Cibox ose le PC gratuit

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Le 2 novembre prochain, les premiers PC gratuits signés Cibox seront livrés à la distribution. Comme dans la téléphonie mobile, le matériel est offert en échange d'un engagement sur trois ans. Et de quelques autres obligations.

«Enfin ! L'ordinateur gratuit. » Les premières affiches ornées de ce slogan devraient apparaître dès le 22 octobre, relayées par une campagne radio et, éventuellement, par des spots télévisés. Présentée le 11 octobre par Yaacov Gorsd, PDG de Cibox, cette nouvelle offre ambitionne - c'est devenu une habitude dans la micro-informatique grand public - de « démocratiser l'internet ». Concrètement, 100 000 PC d'une valeur de 4 990 F (760,72 EUR) seront disponibles avant la fin de l'année sur le site internet de Netclic - fournisseur d'accès, filiale de Cibox - et chez les distributeurs partenaires. La liste de ces distributeurs est encore tenue secrète, mais on pense évidemment aux revendeurs habituels de PC Cibox : Auchan, la Fnac ou Darty. Également gratuit, un abonnement illimité à l'internet. La seule chose que le client devra payer, c'est le forfait de dix heures de connexion mensuelles, soit 168 F (25,61 EUR). Un tarif calculé en fonction du prix de connexion France Télécom, soit 28 centimes la minute (0,04 EUR).

À première vue, cette formule de paiement mensuel pendant trois ans rappelle l'offre de location avec option d'achat Planetis de Packard Bell. Mais le parallèle n'est qu'apparent. D'abord, l'offre Packard Bell est plus chère (249 F [37,9 EUR] par mois). Et surtout, elle ne couvre pas la connexion au réseau, qui reste à la charge de l'abonné, alors que c'est justement au prix de ces connexions que correspondent les 168 F (25,61 EUR) de l'offre Netclic. Pas de confusion possible : le PC de Cibox est vraiment gratuit, comme certains téléphones mobiles ont pu être offerts - ou vendus 1 F (0,15 EUR) - par les opérateurs de téléphonie.

S'engager à cliquer

Alors où est l'astuce ? Aux États-Unis, où une offre « free PC »a été mise en place au printemps, les clients devaient remplir un questionnaire très détaillé sur leurs goûts, pour être bombardés en continu d'écrans publicitaires ciblés. L'offre Netclic est plus subtile. Outre les dix heures que le client s'engage à payer pendant 36 mois, le contrat prévoit l'obligation de cliquer au moins cinq fois par mois sur des bandeaux publicitaires (qui renvoient vers les sites des annonceurs), et d'acheter au moins pour 800 F (121,96 EUR) par an de produits, via internet. Le client qui refuserait obstinément de cliquer se verrait imputer des pénalités, comme en cas de résiliation anticipée.

Si elles peuvent paraître intrigantes, ces contraintes constituent en fait le principe même de l'offre. Expliquant que l'opération coûtera très cher à Netclic, Yaacov Gorsd évoque « un business-plan basé sur l'extension du commerce électronique et sur la publicité ». En clair, la société entend bien monnayer auprès des annonceurs et des vendeurs du web son parc d'abonnés - forcément - fidèles et contraints par contrat à visiter les sites publicitaires et à faire des achats sur le réseau. Finalement, le pari du PC gratuit n'est pas si risqué qu'il en a l'air.
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Article extrait
du magazine N° 1648

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