Ces entreprises où il fait bon vivre

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Proximité entre le management et les équipes, mobilité admise, possibilité d'évolution de carrière... autant de facteurs qui rendent les salariés heureux. Ce sont les conclusions du classement établi par le cabinet d'études Great Place to Work et qui récompense cette année, dans l'ordre, PepsiCo, Microsoft et Leroy-Merlin.

Parmi les bonnes pratiques de Pepsico (ici, Vincent Prolongeau, DG, avec son équipe), la parité : le comité de direction est composé à égalité d'hommes et de femmes.
Parmi les bonnes pratiques de Pepsico (ici, Vincent Prolongeau, DG, avec son équipe), la parité : le comité de direction est composé à égalité d'hommes et de femmes.© PHILIPPE COUETTE

Parfois, il en faut peu pour être heureux. Comme les salariés de PepsiCo France, qui apprécient que leur directeur général, Vincent Prolongeau, prenne le temps d'organiser un petit déjeuner par semaine avec une dizaine d'entre eux. Ce qui lui permet de voir toutes les équipes du siège en France, plusieurs fois par an. Chez Mars, tous les salariés sont traités sur un strict pied d'égalité : pas de place de parking réservée à la direction générale et tout le monde connaît la rémunération de tout le monde, grâce à la transparence sur les grilles de salaire. En outre, celui-là est versé chaque semaine, tous les vendredis. « Comme une entreprise, un salarié a des charges au fur et à mesure. Il n'y a pas de raison d'attendre la fin du mois pour les payer », explique Stéphanie Le Béchec, directrice commerciale de Mars Petcare France. Les 1 400 hommes et femmes de Microsoft, eux, apprécient d'être pourvus chacun d'un ordinateur et d'un téléphone portable. Un minimum, pourrait-on penser, dans une entreprise informatique, mais certains détails font la différence.

Chez Microsoft, pour faire avaler la pilule d'un déménagement en banlieue parisienne, à Issy-les-Moulineaux (il y a pire !). Les salariés ont eu droit à quelques compensations : restaurants et boutiques sur place, conciergerie et services, salle de fitness, possibilité de massages entre midi et deux au poste de travail. Des petits plus assortis d'une grande flexibilité, inhabituelle dans les entreprises classiques. Pas de réunion avant 9h30 le matin et après 18 heures le soir, pas d'obligation de retourner au bureau après un rendez-vous dans Paris. Et, pour les personnes dont la fonction s'y prête, le télétravail a été obtenu par 10 % des salariés. L'origine américaine, côte Ouest, de Microsoft n'est pas étrangère à cet état d'esprit, mais pas seulement. « Il fallait prendre en compte les impératifs de transport des salariés avec le déménagement, souligne Yves Grandmontagne, directeur des ressources humaines de Microsoft. La moyenne d'âge de nos effectifs étant de 38 ans, nous voulons aussi répondre à leurs attentes en termes d'équilibre vie privée-vie professionnelle. Et ces attentes sont fortes, surtout de la part de la génération Y [les 30-40 ans, NDLR]. »

Ces efforts se révèlent payants. Dans le classement annuel sur les entreprises où il fait bon travailler, réalisé depuis neuf ans par le cabinet d'études Great Place to Work, qui vient de paraître, Microsoft arrive sur la deuxième marche du podium. La partie se joue en deux temps : une batterie d'une soixantaine de questions adressée aux salariés qui compte pour les deux tiers dans la note finale, et un audit des pratiques managériales qui comprend une dizaine de questions rempli par la direction. Ce dernier pèse à hauteur d'un tiers dans l'appréciation.

Au final, parmi les douze premiers, beaucoup d'entreprises du secteur de la grande consommation : cinq industriels (PepsiCo, Microsoft, Mars Petcare, Procter and Gamble, Johnson et Johnson et Valrhona) et trois distributeurs (Leroy-Merlin, ÏD Group et Décathlon). Si certains sont des habitués du palmarès, comme PepsiCo, Microsoft ou les deux enseignes nordistes, d'autres font leur entrée. Comme ÏD Group, qui rassemble des enseignes comme Okaïdi, Jacadi, Vibel ou Oxybul éveil et jeux. 1 150 magasins, 65 pays, 5 500 salariés et une société composée d'ajouts successifs avec de nombreux rachats : le pari n'était pas gagné. « Pour qu'une communauté humaine fonctionne, il faut des rites et des rythmes, insiste l'un des deux fondateurs de l'entreprise, en 1996, Jean Duforest. Des choses très simples sont inscrites dans notre règlement : serrer la main aux collaborateurs, arriver dans une tranche horaire normale... »

 

Une entreprise, c'est d'abord ses employés

 

Leroy-Merlin, Décathlon, ÏD Group partagent la même origine géographique, le Nord de la France, mais aussi les mêmes valeurs. « Ces trois distributeurs ont une grande culture identitaire », estime Patrick Dumoulin, directeur France de Great Place to Work. Avec un adage qui ne déplairait pas aux syndicats. « C'est le développement des collaborateurs qui génère le développement de l'entreprise, et non l'inverse. Tous nos comportements en découlent, que ce soit au niveau du recrutement, du management, de la formation ou de l'intégration », renchérit Jean-Luc Lévêque, directeur des ressources humaines de Leroy-Merlin France. Une période d'intégration, qui varie de un mois à un an selon les fonctions, attend ainsi les 2 000 personnes embauchées chaque année par l'enseigne de bricolage. C'est la fameuse « PLM » pour « Période Leroy-Merlin ». Résultat, 92% des salariés sondés par Great Place to Work se disent bien accueillis. La formation est également privilégiée avec un budget annuel élevé (5% de la masse salariale) et un plan de formation individuel pour atteindre un objectif défini à trois ans. Un bataillon de 140 formateurs officie en permanence à l'Institut de formation et de développement Leroy-Merlin (IDLM), basé au siège social sur 3 000 m².

Autre point commun à tous ces distributeurs : l'autonomie. Chez ÏD Group, un pilote régional prend en charge une quinzaine de magasins et a aussi une expertise au service des autres régions, dans le domaine du merchandising, de la vente, de l'organisation ou du management. Leroy-Merlin réduit au minimum la ligne hiérarchique. Entre un collaborateur et un directeur général, il y a quatre niveaux.

Le bien-être des employés passe aussi par une politique salariale généreuse. Même si ces deux mots peuvent paraître antinomiques, les entreprises récompensées pratiquent participation et intéressement. Prime de progrès liée au résultat, participation aux bénéfices... Chez Leroy-Merlin, la première peut représenter deux à trois mois de salaire, la seconde correspond à 10% du salaire de base annuel. 98% des salariés sont actionnaires. Ce qui a des vertus incomparables, selon Jean-Luc Lévêque. « Les salariés se projettent à long terme et se sentent coresponsables, avec des droits et des devoirs. » Idem chez ÏD Group, où 90% des salariés sont actionnaires. Qui dit heureux dit fidèle. Le turnover chez Leroy-Merlin ne dépasse pas 6%, un record dans le secteur de la distribution.

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Article extrait
du magazine N° 2175

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