Carrefour veut miser gros sur son immobilier

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Via sa nouvelle immobilière, Carmila, le distributeur entend racheter 25 centres commerciaux dans les cinq ans et en agrandir 40, pourun montant de 1,5 milliard d’euros. Sans compter les rénovations. 

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Jacques_Ehrmann_1720.jpg© © JM Lebaz/ Carrefour

La foncière de Carrefour, Carmila, issue du rachat des centres commerciaux de Klépierre par le groupe de distribution, semble entrer dans sa phase opérationnelle à grande vitesse. Jacques Ehrmann, son PDG, a défini sa stratégie à cinq ans. Au programme, le rachat de 25 centres commerciaux logeant des hypermarchés Carrefour en Italie et en Espagne, mais surtout en France, pour un montant évalué à 1 milliard d’euros, l’extension de 40 centres pour 500 millions d’euros, et la rénovation de galeries existantes pour 250 millions d’euros.

« Nous nous porterons acquéreurs d’environ 25 centres, notamment ceux pour lesquels nous avons un droit de préemption, principalement situés dans des villes moyennes à fort potentiel, et contenant un hypermarché Carrefour », précise Jacques Ehrmann. Il ne cache pas que la détention des centres par Klépierre posait un sérieux problème au groupe de distribution : « Quand Carrefour était prêt à investir dans un projet, se posait un problème de calendrier pour Klépierre, ou vice-versa. Or, l’immobilier, c’est un remodelage permanent. » Désormais, Carrefour est maître de ses extensions, lesquelles devraient se multiplier. Et Carmila entend aussi exploiter les réserves foncières du groupe, « y compris les parkings que l’on peut agrandir en vertical », précise son PDG.

Ne plus « se contenterde ramasser les loyers »

Enfin, la rénovation. Là encore, Carrefour a été timide et s’est laissé doubler, quand « Leclerc a créé des centres modernes et lumineux ». Jacques Ehrmann souhaite agir vite. Car il veut attirer, dans ses galeries ­commerciales des petites villes, les enseignes les plus en vogue – les H & M et Uniqlo – « et aussi des enseignes locales très performantes. Une galerie de taille secondaire, dans une ville moyenne, si elle est leader, peut rendre le même service qu’un Parly 2 ». Une stratégie qu’il a déjà eu l’occasion d’éprouver quand il était patron de la foncière de Casino, Mercyalis.

Toutefois, la simple maîtrise de l’immobilier ne suffit plus. « Camila doit être une foncière ­commerçante, locale et multicanal, défend-il. Nous allons évidemment nous appuyer sur le savoir-faire en matière de commerce de Carrefour. Le centre commercial doit s’adresser aux clients, proposer des promotions – pas trop – et des événements. Il faut sortir de la foncière qui se contente de ramasser les loyers. » Les investisseurs de Carmila semblent en avoir été convaincus. La nouvelle foncière est « surcapitalisée », des fonds ayant acquis 58% du capital – dont un fonds de Colony, mais aussi Axa, BNP –, Carrefour ne conservant que 42%. L’ensemble compte 171 centres commerciaux, dont une centaine en France, pour 800 000 m2 de surfaces. D’ici à cinq ans, ces chiffres devraient avoir évolué…  À suivre. 

Carmila, c’est 171 centres commerciaux dont

  • 101 en France, 63 en Espagne
  • 2,7 Mrds € de valeur d’actifs

Les centres intercommunaux majoritaires en France

Typologie des centres commerciaux détenus par Carrefour via Carmila en France Source : Carmila
Les centres de Carrefour réalisent entre 40 et 120 M € de chiffre d’affaires. Le distributeur devrait racheter prioritairement des centres intercommunaux, avec un hypermarché qui réalise en moyenne 9 000 €/m2, pour attirer les enseignes les plus dynamiques danssa galerie. Sans négliger les petits sites souvent performants.

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Article extrait
du magazine N° 2320

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