Ces départements où le commerce s'arrête avant 18 heures...

Daniel Bicard |
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publié le 13/01/2021

Les clients désertent les magasins dès 17 heures 30 dans les territoires concernés par le couvre-feu de 18 heures.

Depuis le 2 janvier, 15 départements se sont vu imposer un couvre-feu à 18 heures, deux heures plus tôt que dans le reste du pays. Et la liste pourrait s’étendre à 10 autres. Des territoires où l’on expérimente des solutions pour rattraper ce nouveau manque-à-gagner.

Chiffres
  • Jusqu’à 20 % : estimation de la part d’activité réalisée après 18 heures. Sachant qu’elle se situe entre 9 et 10 % après 19 heures

Source : Alliance du Commerce

  • - 15 % : estimation de l’impact du couvre-feu avancé sur le CA des magasins du commerce spécialisé

Source : Procos

Ils sont déjà 15 départements de l’est de la France où, depuis le 2 janvier, le couvre-feu a été avancé à 18 heures. Et le 10 janvier, 10 départements supplémentaires, toujours situés dans l’Est, risquaient de venir grossir cette liste après consultations des autorités locales, a indiqué le Premier ministre, Jean Castex, lors de sa conférence de presse de rentrée, le 7 janvier. Cela porterait donc à 25 départements les territoires où la vie commerciale s’arrête avant même 18 heures. « Le temps de rentrer chez eux, les derniers clients quittent le centre commercial B’est, à Farébersviller (57) à 17 heures 30 », témoigne Christophe Sirot, directeur général de Codic France.

« Ce sont quelque 2 000 commerces de l’hypercentre de ­Nancy qui se voient pareillement privés, notamment, de leur clientèle active qui achète en sortant des bureaux », abonde Yves Schultz, responsable du pôle service aux entreprises et territoires de la CCI Grand Nancy Métropole – Meurthe-et-Moselle.

Ouvrir plus tôt

Un nouveau manque-à-gagner imposé aux commerçants ! Face auquel les gestionnaires – mais aussi les clients – font montre de leur capacité d’adaptation. Chez Galimmo, gestionnaire des galeries des hypers Cora, 22 des 52 sites en portefeuille sont concernés par le couvre-feu avancé. « Le temps d’intégrer les impératifs du décret, la fréquentation a fortement chuté, de 30 % les premiers jours, avant de se ressaisir, explique Anne-Lorraine Rohm, directrice des centres commerciaux Galimmo Lorraine Nord. Les clients viennent plus tôt

le matin, avec une hausse de trafic de 5 % sur la première tranche horaire, comprise entre 8 et 9 heures selon nos centres. Mais se reportent aussi sur la tranche de 15 à 17 heures où nous enregistrons un doublement de fréquentation. »

L’autre solution est d’ouvrir plus tôt. « Les 45 enseignes du centre commercial Waves à Metz (Moselle) se sont engagées pour avancer leur horaire d’ouverture à 9 heures, au lieu de 10 heures », révèle Julien Ducassé, le directeur du site. « Certaines boutiques peuvent effectivement aligner leur horaire d’ouverture sur celui de l’hyper Auchan, à 8 heures 30. Les clients reportent aussi leurs achats sur d’autres jours de la semaine, notamment les mercredis, jour de congé des enfants, et les samedis », ajoute Christophe Sirot. Quant à ouvrir plus tôt dans les centres-villes, « hormis les salariés à horaires matinaux, il n’est pas dit que le reste de la population sorte plus tôt pour en bénéficier », estime Yves Schultz.

Privés des soldes du 2 janvier

En plus de la contrainte du couvre-feu, les départements limitrophes de l’Allemagne et du Luxembourg subissent d’autres revers. Déjà, ils sont privés d’une part de cette clientèle frontalière. Mais, surtout, ils ne bénéficient pas, cette année, de leur date avancée des soldes. « Les quatre départements lorrains profitent habituellement d’une dérogation leur permettant d’aligner leur date de soldes d’hiver avec celle du Luxembourg, précise Yves Schultz. Ce devait être le 2 janvier. Mais notre voisin ayant lui-même reconfiné, les soldes s’y feront, comme chez nous, le 20 janvier. » Procos estime à 50 % l’écroulement de chiffre d’affaires dans la région, comparativement à la même période de 2020.

Face à cette situation, les fédérations du commerce militent évidemment pour une ouverture compensatoire des commerces les dimanches de janvier. « L’arrêté a été pris par le préfet de Meurthe-et-Moselle dès le 30 décembre et était effectif le 3 janvier », indique Yves Schultz. D’autres départements ne manqueront pas de suivre.

Les 15 départements concernés*
Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardennes, Doubs, Jura, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Nièvre, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Vosges, Territoire de Belfort et Moselle
* au 7 janvier

 

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