Cinq priorités pour développer le commerce de centre-ville

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L’Alliance du Commerce, qui rassemble la plupart des commerces de centre-ville (grands magasins, Monoprix, enseignes de la mode et de la chaussure), la fédération des enseignes spécialisées PROCOS et les fédérations de la bijouterie-horlogerie (UBH et UFBJOP) proposent 5 priorités pour développer le commerce dans nos villes.

Un effort particulier doit être fait pour Paris et sa région, vitrine de la Francestreet of a city
Un effort particulier doit être fait pour Paris et sa région, vitrine de la Francestreet of a city© Antonioguillem - Fotolia
"Le commerce physique connait en effet une crise structurelle inédite, liée à la fois à la révolution digitale et à une profonde mutation de la consommation. Les ventes baissent, les consommateurs tendant à privilégier la qualité au détriment de la quantité. Des enseignes disparaissent ou réduisent leurs réseaux de magasins, entraînant d’importantes suppressions d’emplois. La vacance des locaux commerciaux augmente de façon inquiétante, en particulier dans les villes moyennes. Les pouvoirs publics doivent se mobiliser pour ce secteur qui représente 3 millions de salariés et 10% de la valeur ajoutée de l’économie, un poids analogue à celui de l’industrie", écrit l'Alliance du commerce dans un communiqué. Communiqué où elle défend 5 priorités :
1. Maintenir un haut niveau d’emploi
Le développement du e-commerce, l’automatisation et la digitalisation sont porteurs de risques pour l’emploi. Face à ce défi, le commerce physique doit améliorer la qualité du service, en formant et en recrutant davantage de jeunes. Plusieurs mesures sont avancées : réduire la précarité en créant des CDI à caractère intermittent, accueillir plus d’apprentis et d’alternants, simplifier le temps partiel, faciliter le travail du soir.
2. Rétablir l’équité fiscale entre les canaux de distribution
La fiscalité locale sur les entreprises, soit 37 milliards d’euros en 2015, montant supérieur à l’impôt sur les sociétés (35 milliards d’euros), pèse lourdement sur les commerces physiques, alors que les pure players du e-commerce sont quasiment exonérés. Il faut transférer la taxe foncière, soit sur la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE), soit sur la TVA. Enfin, des mesures d’incitation à la création et à la pérennisation des commerces indépendants sont indispensables dans les zones en crise.
2 février 2017
3. Maitriser la création des surfaces commerciales
En France, les surfaces commerciales croissent beaucoup plus vite que le pouvoir d’achat et la population. Face à cette surproduction de surfaces, l’urbanisme commercial doit impérativement être pensé à l’échelle des agglomérations et la régulation renforcée. Des mesures incitatives doivent être prises pour favoriser la création et le maintien de commerces indépendants et spécialisés dans les coeurs de ville.
4. Jouer la carte du tourisme et de l’accueil
L’expérience montre que les commerces dans les villes touristiques sont dans une situation plus favorable. 1ère destination touristique du monde en termes de visiteurs, la France se situe seulement au 3ème rang en termes de dépense touristique par voyageur. Plusieurs mesures sont proposées pour améliorer la compétitivité de la destination France : baisse du seuil de la détaxe de 175 € à 100 €, suppression des entraves aux paiements en espèces.
5. Renforcer l’attractivité de Paris et de sa région
Un effort particulier doit être fait pour Paris et sa région, vitrine de la France, qui accueille plus de 30 millions de touristes par an. Dans la perspective des grands évènements attendus en Ile-de-France (JO 2024, Exposition Universelle 2025), les acteurs publics et privés doivent se coordonner autour d’une démarche qualité sur les principaux parcours touristiques. Les commerçants souhaitent que cette démarche qualité porte sur l’accueil, la sécurité, la signalisation et la propreté. Par ailleurs, pour répondre aux besoins des touristes en court séjour, il est indispensable d’élargir les horaires des sites culturels avec, notamment, des nocturnes en fin de semaine et de lever les derniers obstacles à l’ouverture dominicale des commerces alimentaires.

Pour Claude Boulle, Président Exécutif de l’Alliance du Commerce : « La question du commerce des coeurs de ville n’est pas seulement un problème local, c’est un enjeu sociétal et de vivre ensemble. Les mesures que nous proposons doivent permettre au commerce de contribuer à l’emploi, au développement économique et au rayonnement touristique de nos villes. »

Dans un libre blanc Claude Boulle écrit également: "Le commerce est un atout crucial pour nos territoires. Il représente une entreprise sur cinq et  10,2% de la valeur ajoutée de l’ensemble de notre économie. Le secteur emploie 3 025 000 de salariés, dont 1,7 millions pour le seul commerce de détail, soit 20% de la masse salariale de l’économie française. Il convient d’y ajouter 400 000 commerçants indépendants, qui jouent un rôle essentiel de service de proximité. Ayant connu dans les années 1990- 2000 une expansion remarquable, le commerce fait vivre et dynamise nos villes et nos coeurs d’agglomération. Sur la période 1993- 2008, l’emploi salarié dans le commerce a progressé de 25% passant de 2 465 000 à 3 025 000 personnes, compensant les destructions d’emplois dans l’industrie."  Dans ce document, on y découvre les chiffres clés du commerce ainsi que 12 propositions.

 

 

12 propositions pour développer le commerce

 

? MAINTENIR UN HAUT NIVEAU D’EMPLOI DANS LES COMMERCES PHYSIQUES

1. Mieux accueillir les jeunes dans nos commerces.

2. Adapter le contrat de travail aux variations de l’activité.

3. Adapter les horaires d’ouverture aux modes de vie des clients.

? RÉTABLIR L’ÉQUITÉ FISCALE ENTRE LES CANAUX DE DISTRIBUTION

4. Maîtriser la fiscalité locale appliquée aux surfaces commerciales

et rétablir l’équité fiscale.

5. Mettre en place une fiscalité favorable à la création de commerces physiques,

spécialisés et indépendants, en centre-ville et encourager la pérennisation

des commerces existants.

? MAITRISER LA CRÉATION DES SURFACES COMMERCIALES

6. Encourager l’installation des commerces spécialisés en coeur de ville.

7. Définir l’urbanisme commercial à l’échelle de l’agglomération et renforcer la régulation.

? MIEUX JOUER LA CARTE DU TOURISME ET DE L’ACCUEIL

8. Améliorer l’accueil des touristes en France.

9. Encourager la consommation touristique en France.

? RENFORCER L’ATTRACTIVITÉ DE PARIS ET DE SA RÉGION

10. Engager un plan d’action sécurité et propreté associant les pouvoirs publics

et l’ensemble des professions liées au tourisme.

11. Mettre en place une démarche qualité sur les principaux itinéraires touristiques parisiens

fédérant l’ensemble des acteurs.

12. Adapter les horaires d’ouverture des sites culturels et lever les derniers obstacles

à l’ouverture des commerces alimentaires.

 

 

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