CHANGEMENT DE GENERATION

|

EDITORIAL?NE PAS PERDRE LES FONDAMENTAUX.?

couv_1893
Simple hasard du calendrier ou tendance de fond? Les bouleversements survenus simultanément
chez Carrefour, Système U et PPR suscitent bien des commentaires et la tentation est grande de rapprocher les trois événements. Même si, a priori, tout sépare les prises de pouvoir de Serge Papin, de François-Henri Pinault ou de José Luis Duran, comment ne pas remarquer que les promus
ont, tous trois, moins de 50ans (48ans, 42ans et 40 ans). Et pas question de «jeunisme», puisque ces dirigeants ne sont guère contestés. Ces nominations démontrent autre chose. Tout simplement
que la grande distribution aborde une étape clé de son histoire : celle des changements de génération.
Pour s'en convaincre, il suffit de rappeler l'âge d'Arnaud Mulliez, président du conseil de surveillance de Auchan France (46ans), celui de Pierre Bourriez, directeur général de Cora (40ans), ou bien encore
celui de Alexandre Meyer, PDG du BHV (39ans). Après la retraite d'un grand nombre des «pères fondateurs», comme Édouard Leclerc ou Jean-Pierre Le Roch (Intermarché), mais aussi les récentes disparitions de ces génies du commerce qu'étaient André Essel (Fnac) ou Christian Dubois (Castorama), la deuxième génération, celle qui a travaillé avec ces mêmes « pères fondateurs », commence
également à passer la main (officiellement à la retraite comme Léon Salto, ou officieusement comme Bernard Dunan). Et ce phénomène ne concerne pas la seule distribution: dans l'industrie, Arnaud Lagardère n'a que 44ans et Franck Riboud 49 ans.
Attention, toutefois, de ne pas tomber dans des jugements pour le moins hâtifs, voire simplistes. Car la montée en puissance des «quadras» ne garantit en rien l'assurance de nouveaux succès. Sans porter un quelconque jugement de valeur, force est de reconnaître que cette génération porte moins que la
précédente le poids de l'histoire sur ses épaules. Qu'elle peut être tentée de s'éloigner des «fondamentaux» de l'entreprise, ce qui n'est pas sans risque. À l'inverse, ces dirigeants fraîchement nommés peuvent aisément abandonner quelques préceptes surannés, voire accélérer judicieusement le rythme. Pour s'en convaincre, il suffit de ne pas oublier que Daniel Bernard, celui-là même
qui a définitivement ancré son groupe à l'international et engagé le virage du multiformat, a pris la tête de Carrefour à... 46ans. Et que Serge Weinberg, qui a véritablement fédéré un vaste conglomérat d'enseignes, a gagné la présidence de PPR à... 44ans!
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter