Cheapflation, stagflation... Avez-vous les bons mots pour comprendre les hausses de prix ? [Lexique]

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Inflation, stagflation et même shrinkflation... Ces mots inondent l'actualité. Mais connaissez-vous bien leur définition? LSA vous propose une séance de rattrapage en condensant les définitions simples de tous ces termes traitant de la hausse des prix. 

Si le terme inflation remonte aux années 1920, depuis, pléthore de néologismes et expressions ont vu le jour pour parler de l'augmentation générale et durable des prix.
Si le terme inflation remonte aux années 1920, depuis, pléthore de néologismes et expressions ont vu le jour pour parler de l'augmentation générale et durable des prix. © 123RF

Les prix ne cessent d'augmenter si bien que l'inflation a atteint + 4,8% sur un an en avril 2022, du jamais vu depuis le milieu des années 1980 ! Si le terme inflation remonte aux années 1920, depuis, pléthore de néologismes et expressions ont vu le jour pour parler de l'augmentation générale et durable des prix. Découvrez la sélection de LSA. 

Inflation : c'est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. L'Insee précise que l'inflation doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie : "La perte de valeur de la monnaie est un phénomène qui frappe l'économie nationale dans son ensemble (ménages, entreprises, etc.). L’indice des prix à la consommation (IPC) est utilisé pour évaluer l’inflation. Cette mesure est partielle étant donné que l’inflation couvre un champ plus large que celui de la seule consommation des ménages".

Inflation d'offre: à référence comparable, inflation calculée à partir des produits sur les gondoles. C’est-à-dire avant le choix des consommateurs et de leur passage en caisse. En opposition à l’inflation de demande.

Inflation masquée : terme inventé par LSA avec Panel International pour expliquer l’inflation due essentiellement au renouvellement de l’offre et non à une simple hausse des prix à références égales. En effet, un quart de l’offre des distributeurs est renouvelée chaque année sans que les indices classiques donnent une idée précise de l’impact de ce phénomène sur les prix. Ce renouvellement s’est traduit, toutes familles confondues, par une inflation « masquée » de 6,9 % en 2006. Dans l’inflation « classique », les hausses de prix sont incluses au fur et à mesure du renouvellement de l’offre, ce qui lisse les ratios..

Inflation nominale : inflation de l’ensemble des produits et services retenus dans l’indice des prix.

Inflation perçue : inflation ressentie par les consommateurs en fonction de ses propres achats. Cette perception est plus élevée que l’inflation réelle mesurée par l’indice des prix à la consommation. Elle traduit un point de vue subjectif

Inflation réelle : inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation calculée par l’Insee.

Indice des prix à la consommation (IPC) : cet instrument de mesure permet d'estimer l'évolution de prix des produits. 

Cheapflation : phénomène qui consiste à remplacer certains produits ou aliments par des substituts (alimentaires ou non) moins chers. Le but étant évidemment de maintenir des marges ou de vendre plus de produits. Les exemples pullulent sur internet. Le site Reddit s’en fait notamment l’écho. L’exemple le plus évident de la cheapflation est la crème glacée qui n'est plus appelée crème glacée, mais « dessert glacé », parce qu'on lui a retiré tellement de produits laitiers pour les remplacer par des produits de remplissage qu'elle ne peut plus être légalement appelée crème glacée.

Déflation : ce terme désigne, selon l'Insee, "le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix". 

Dépenses contraintes : il s’agit de ces dépenses obligatoires pour les Français.  Le loyer, ou le remboursement du crédit immobilier, les factures d'eau, d'électricité, les cotisations des assurances, l'abonnement téléphonique, l'accès à internet... Chaque mois, les Français sont assaillis par ces dépenses auxquelles ils sont tenus par des contrats difficilement renégociables à court terme

Désinflation : ce concept, à ne pas confondre avec la déflation, désigne la baisse de l'inflation, ou plus précisément la baisse du taux d’accroissement du niveau moyen des prix. 

Foodflation : utilisé en 1991 par Thomas F. Powers dans son ouvrage Food service operations: planning and control, ce mot sert à exprimer la hausse continue du prix des denrées alimentaires, qui est supérieure au niveau général de l'inflation.

Hyperinflation : c'est une forme d'inflation qui se manifeste par une hausse importante et rapide des prix. 

Inflation de la demande : à référence comparable, inflation calculée à partir des données issues du scanning des caisses des magasins. C’est-à-dire après le choix des consommateurs dans les allées du magasin. En opposition à l’inflation d’offre.

Indice Big Mac : cet indice permet de savoir si une monnaie est sous-évaluée ou surévaluée. Inventé par les journalistes de The Economist en 1986, il est fondé sur la théorie de la parité des pouvoirs d'achat (PPA). Concrètement, le PPA est "un taux de conversion monétaire qui permet d'exprimer dans une unité commune les pouvoirs d'achat des différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d'unités monétaires nécessaire dans des pays différents pour se procurer le même « panier » de biens et de services", détaille l'Insee

Pouvoir d’achat des ménages : il correspond au volume de biens et services qu'un revenu permet d'acheter.

Réduflation: c'est l'équivalentchez nos cousins québécois, de la shrinkflation

Reste à vivre : cela désigne le montant qui reste à un ménage une fois les charges déduites des revenus. 

Shrinkflation: pratique marketing consistant à augmenter le prix au poids ou au volume d’un produit de manière indolore pour le consommateur, en conservant le prix facial de ce produit tout en en réduisant le poids ou le volume, dans une mesure volontairement limitée. En d’autres termes, pour le même montant, le consommateur – surtout sensible au prix en valeur absolue du produit, principale information qu’il consulte – achète moins, sans nécessairement s’en rendre compte.

Slumpflation : inflation accompagnée d'une baisse de la production et de l'emploi. Ce terme est très proche de celui de stagflation. 

Stagflation: situation économique se caractérisant par des hausses de prix (de l'inflation) et une stagnation des ventes en volume. La stagflation signifie en effet que les consommateurs s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat. Ils n’en viennent pas à acheter moins, mais ils cherchent le moins cher possible pour tenter de consommer tout autant alors que les prix ne cessent de monter. Ils se refusent à tout déclassement social. Pour ne pas en arriver là, ils arbitrent plus que jamais.

Surinflation : terme qui désigne une hausse anormale de l'inflation. 

Whackflation : ce néologisme combine le mot inflation et 'whack', qui signifie "battre" ou "assommer". Selon Bloomberg, ce terme permet d'exprimer une hausse des prix qui se produit entre les croissances et les récessions. Il peut aussi exprimer une forte inflation faisant suite à une baisse de cette dernière. 

 

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