Centrale d’achats européenne: Système U rejoint les anciens alliés de Leclerc

|

Système U s'associe aux quatre entreprises de distribution européennes Colruyt (Belgique), Conad (Italie), Coop Suisse et Rewe Group (Allemagne) au sein de CORE dont le siège est basé à Bruxelles. De ce fait Système U quittera la centrale européenne AMS au 31 décembre 2014. Les cinq groupes de distribution qui demeureront indépendants les uns des autres totalisent un chiffre d'affaires de 106 milliards d'euros pour l'exercice 2013.

Serge Papin
Serge Papin© © MARTINEZ Bernardpp

L'alliance sera ainsi présente dans 18 pays européens, à travers près de 23 000 points de vente. "L'adhésion de Système U à cette entité nous permettra de renforcer nos moyens afin d'offrir les meilleurs prix à nos clients, notamment dans le domaine des marques nationales", précise Serge Papin, Président du groupement coopératif Système U. Avant d'ajouter": Ils nous ont contacté après leur séparation avec Leclerc. Nous nous retrouvons ainsi avec des alliés très homogènes. Par exemple, nous avons déjà travaillé avec Conad il y a une dizaine d'années et Rewe, comme nous, dispose d'un très bon réseau de supermarchés".

En septembre 2013, Colruyt, Conad, Coop et Rewe avaient en effet quitté la centrale d’achats européenne Coopernic pour fonder Core. A l’origine le nom de Core fusionnait les premières lettres de Coop, Conad et Colruyt avec celles de Rewe. La signification de ce nom en anglais – «noyau» voire «cœur» - n’était pas non plus anodine pour cette centrale d’achats

Rappelons également qu’en 2009, Système U avait déjà quitté EMD pour rejoindre la centrale AMS. AMS, qui réunissait alors 11 distributeurs européens, parmi lesquels Ahold, Morrisons ou Mercadona et cumulait environ 75 milliards d’euros de chiffre d'affaires."AMS signifie Ahold marketing service. Avec Core, nous trouvons un équilibre associatif que nous n'avions pas au sein d'AMS qui est clairement managé par Ahold", explique Serge Papin. "Avec Core, nous voulons aller encore plus loin. Il ne s'agit pas de faire uniquement des achats en commun. Nous pouvons aller jusqu'à travailler des concepts ensemble". 

Aujourd’hui, E. Leclerc reste donc toujours le seul adhérent au sein de Coopernic. Même si des rumeurs insistantes évoquent l’arrivée prochaine de distributeurs notamment italiens et espagnols.

Quant aux industriels, il est fort probable qu’ils ne se réjouissent pas du développement des centrales européennes. Et que quelques positions risquent de se tendre. "Au sein de Core, nous ne négocierons pas avec les PME. Il s'agit de traiter avec les multinationales, d'égal à égal. Nous ne pouvons pas ignorer que nos compétiteurs, de Carrefour à Leclerc, sont internationaux. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une épée en bois alors que les autres sont armés d'un bazooka", précise Serge Papin. Quant à l'éternelle rumeur d'intérêts fiscaux, la réponse est immédiate: "Tout ce qui sera négocié au niveau européen sera appliqué et donc payé en France. Nous ne sommes pas des pirates fiscaux", assure Serge Papin. 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter