Chez Optic 2000, Benoît Hamon défend le remboursement des lunettes

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LÉGISLATION - LOIS Le ministre de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire a critiqué le rapport de la Cour des comptes qui préconise le déremboursement des lunettes, alors qu’il visitait les ateliers de fabrication du réseau Optic 2000 dans la région parisienne.

Benoît Hamon à Clamart (92) chez Optic 2000
Benoît Hamon à Clamart (92) chez Optic 2000

Benoît Hamon est-il doté d’un sixième sens qui aurait trait à la vision ou la pré-vision ? Dans son agenda figurait depuis plusieurs jours la visite du réseau de commerçants associés Optic 2000, une coopérative dont il veut soutenir le modèle économique à travers une nouvelle loi sur l’économie sociale et solidaire. Or, ce matin, un rapport de la Cour des comptes estimait que l’Etat pourrait faire des économies en renonçant au remboursement des lunettes par la sécurité sociale, laissant la charge aux complémentaires santé. Le ministre s’est vivement opposé à une telle idée…

« Il est toujours facile de proposer de faire des économies dans tous les sens, mais pour tout ce qui tend au déremboursement, le patient demande quand même à être remboursé par les complémentaires. Je suis très réservé sur ces propositions et il m’arrive souvent d’être très réservé vis à vis des suggestions de la Cour des comptes, surtout quand il s’agit systématiquement de serrer la vis. Réduire les dépenses c’est bien, mais à condition que nous ne soyons pas totalement asphyxiés. Il faut conserver notre modèle social. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis d’Amérique, notre modèle de marché, c’est la démocratie, le marché, les services publics et la protection sociale », a déclamé Benoît Hamon.

Il a également contesté que le niveau du prix des lunettes soit plus élevé en France qu’ailleurs, alors que l’UFC-Que Choisir a fait une étude sur le sujet qui prétend le contraire. Mais l’objectif premier du ministre était surtout de visiter les ateliers du groupement Optic 2000, qui emploie 90 salariés pour la mise au point de lunettes à Clamart dans la région parisienne : vissage des montures, polissage des verres, bains pour les verres solaires : le ministre a pris le temps de prendre connaissance du métier.

Et comme Optic 2000 a rapatrié une grande partie de la fabrication en France, dans le Jura – environ 600 emplois induits dans les montures et les verres – le ministre en a profité pour soutenir la production en France. «Depuis 2000, nous avons perdu un tiers des emplois dans ce secteur au profit de la Chine. Ici, on peut voir que le savoir-faire manuel est maintenu. Optic 2000 a décidé de fabriquer une gamme qui s’appelle « Mode in France » et qui privilégie la fabrication dans le Jura, avec une volonté de relocaliser l’activité. Nous sommes très attentifs à cela parce qu’il faut garder un outil industriel compétitif. La France n’a pas vocation à devenir uniquement une économie de services, qui remplacerait tous les ouvriers français par des coiffeurs ou des porteurs de repas à domicile». Très en verve, le ministre a également critiqué la politique allemande de bas salaires, « à 400 euros par mois » qui rend son industrie plus compétitive… au détriment des emplois en France, ainsi que la politique libérale de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, pour une énième fois.
 

Car Benoît Hamon voulait aussi lancer officiellement son texte de loi sur l’Economie sociale et solidaire, déjà présenté en Conseil des ministres et qui devrait être débattu en première lecture par les sénateurs le mois prochain. Un texte qui serait l'antithèse du capitalisme libéral. « Avec ce texte, nous voulons muscler le modèle coopératif, qu’il s’agisse des petites associations, du Généthon, de la mutualité, de tout le secteur sans but lucratif, a expliqué le ministre. Ce modèle économique est tempérant, patient, durable et beaucoup plus résistant en période de crise que les entreprises de l’économie classique. Il est plus démocratique, puisque les choix stratégiques sont associés à une délibération, et une recherche de l’intérêt de la société et de l’intérêt collectif. lLs coopératives ont aussi la particularité de réinjecter les excédents qu’elles réalisent dans l’entreprise au lieu de rémunérer le capital du propriétaire, qui est la caractéristique de l’entreprise classique».

Le projet de loi prévoit notamment que les coopératives de commerçants puissent réaliser 20 % de leur chiffre d’affaires avec des non-adhérents, des obligations en matière de gouvernance... Il renforce aussi le droit de préemption des réseaux sur les magasins adhérents « pour consolider le modèle coopératif ». Exactement le contraire de ce que voulait l’Autorité de la concurrence via la loi Lefebvre, en préconisant une plus grande fluidité des magasins entre réseaux pour alimenter la concurrence… A laquelle Benoît Hamon affirme qu’il n’est pas totalement opposé, puisqu’il vient d’autoriser via sa loi sur la consommation la vente de lentilles en ligne, la vente des produits de nettoyage pour lunettes ou  lentilles dans les grandes surfaces, et même les tests de grossesse dont les pharmacies avaient jusqu’alors le monopole…

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