Casino rejette le projet Brésilien et tacle son concurrent Carrefour

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Au sortir de son conseil d'administration extraordinaire, Casino critique point par point le projet de rapprochement au Brésil entre son partenaire GPA et Carrefour. Mieux, il se voit très mal futur actionnaire du groupe Carrefour qui constitue "un choix d'investissement risqué".

Jean-Charles Naouri
Jean-Charles Naouri© DR

De la réunion extraordinaire du conseil d’administration de Casino, on attendait beaucoup. Mais peut-être pas à ce point-là. Evidemment, sans surprise, Casino rejette en bloc le projet brésilien : « Le conseil d’administration a constaté à l’unanimité, à l’exception de monsieur Abilio Diniz, que le projet est contraire aux intérêts de GPA (Grupo Pao de Açucar, Ndlr), de l’ensemble ses actionnaires et de Casino », assène le communiqué envoyé par le groupe. Mais, au lieu de s’en tenir à cela, sur quatre pages, denses, Casino décrit avec précision tout le mal qu’il pense du « projet d’opération financière » transmis par Gama au sujet de CBD et GPA, au Brésil.
Casino évoque d’abord une « vision erronée pour GPA » : la fusion avec Carrefour Brésil « entraînerait un doublement du chiffre d’affaires réalisé dans le segment des hypermarchés (de 5 milliards d’euros à 11,8 milliards d’euros) alors même que les parts de marché de ce segment connaissent (…) une décroissance continue. » Voilà pour le point sur la situation au Brésil. Auquel s’ajoute également des doutes quant aux synergies annoncées pour le projet de fusion, « fortement surévaluées », et aux risques d’exécution, « élevés ». De fait, Casino parle de « deux réseaux en concurrence frontale », et donc « peu complémentaires », et recense les concentrations « excessives » qui pourraient en résulter : des parts de marché combinées dans les Etats de Sao Paulo et de Rio de Janeiro pointant respectivement à 63% et 40%.
Les aspects purement financiers ne trouvent guère plus de grâce auprès de Casino, qui parle de « dilution massive et injustifiable des actionnaires de GPA. Plus fort, Casino s’en prend directement à Carrefour : une prise de position somme toute inhabituelle dans un milieu où, d’ordinaire, on évite soigneusement d’évoquer la concurrence. L’opération aurait en effet pour conséquence, si elle se fait, de donner à Casino une prise de participation minoritaire dans le groupe Carrefour, ce qui constituerait alors « un choix d’investissement risqué, compte tenu des doutes exprimés par les marchés sur (la) stratégie (de Carrefour), du fait de sa surpondération sur les marchés matures à faible croissance et sur les formats de magasins les moins porteurs de croissance. » C’est Carrefour qui devrait apprécier.

 

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