Clearbanc lève 50M$ pour son modèle qui disrupte le financement des start-up e-commerce

|

Pas envie de lever des fonds pour financer des campagnes marketing et se retrouver dilué à son capital ? Le canadien Clearbanc réinvente le financement des start-up e-commerce en proposant un modèle de revenue share sur les ventes issues des campagnes publicitaires qu'il finance.

Clearbanc propose un modèle de revenue share sur les ventes issues des campagnes publicitaires qu'il finance.
Clearbanc propose un modèle de revenue share sur les ventes issues des campagnes publicitaires qu'il finance.© Clearbanc

De nombreuses start-up d'e-commerce lèvent des fonds pour financer leurs dépenses marketing mais doivent donc pour cela céder une partie de leur capital à leurs investisseurs. Clearbanc vise à disrupter ce système de financement en leur fournissant de l'argent pour leurs campagnes publicitaires en ligne (donc typiquement sur Facebook, Google, Pinterest, Instagram et Linkedin)... en échange d'une part des revenus générés par ces campagnes. Un principe évidemment très attractif : il évite aux fondateurs d'être dilués et le remboursement est mécaniquement calé sur la croissance de l'entreprise cliente. Celle-ci rétrocède une part fixe des ventes issues des campagnes financées jusqu'à les avoir remboursées, plus 6% du montant investi. En outre, plus la start-up grossit, plus Clearbanc peut lui apporter de capital, jusqu'à 1 million de dollars par mois. Pour savoir sur qui miser, elle examine des données que les banques traditionnelles ne regardent habituellement pas, comme les ventes processées par Stripe en aval de campagnes Facebook.

Fondée en 2015 à Toronto, au Canada, mais active aux Etats-Unis, Clearbanc ne communique pas les fonds qu'elle-même a levés mais vient de boucler un tour de table de 50 millions de dollars, un mois après un autre tour de 70 millions. Entre les deux, pas moins de 1000 sociétés ont candidaté pour recevoir un total de 1 milliard de dollars.  En 2018, Clearbanc a injecté plus de 100 millions de dollars dans 500 sociétés, qui enregistrent en moyenne une croissance de plus de 100% par an. Elle se focalise principalement sur les sociétés de vente en ligne (notamment sur abonnement mais pas uniquement) et commence à financer aussi des prestataires. En 2019, elle prévoit de sortir d'Amérique du Nord, de s'introduire sur de nouvelles verticales et de lancer d'autres produits financiers au service des entrepreneurs.

La pépite canadienne s'applique enfin cette méthode de financement à elle-même. En échange de l'argent qu'elle lève auprès de LPs (puisqu'elle-même intervient dans la chaîne de financement au même titre que des fonds d'investissements), elle leur verse une part du revenue share qu'elle tire des sociétés de son portefeuille. Le nouveau fonds qu'elle lance avec sa levée de 50 millions devrait être rentable pour ses LPs sous deux ans seulement, indique-t-elle. Un rendement inférieur mais plus rapide que celui des traditionnels fonds de capital risque américains, qui fonctionnent plutôt sur des cycles de huit ans.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message