Chronodrive associe internet et drive-in

Innovation À l'initiative de la famille Mulliez, ce nouveau concept de drive-in est couplé à un site internet vendant plus de 4 000 produits. Après avoir fait ses courses en ligne, le client vient les chercher deux heures après, sans quitter son véhicule.





Le tout nouveau concept Chronodrive est entré en service le samedi 14 février, après un test réalisé auprès de quelque 3 500 clients privilégiés du Nord et du Pas-de-Calais, sélectionnés dans l'entourage de ses concepteurs. Basé à Marcq-en-Baroeul, une commune de la métropole lilloise, et relié directement à une rocade autoroutière, le bâtiment se distingue d'une moyenne surface alimentaire à plus d'un titre. Par son architecture d'abord. Le terrain, d'une emprise foncière de 4 958 m2, comprend un entrepôt bardé de bois, une aire dotée de huit bornes de commande et de paiement et, un peu plus loin, un parking sous auvent de huit places où sont livrées les commandes. Voilà pour la partie émergée de Chronodrive.



Mais ce concept se singularise par ce qui se voit le moins : le double canal de vente et la technologie employée pour y parvenir. S'inspirant de l'expérience acquise depuis presque quatre ans grâce au supermarché drive-in de Leers, Auchan Drive, les concepteurs de Chronodrive y ont ajouté la vente sur internet (www.chronodrive.com) avec un assortiment cinq fois plus important : plus de 4 000 références alimentaires, produits frais inclus, classées en vingt et une familles, dont un rayon promotion. C'est-à-dire une offre quasiment identique à ce que propose le site marchand français du groupe Auchandirect.com, qui couvre désormais toute la région parisienne grâce à l'ouverture d'un deuxième entrepôt à Gennevilliers, en région parisienne. Reste que, à la différence d'Auchandirect - qui livre à domicile -, le client de Chronodrive vient chercher ses courses sur le site de stockage, mais sans quitter sa voiture.



Testé par LSA, Chronodrive, malgré quelques problèmes techniques liés au démarrage, réalise déjà des performances prometteuses. Comme annoncé sur le site internet, la commande passée en ligne est prête deux heures plus tard sur le site de Marcq-en-Baroeul. Une fois sur le site, la carte bancaire introduite dans la borne interactive, le code client et la commande validés ainsi que le paiement réalisé, le client reçoit un ticket où figurent à la fois son reçu de carte bancaire, un récapitulatif de la commande et le numéro de quai (1 à 8) où il sera livré. Garé à la bonne place, il attend l'arrivée d'un « pickeur » qui place la marchandise dans le coffre du véhicule après avoir vérifié le code-barres, les numéros de commande et de client figurant sur le ticket. L'enseigne porte bien son nom : il s'est écoulé moins de quatre minutes en tout. Certes, le site n'est pas encombré, car Chronodrive est en période de test et n'accueille pas encore le grand public.







De vraies innovations...




Outre l'utilisation de bornes interactives très performantes - elles sont notamment équipées d'un écran tactile portatif qu'on peut placer sur le volant du véhicule - et les potentialités du site internet (sauvegarde de la liste des 80 produits les plus fréquemment achetés), la réelle innovation technologique réside dans l'entrepôt, à l'abri des curieux.



Ludovic Duprez, concepteur en chef de Chronodrive, n'a pas souhaité pour l'instant répondre à nos questions, mais on sait qu'il est également en charge d'une autre diversification par la famille Mulliez : le magasin-robot Plan B, ouvert en 2003 à Wattrelos, dans la métropole lilloise (LSA n° 1837). Une double compétence utile, car, pour rationaliser les capacités de stockage relativement limitées d'un entrepôt d'une surface de moins de 1 500 m2 au sol et de 7,80 mètres de haut, et réduire le temps de préparation des commandes, Chronodrive utiliserait un robot prototype inspiré des machines utilisées dans les magasins automates.



En préparation depuis plus de un an, le lancement de Chronodrive est une initiative portée exclusivement par la famille Mulliez et non par Auchan, ce qui ferait d'ailleurs grincer quelques dents. C'est la société Sipar, domiciliée à Croix, au siège d'Auchan, qui s'occupe de la mise au point, du financement et, qui sait, du développement à venir de Chronodrive. Sans compter les heures passées à la conception, certains professionnels estiment que l'investissement foncier, immobilier et en matériel de ce premier site serait compris entre 3,5 et 5 millions d'euros. Il a vu le jour très rapidement, car, comble de l'ironie, il n'a pas dû passer sous les fourches Caudines de la CDEC.







... qui ont un coût




En effet, seul l'espace occupé par les huit bornes est comptabilisé comme surface de vente, en l'occurrence nettement inférieure au seuil légal de 300 m2. En outre, Ludovic Duprez a choisi un emplacement stratégique : relié à un axe routier important, à proximité d'un Jardiland, et au coeur d'une zone de chalandise à fort pouvoir d'achat où le pourcentage de foyers connectés à internet est supérieur à la moyenne. Enfin, signalons que, contrairement à ce qui est annoncé par Chronodrive, ce service n'est pas gratuit. Le client avisé remarquera lui-même que sur certains articles, positionnés plutôt moyen et haut de gamme, les prix sont supérieurs de quelques centimes d'euros par rapport à la même offre référencée dans les cinq hypers Auchan de la métropole lilloise. L'innovation a un coût que le client finit toujours par payer.



















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Article extrait
du magazine N° 1848

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