Catteau se met à l'heure de Champion

· Le groupe Promodès vient de donner le coup d'envoi à l'intégration des super et hypermarchés Catteau · Il commence à apposer ses enseignes Continent et Champion sur les 104 magasins rachetés à Tesco fin 1997 · Une mutation qui doit permettre à l'entreprise, qui a perdu l'an dernier 170 millions de francs, de renouer avec les bénéfices

Vite et en souplesse. C'est ainsi que les dirigeants de Promodès veulent intégrer Catteau, racheté en décembre 1997 pour 2,5 milliards de francs. Il est plus que temps pour cette entreprise régionale déstabilisée par son passage sous la férule de l'anglais Tesco. Il y a cinq ans, lors de son rachat par le britannique, l'entreprise fondée par Jules Catteau affichait la meilleure performances au mètre carré de la profession. Fin 1997, la même entreprise accusait 170 millions francs de pertes, révèle Jean-Marie Andréassier, nommé directeur général de Catteau au début de l'année.

De fait, Jean-Marie Andréassier n'a pas perdu de temps. Issu de Champion, la filiale supermarchés de Promodès, il a pris en main la direction générale de Catteau à Aire-sur-la-Lys avec son bras droit Daniel Centi. Le 6 mai, quatre mois après avoir obtenu le feu vert de la commission européenne pour ce rachat, le groupe a fait passer 6 hypermarchés sous l'enseigne Continent. Il réitère avec 9 supermarchés qui arborent désormais les couleurs de Champion. Fin juin, 50% du chiffre d'affaires de Catteau sera réalisé sous enseignes Promodès. « A la fin de l'année, 25 magasins auront pris l'enseigne Champion. Et nous voulons avoir terminé ces transformations en l'an 2000 », explique Daniel Centi, directeur opérationnel de Catteau.

Les ex-Cedico ont été reconvertis au concept Champion avec, à l'entrée, une zone produits frais élargie et les marques propres du groupe (N° 1 pour les premiers prix, Champion et Reflets de France). Pour absorber l'ensemble des références Champion, les gondoles ont été surélevées. L'assortiment des Cedico se limitait en effet à 11 000 ou 12 000 références, contre 18 000 et 23 000 pour les supermarchés Champion. Dans un deuxième temps, Promodès envisage de faire passer une dizaine de magasins sous l'enseigne Shopi et 8 à Huit. « Mais à partir de janvier 1999. Car il faut encore affiner l'analyse du parc de magasins », souligne le directeur général de Catteau.

Un plan d'investissement de 150 millions de francs

Rénovation des supermarchés, remobilisation des salariés, réorganisation de la logistique et des achats en liaison avec Logidis et les deux centrales de Promodès, la CAP et la CIM Jean-Marie Andréassier et Daniel Centi ont du pain sur la planche. Le groupe va consacrer 150 millions de francs au remodeling des magasins pour 1998. Une vraie bouffée d'oxygène pour un parc vieillissant. « Il n'y avait pas eu d'investissement depuis des années » souligne Jean-Marie Andréassier, qui se fixe un objectif de croissance de 20% du chiffre d'affaires.

Un pari ambitieux dans la mesure où il s'accompagne d'une baisse des tarifs destinée à ramener Catteau, qui se situe à l'indice 110, dans la moyenne nationale. « Les premiers essais sont concluants. Les consommateurs qui viennent dans les nouveaux Champion remarquent les baisses des prix et le choix plus large », observe le directeur général.

Cette mutation ne s'effectuera pourtant pas sans difficulté. Conformément à sa culture, Tesco avait organisé l'entreprise sur un mode très centralisé. « Le groupe britannique donnait peu de liberté aux directeurs de magasin qui n'avaient plus les moyens d'évaluer avec précision la rotation des produits, explique Daniel Centi. Aujourd'hui c'est différent. On leur demande d'être aussi des gestionnaires. » Le groupe a déjà organisé des sessions de formation, dans les magasins ou au siège, concernant 800 personnes sur un total de 3 100 salariés.

Cette restructuration ne va cependant pas sans un plan social. 350 personnes travaillaient au siège de Catteau à Aire-sur-la-Lys, sur les achats, la logistique, le marketing, la comptabilité. Des postes qui font doublon pour partie avec ceux de Promodès. « Il n'y aura pas de licenciements secs, assure pourtant Jean-Marie Andréassier. Nos salariés sont aussi nos clients. »

Le plan social présenté le 17 avril touche aujourd'hui 30 personnes après reclassements internes. « Nous avons fait appel à la société de consultants Mobilité et Projet pour identifier les entreprises du Nord-Pas-de-Calais susceptibles de proposer des postes équivalents », précise-t-il.

Reste que Promodès doit, dans le même temps, restaurer une rentabilité qui s'est singulièrement dégradée. « Dans les trois ans qui viennent, il faut que nous soyons revenus à l'équilibre », souligne Jean-Marie Andréassier. Promodès a en effet payé un prix élevé (50% du chiffre d'affaires) pour racheter Catteau à Tesco. Aujourd'hui, l'entreprise réalise un chiffre d'affaires au mètre carré de 25 000 F. L'objectif est de ramener Catteau aux normes de la profession, soit 40 000 F/m2.
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Article extrait
du magazine N° 1590

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