Ce que l’authentification forte des paiements va changer… en bien [Tribune]

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

TRIBUNE D'EXPERTS Entre la date butoir du 14 septembre 2019, les nombreuses mises en garde adressées aux e-commerçants et les prolongations récentes annoncées par les instances européennes, le sujet 3DS2 peut devenir difficile à suivre, voire susciter un abandon d’intérêt. Le point de vue de Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.

Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.
Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.© PimHendriksen.COM

Même si l’Autorité Bancaire Européenne a décidé d’accorder une période de transition supplémentaire, décidée par chaque régulateur national, la date du 14 septembre annonce le début de l’ère de l’authentification forte.

En France, la banque de France n’a pas effectué de communication officielle sur le sujet. Néanmoins celle-ci a donné un délai supplémentaire permettant au protocole 3DS1 d’être utilisé pour répondre aux besoins d’authentifications annoncé par la DSP2.

Mais au risque de l’oublier, il semble nécessaire de rappeler que la mise en place de l’authentification forte doit rester dans les mois qui viennent une priorité pour les commerçants qui n’ont pas encore basculé. Profitons également de l’occasion pour rappeler les opportunités qu’elle apporte.

Une opportunité plus qu’une contrainte réglementaire

Certes, pour les e-commerçants, l’entrée en conformité suppose de mettre à niveau ses connaissances sur la nouvelle réglementation et ses exemptions, elle entraîne des évolutions technologiques et des modifications du parcours d’achat et nécessite enfin d’être accompagnée par les bons prestataires, voire même d’avertir ses clients des changements à venir.

Mais ces efforts - et cet investissement - seront rapidement éclipsés par les opportunités de contrôle et de sécurité apportées par 3DS2.

  • Une meilleure protection contre la fraude. Plus de sécurité pour les acheteurs.

Le protocole 3DS2 apporte un niveau de sécurité et de protection contre la fraude bien supérieur à son prédécesseur. 

Rappelons qu’en Europe, la France est sur le podium de la fraude à la carte bancaire avec 69 fraudes pour 1000 cartes en circulation en 2016(1). Alors que 60% des retailers en Europe constataient en 2017 avoir connu une hausse de la fraude(2).

La double authentification que 3DS2 requiert, dès lors qu’un doute est perçu sur la légitimité d’une transaction et son analyse poussée des données, constituent un dispositif très sûr. Il supporte également les méthodes d’authentification biométriques (empreintes digitales ou vocales) dont la falsification est bien plus complexe et qui devrait se généraliser dans les années à venir.

Enfin, il constitue un élément de réassurance auprès des consommateurs, dont certains se refusent à acheter en ligne uniquement pour des raisons de sécurité.

  • Une amélioration certaine des taux d’autorisation

En coulisse, 3DS2 permet de faire transiter bien plus de données qu’auparavant vers la banque (adresse IP, type d’appareil, type de navigateur…). C’est grâce à cette donnée et à son analyse fine que l’authentification forte est activée ou non, et par conséquence que les taux d’autorisation sont maximisés et que les taux de refus chutent. 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’acheteur n’est pas contraint de valider deux authentifications à chaque achat. La plupart des vérifications sont réalisées en arrière-plan et donc invisibles aux yeux de l’acheteur.

La gestion plus dynamique de 3DS2 permet d’authentifier chaque transaction en fonction du risque évalué et de la politique mise en place par chaque commerçant, réduisant ainsi drastiquement les faux positifs, c’est à dire les transactions légitimes bloquées par erreur, de même que les impayés.

  • Une expérience d’achat améliorée

Enfin, 3DS2 est plus adapté à l’usage du mobile et permet d’en fluidifier le parcours d’achat. Un avantage valable pour tous les achats en ligne, quelques soient les appareils. Le nouveau protocole supprime certaines frictions en réalisant l’authentification de manière automatique et transparente ou par une saisie simplifiée de la part du consommateur. Il gère les redirections et les flux « à risques » entre la banque et l’entreprise. De plus, une expérience utilisateur améliorée entraîne inévitablement une amélioration des conversions.

Accompagné par un partenaire de paiement soigneusement choisi et qui garantira une intégration rapide et sans heurt, le passage à l’authentification forte devrait rapidement faire ses preuves. 

 
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA