Cdiscount se relance à l'international et dévoile son plan d'actions

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A partir de ce 3 juillet, Cdiscount livre en Allemagne, en Belgique, en Italie et en Espagne depuis son site français et via des e-marchands locaux partenaires. Dans les mois qui viennent, il traduira son site et branchera sa marketplace au dispositif.

Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount (groupe Casino).
Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount (groupe Casino).© Cdiscount

Cdiscount, 2ème e-commerçant de France après Amazon avec 3,4 milliards d'euros de volume d'affaires 2017, se relance à l'international et mise cette fois-ci sur l'Europe.

Le dispositif

A partir d'aujourd'hui, il commercialise son offre en propre inférieure à 30kg, soit 200.000 références, en Allemagne (le plus gros marché d'Europe), en Espagne et en Italie (deux pays très peuplés dont la faible pénétration de l'e-commerce promet une forte croissance) ainsi qu'en Belgique (qui parle beaucoup français). Les internautes de ce bassin de 200 millions de consommateurs y accèderont via le site français de Cdiscount et seront livrés depuis ses entrepôts en France : en 48h en Belgique et en Espagne et en 72h en Italie et en Allemagne, via Chronopost. "De cette manière, nous n'avons pas de coûts fixes dans ces pays et restons agiles", commente le PDG Emmanuel Grenier. Un service client téléphonique a aussi été créé pour cette clientèle internationale.

"Pour monter en puissance très rapidement dans ces pays, ce catalogue est aussi commercialisé en parallèle sur plusieurs sites locaux partenaires", explique Emmanuel Grenier, citant Real (Allemagne), e-price (Italie), Pixmania (Italie et Belgique) et VidaXL (Espagne, Italie et Allemagne). "Il y aura plusieurs fonctionnements différents mais pour commencer, nous sommes intégrés comme un vendeur tiers de leurs marketplaces."

Les prochaines étapes

Mi-juillet, seront également branchés des réseaux de points de retrait que Cdiscount livrera gratuitement en Belgique (700 points de retrait), en Espagne (1500) et en Allemagne (14500).

"Fin juillet, nous ajouterons le vin. Notre ambition sur ce segment est particulièrement élevée, car nous sommes déjà le plus gros caviste de France et que nous attaquons ces nouveaux marchés sur le prix."

En septembre, Cdiscount étendra l'offre disponible à l'étranger à une partie de sa marketplace. "Toute l'offre que nous avons en fulfillment dans nos entrepôts sera ajoutée, à laquelle s'ajoutera celle des vendeurs avec lesquels nous aurons passé un accord." Cdiscount dispose déjà de vendeurs dans ces quatre pays, mais "cela va devenir une priorité d'en recruter davantage, qui gagneront ainsi l'accès à tous nos marchés"… et qui devraient voir un intérêt accru au service de fulfillment du site. Quant aux vendeurs chinois (deuxième nationalité sur la marketplace de Cdiscount d'après son PDG), il suffira de quelques développements pour leur donner aussi l'accès aux quatre nouveaux pays.

Mais comme le note Emmanuel Grenier, "c'est le site en propre, traduit, qui fera la réussite de notre internationalisation". Il sera donc traduit dans les prochains mois, et avant fin 2018 pour certains pays.

Enfin, au quatrième trimestre, l'offre accessible de l'étranger sera étendue aux produits de plus de 30kg.

Pas un coup d'essai…

C'est la troisième fois que Cdiscount tente une percée à l'international. En 2015-2016, il s'était lancé dans une pléiade de pays émergents en Asie et Amérique du Sud (en s'appuyant sur les enseignes locales de sa maison-mère Casino) ainsi qu'en Afrique (avec Bolloré). Mais déjà, en 2009, il avait tenté et échoué aux Royaume-Uni et en Allemagne. "A l'époque, nous y avions consacré des équipes de 50 ou 60 personnes, nous avions investi dans des entrepôts sur place… Bref beaucoup de coûts fixes qui, mis en regard de notre promesse de prix bas sur un catalogue très large, rendait l'équation économique insupportable." Le dirigeant insiste donc sur le fait que le modèle adopté cette fois-ci est très éloigné. Pas de nouvel entrepôt, une dizaine de personnes seulement pour piloter l'activité, et des frais de livraison financés par l'acheteur, sauf pour la livraison en point de retrait que Cdiscount subventionnera donc intégralement.

Quelle ambition ?

Certes, la pluie d'annonces de Cdiscount depuis plusieurs mois, sur des lancements au potentiel évidemment variable, peut laisser penser que ce regain de communication vise à renforcer son image d'entreprise tech dynamique auprès du marché, des partenaires et des salariés comme des analystes. Mais Emmanuel Grenier l'assure : "L'énergie fonctionne très bien, d'ailleurs E.Leclerc s'y met aussi. Le voyage fonctionne très bien, grâce à notre positionnement 3 et 4 étoiles au lieu du 5 étoiles de nos concurrents. Et le montage cartonne, nous en avons vendu des milliers depuis le début de l'année. Ces services fonctionnent et nous les poussons. L'objectif sera le même pour l'international, qui nécessite tout de même des investissements en développements informatiques et en équipes."

En France, Cdiscount peine en effet à maintenir le niveau de croissance des dernières années. "Le taux de pénétration de l'e-commerce y est déjà élevé et notre part de marché – de 30% en ligne – l'est aussi." … Et Amazon capte la croissance bien mieux que son rival tricolore. "L'international nous permet d'aller chercher d'autres clients." S'il est difficile de progresser dans l'Hexagone, mieux vaut ajouter des pays où Cdiscount peut espérer entrer dans le top 5.

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