin, directeur des ressources humaines des 230 hypers Carrefour. Elle doit être confortable et valorisante pour le salarié. »

Dont acte. Il a fallu deux ans à la première entreprise de France pour repenser les tenues des 92 000 employés concernés. Les plus emblématiques, ceux pour les 13 000 poissonniers, bouchers, boulangers, bref tous les métiers de bouche, ont été conçues par Armor-Lux, la grosse PME bretonne connue pour ses marinières et ses cabans. Depuis quelques années, elle habille également les agents de La Poste, de la SNCF et bientôt de la RATP, mais aussi les salariés de Monoprix. Le choix du made in France n’est pas un hasard. « Nous voulions soutenir l’emploi localement, affirme Pascal Monin. Et Armor-Lux répond au cahier des charges avec la qualité nécessaire et le made in France. » Le distributeur a exigé que l’intégralité des tenues soit conçue en France. Pas de sous-traitance dans les pays du Maghreb, en Bulgarie ou en Roumanie.

Pendant deux ans, une commission composée de salariés et de représentants syndicaux s’est réunie pour établir une liste d’impératifs de qualité que devraient respecter les nouveaux vêtements de travail. « Ils doivent protéger nos salariés de certaines matières premières, raconte Pascal Monin. Par exemple, nos boulangers-pâtissiers sont exposés à beaucoup de salissures. Ils changent souvent de tenue. » Il fallait donc aussi que les vareuses des poissonniers, et les tabliers des bouchers résistent à une cinquantaine de lavages par an.

Soutien de l’emploi industriel

« Les nôtres peuvent supporter 400 à 500 lavages par an, tout en gardant leur couleur impeccable », fait remarquer Michel Gueguen, directeur général d’Armor-Lux, qu’il a repris en 1994 avec son meilleur copain, Jean-Guy Le Floch, aujourd’hui PDG. Lequel se félicite du contrat signé avec Carrefour, qui lui rapporte 2 millions d’euros. « Carrefour démontre qu’il est toujours possible de produire des vêtements de qualité dans des usines en France. Ce partenariat nous permet de sécuriser nos emplois industriels. » Testés pendant deux mois dans quatre magasins du parc des 230 hypers et 1 000 supermarchés, les vêtements siglés Armor-Lux habillent ensuite les poissonniers, bouchers, boulangers, fromagers, pâtissiers, traiteurs de tous les magasins remodelés, soit 50 à 60 par an. D’ici à 2015, tous devraient arborer de nouvelles couleurs, du rouge au taupe, sans oublier le bleu roi. 

 

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Article extrait
du magazine N° 2334

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