Castorama accusé d'espionnage de salariés

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La CFDT a déposé plainte contre X le 24 janvier auprès du Tribunal de grande instance de Bordeaux, au motif des articles 226-16 alinéa 1er, 226-18 et 226-19 alinéa premier du Code pénal sur "la collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite" et le "traitement de données à caractère personnel sans respect des formalités prévues par la loi".

L'affaire remonte à quelques mois : entre le 6 décembre 2011 et le 10 mars 2012, une personne embauchée en CDD comme logisticien dans le magasin de Villenave d'Ornon, près de Bordeaux, appartenait en réalité à la SIPIC (Société d'investigation et de protection industrielle et commerciale) et aurait eu pour mission d'espionner les salariés en vue d'en coincer deux ou trois en train de voler de la marchandise.

Une approche poussive

Dans le rapport que s'est procuré LSA, les propos de "l'espion" sont explicites : "Dans la journée, je croise XX (les noms sont cachés pour confidentialité NDLR) en réserve, je lui dis : "Ca y est, demain, je reviens avec vous au sol". Il me répond : "Ah ben, c'est super ça". J'en profite pour lui reparler de vol. Comme je l'avais fait croire à XX, je lui raconte que j'ai recommencé et que cette fois-ci, j'ai volé un super tournevis sans fil Mac Allister. Sa réaction est un peu la même que la dernière fois. Il me dit : "Arrête, ça craint, t'es malade ou quoi!". Je persiste : "Mais, non, ça craint pas, t'inquiète...". Il ne s'est pas attardé sur le sujet. En étant désormais plus proche de lui, je devrais réussir à le décoincer, du moins je l'espère". Et ainsi de suite... Appelée par LSA, la direction de Castorama ne commente pas.

Une affaire qui intervient au moment de "suppressions de postes", selon les syndicats

La CFDT rappelle que des faits similaires se sont produits en 2009 au sein du magasin d'Antibes. "Le directeur du magasin, condamné à 3 mois de prison et 30.000 euros d'amende, exerce toujours", rappelle Denis Lauxire, secrétaire général CFDT-Services de Gironde.  Et d'ajouter : "A Villenave d'Ornon, la démarche ne provient pas de la direction du magasin, la DRH étant aussi incriminée, traitée de "personne peu agréable et ne disant pas bonjour". Celui-ci croit plutôt à un ordre venu de la direction générale et précise "qu'il n'y a pas plus de démarque inconnue dans ce magasin qu'ailleurs". Au final, aucun des salariés visés ne se fait "coincer" par l'espion. Les syndicats ne manquent pas de faire le rapprochement entre ce flicage "pour recueillir des informations sur la motivation des salariés et leur travail" au moment où des postes sont supprimés.

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