Carrefour sur "la voie de la sérénité" retrouve des ambitions

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Retour en son sur la présentation des résultats de Carrefour jeudi 29 août et les propos de son charismatique PDG, Georges Plassat qui, fort d’un groupe désormais "assaini" financièrement ne dit plus non à des acquisitions, n’a pas peur d’Amazon et veut mettre les gens du siège sur le terrain.

Georges Plassat Résultats 2013

Une longue digression sur les vertus d’une banane murie 16 jours plutôt que 19; quelques assertions dignes de Lao Tseu, sur un groupe qui "commence à emprunter la voie de la sérénité" ; une grosse annonce avec le lancement de la réforme du siège pour donner une dimension plus opérationnelle à "la plupart des grands jobs": Georges Plassat, le patron de Carrefour a, une fois de plus fait le show, jeudi 29 août, lors de la présentation des résultats du groupe qu’il préside.

Offensif et renforcé par le bond de 75% du résultat opérationnel courant de la France (à 482 ME), le PDG, qui vient d’achever un recentrage « payant » de ses activités qui lui a permis de désendetter le groupe de plus de 3,7 milliards et de renégocier dans la foulée 4,15 milliards d’euros de crédits syndiqués disponibles et non utilisés, a précisé qu’il n’y avait "pas de cessions envisagées aujourd’hui". Même du côté de la filiale italienne, pourtant en queue du top 5 local, et dans le rouge (entre 30 et 50 millions d’euros de pertes Ebit selon des analystes). "En Italie, nous avons nettoyé et retravaillé nos actifs ce qui va permettre d’améliorer vite le résultat, l’année prochaine on aura un bon petit outil et on verra ce qu’on en fait."

Georges Plassat a aussi glissé de façon sibylline qu’il n’était plus fermé à des acquisitions. "Ce n’est pas parce qu’on a reconstitué notre puissance de feu, qu’il faut sauter sur la moindre occasion, mais il est évident que les cartes vont être rebattues dans les prochaines années et qu’on a de la souplesse pour agir si nécessaire, pas forcément en cash". Ces occasions viendront-elles du Brésil pays dans lequel Georges Plassat a affirmé que "les choses allaient bouger rapidement"? L’avenir le dira.  

En attendant, LSA vous propose d’écouter les meilleurs moments de cette intervention grâce à l’enregistrement réalisé par le blog, le Loup Hurlant, dont une savoureuse digression sur la maturité des bananes pour illustrer le travail de fourmi nécessaire pour améliorer l’exécution. Car qui dit bananes moins mures, dit moins de pertes en magasins et de gaspillage chez les consommateurs. CQFD !

Au menu aussi quelques propos très personnels sur le digital et Amazon: "Il n’y a qu’à Paris où l’on pense que le consommateur n’ira plus en magasins et qu’il commandera tout depuis chez lui, a expliqué en substance l’ancien DG de Casino et de Vivarte [...] Prenez le livre. Oui, il y a un très grand e-commerçant qui a une capacité phénoménale là-dedans. Pourtant nous n’avons jamais vendu autant de bouquins dans nos rayons. A Brive La Gaillarde, à Sarlat, on continue de sortir, il n’y a qu’ici (à Paris, NDLR) qu’on imagine qu’on va flinguer le bipède (…) Apparemment, le gars qui vend des livres veut vendre du foie gras, qu’il le fasse pas de problème. Je ne crois pas à cette espèce de panurgisme qui consiste à croire qu’on va entrer dans un monde totalement dématérialisé." Jeff Bezos, "le gars qui vend des livres", fondateur d’Amazon et icone du e-commerce, appréciera.

 

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