Casino aborde 2012 sereinement, misant sur une croissance de plus de 10% de son chiffre d’affaires

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Jean-Charles Naouri
Jean-Charles Naouri© DR

A la présentation des résultats annuels 2011 de Casino, il fut bien sûr question de Monoprix et du Brésil. Il fut surtout question de Casino, qui se porte bien, et aborde 2012 plein d’optimisme. Le groupe mise sur une croissance de son chiffre d’affaires « supérieure à 10% » cette année. Pour le reste, Jean-Charles Naouri a semble-t-il déjà coché la date du 22 juin dans son agenda. C’est à ce moment là qu’il pourra faire jouer les accords lui permettant de prendre le contrôle exclusif de GPA, au Brésil.

Quant au dossier Monoprix, sujet sur lequel Casino est en conflit ouvert depuis une semaine avec son partenaire Galeries Lafayette, Jean-Charles Naouri a joué un mélange de fermeté et d’ouverture. Fermeté, quand il dénonce le ton « outrancier » parfois tenu par les Galeries. Et ouverture quand il évoque une « simple tempête dans un verre d’eau », tout cela n’étant finalement « qu’une négociation sur le prix de sortie du groupe Galeries Lafayette. »

Pour ce qui est du cœur du problème, à savoir l’estimation de la participation de chacun dans Monoprix, Casino reste sur les 700 millions d’euros fixés, et réaffirme son rejet d’une offre à 1,35 milliard d’euros faite par Galeries Lafayette. A entendre Jean-Charles Naouri, le plan de travail établi par le groupe Galeries Lafayette est « très optimiste, évoquant une croissance de l’Ebitda de près de 50% pour monter à 500 millions d’euros, alors même que, depuis cinq ans, ce dernier est stable. Pour nous, évoque le Pdg de Casino, c’est certes souhaitable, mais peu crédible. » Casino met aussi en avant l'Ebitda de Monoprix, en recul: 363 millions d'euros en 2011, contre 389 millions un an plus tôt. Et insiste sur la "dette nette de référence", à la hausse: 597 millions d'euros, contre 390 millions d'euros en 2010. Bref, c’est toujours l’impasse et, finalement, le jeu assez classique des négociations. A ce propos, d’ailleurs, et conformément aux règles de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Casino n’a pas, cette année, rendu publique sa valorisation nouvelle de Monoprix dans ses comptes 2011, fixée à 1,22 milliard d’euros fin 2010.

Par ailleurs, et comme les ventes du quatrième trimestre l’avaient déjà laissé entendre, Casino a publié des résultats 2011 très bons, avec un chiffre d’affaires en hausse de 18,2%, à 34,4 milliards d’euros. La croissance organique ressort elle à +5,7%, dont +1,4% en France (18,7 milliards d’euros) et +12,2% à l’international (15,6 milliards d’euros), qui pèse désormais 45% des ventes globales, en attendant de franchir la barre symbolique des 50% en 2012.

En France, Cdiscount s’avère année après année une meilleure pépite encore : ses ventes ont bondi de 14,3%, pour atteindre 1,1 milliard d’euros. Cela représente donc 6% des ventes en France. « Et les très fortes progressions enregistrées sur Cdiscount viennent compenser, et même bien au-delà, la décroissance des ventes non-alimentaires en hypers (8% du chiffre d’affaires français) », se réjouit Jean-Charles Naouri. Si bien, d’ailleurs que, et c’est en effet louable par les temps qui courent, Casino peut s’enorgueillir d’avoir vu ses ventes en non-alimentaires, tous formats et modèles confondus, croître de 2,6% en 2011.

Evolution du chiffre d’affaires en 2011 (croissance organique)

Total France : +1,4%

Franprix-Leader Price : +1,3%

Monoprix : +3%

Casino supermarchés : +1,6%

Supérettes : -0,6%

Géant Casino : -0,9%

Cdiscount : +14,3%

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