CNova (branche e-commerce de Casino) pourrait quitter la bourse

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De grands travaux sont en train de s’opérer autour de la branche e-commerce du groupe Casino, qui rencontre des difficultés. CNova pourrait se retirer de la bourse, et diviser son activité en trois branches. CDiscount intégrerait alors les activités de Casino France.  

Les activités de Cnova pourraient être scindées par pays. Ce qui impliquerait l'intégration de Cdiscount à Casino France.
Les activités de Cnova pourraient être scindées par pays. Ce qui impliquerait l'intégration de Cdiscount à Casino France.

Rien n’est fait, mais l’avenir de CNova est l’objet d’une intense réflexion. Introduite en bourse fin 2014, la branche e-commerce du groupe Casino ne rencontre pas le succès escompté et réfléchit à se retirer de la cotation. Le 28 avril, CNova a indiqué "envisager un éventuel rapprochement de ses activités de e-commerce au Brésil avec celle de Via Varejo", son réseau de magasins physiques.

Le lendemain, Reuters a dévoilé les contours d’un plan plus vaste : selon une source proche du dossier, Casino rachèterait les parts des actionnaires minoritaires de CNova, qui serait ensuite scindée en trois entités distinctes en France, au Brésil et en Colombie. CDiscount, la branche française de CNova, serait ainsi réintégrée aux activités françaises de Casino et Nova.com, la branche brésilienne, serait reprise par Via Varejo, la filiale d'électroménager et d'électronique du groupe au Brésil.

En 2015, le chiffre d’affaires de CNova était en hausse de 7,9% à 3,42 milliards d’euros. Le volume d’affaires global, qui englobe l’activité de place de marché, a quant à lui atteint 4,8 milliards d’euros, également en hausse. Toutefois, la question de la rentabilité s’est une nouvelle fois posée, avec un résultat net déficitaire de 275 millions d’euros sur l’exercice.

Une pépite devenue un boulet

Si l’activité de Cdiscount est plutôt bien orientée en France, c’est moins le cas pour CNova en Amérique Latine. Des pertes significatives ont été enregistrées au Brésil en 2015, amplifiées par des fraudes détectées dans les centres logistiques. Les sites de e-commerce de CNova au Panama et en Equateur ont été fermés, et ceux opérant en Asie (Vietnam et Thaïlande) n’ont plus de raison d’être avec la vente récente des activités asiatiques de Casino.

Présentée à l’époque comme très prometteuse, l’introduction en bourse de CNova s’est révélée plus calamiteuse que prévue. La première cotation avait finalement été fixée à 7 dollars l’action au lieu de la fourchette de 12,5 à 14 dollars prévue. Et à ce jour, le titre navigue autour de 3,50 euros. "Casino estime qu'un retrait de la cote de sa filiale CNova est la meilleure solution préalable à la réintégration de sa filiale de commerce électronique" a précisé la source de Reuters.

Environ 6% du capital de CNova est coté sur le Nasdaq. En cas de retrait effectif, l’opération couterait environ 100 millions de dollars, une somme que Casino pourrait mettre sur la table compte tenu de son plan de désendettement qui lui a rapporté 4,2 milliards d’euros ces dernières semaines. Nommé directeur général de CNova depuis le mois de février, Emmanuel Grenier se retrouve d’emblée face à un énorme dossier.

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