Chut...

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

EDITORIAL « L'immobilisme ne garantit en rien de pas perdre des clients. En revanche, le sur-place assure de ne pas en gagner de nouveaux... »

Yves Puget, directeur de la rédaction
Yves Puget, directeur de la rédaction©Bernard Martinez

Que retenir du salon Équipmag qui a fermé ses portes? Ceux qui ont arpenté les stands ont pu voir d'ingénieux systèmes de fidélisation, vérifier les dernières solutions de paiement mobile ou tester les fameuses étiquettes RFID. Ils ont bien compris le message : il est grand temps d'investir dans l'outil de travail. Des directeurs ne veulent pourtant pas rénover leur magasin de fond en comble. Ils rétorquent que les sommes réclamées sont trop importantes alors que leurs marges fondent comme neige au soleil. Mais la question financière n'est pas la seule explication. D'autres avouent discrètement qu'ils n'investissent que très peu, de peur de froisser... leurs clients. Ces mêmes clients qui ne peuvent s'empêcher de penser que « seules des hausses de prix permettent d'obtenir de tels budgets ».

Alors que la concurrence est de plus en plus rude entre distributeurs, que les consommateurs sont de plus en plus zappeurs entre enseignes et formats et que les clients font de plus en plus attention aux prix affichés sur les gondoles, des patrons de magasins rechignent à montrer qu'ils ont encore de quoi investir... Aujourd'hui, l'embourgeoisement est suspicieux, le bling-bling coupable et l'ostentatoire impensable. Il faut être « normal » - ou du moins le faire croire. En pleine crise économique et alors que la question du pouvoir d'achat est au centre des préoccupations, il apparaît délicat, pour ne pas dire indélicat, de remplacer son bon vieux carrelage en grès cérame par du marbre ou de jeter à la casse ses gondoles de bordeaux et autres bourgognes pour y installer une superbe cave climatisée. Le temps de l'embourgeoisement est révolu. Les comptes d'exploitation ne le permettent plus et les clients ne l'admettent plus. Mais peut-on pour autant en conclure qu'il ne faut toucher à rien ? Bien sûr que non. Il convient de ne pas oublier les habituelles contradictions des consommateurs. Alors certes, les clients ne veulent pas du clinquant, mais ils rejettent aussi les magasins biscornus, mal tenus ou vieillots. Ils veulent du pratique, de l'utile, du concret. Et ils adorent leur petit confort personnel. Dit autrement, il faut être malin, pragmatique, subtil et même roublard. Il est conseillé de rénover son magasin par petites touches, de faire beau et propre sans paraître clinquant et, surtout, de choisir des solutions qui apportent véritablement de la valeur ajoutée aux yeux des clients. Sans oublier de toucher à ce qui ne se voit pas (l'informatique, les réserves, les laboratoires...). Car ceux qui préfèrent attendre - autrement dit ne rien faire - prennent des risques. Dont celui de voir « exploser » leur facture de maintenance.

Des choix s'imposent donc entre les coûts de fonctionnement et les coûts d'investissement. De plus, les consommateurs ne sont jamais dupes bien longtemps. Une baisse de qualité du magasin entraîne bien souvent une fuite de la clientèle. L'immobilisme ne garantit en rien de pas perdre des clients. En revanche, le sur-place assure de ne pas en gagner de nouveaux... Alors oui aux rénovations et autres investissements. Mais chut... il ne faut pas le crier trop fort: les comptables n'aiment pas cela et les clients s'en méfient.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2243

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA