Colloque : ECR Europe retrouve son souffle

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Après une année 2010 vierge de toute convention, le meeting de Bruxelles début avril, a pointé la nécessité de mettre en oeuvre les bonnes pratiques déjà formulées, en facilitant la mise en relation des industriels et distributeurs. Une volonté de collaboration exhortée par les intervenants.

ECR Europe retrouve son souffle
ECR Europe retrouve son souffle©

Distributeurs et industriels mettent l'accent sur la collaboration afin de dessiner le chemin vers une croissance durable. C'est l'un des principaux enseignements de la convention ECR Europe, qui s'est tenue début avril à Bruxelles, sur le thème « Rencontrons ensemble le futur ». Pour l'occasion, l'organisation paritaire renouait avec le principe d'un meeting annuel, l'édition 2010 ayant été annulée. L'opportunité également pour Xavier Hua, nouveau directeur général d'ECR France, mais aussi d'ECR Europe, de préciser que cette dernière se positionne désormais comme le « partenaire stratégique », pour sa zone, du Consumer's Good Forum (CGF). Cet organisme paritaire mondial de la grande consommation, créé en 2009, est actuellement codirigé par Carrefour et Coca-Cola. « Le CGF agit au global pour le secteur, notre rôle étant de traduire les priorités pour l'Europe, en lien avec les ECR nationaux », indique Xavier Hua.

Un état d'esprit différent des négociations commerciales

 

C'est donc à l'aune de la collaboration entre distributeurs et industriels, notamment, qu'ont été présentés les « cas pratiques » les plus récents, illustrant les bénéfices de la démarche. Le partage des données consommateurs, par exemple, a été mis en avant par le témoignage croisé de Coca-Cola et de Tesco Pologne. Objectif, cibler en priorité les 25% de consommateurs créant 75% de la valeur dans le rayon. Autres cas concrets : les échanges de données informatisées sur les produits, qui permettent de fluidifier l'ensemble des relations commerciales, étaient au coeur des présentations de Carrefour, Unilever ou Danone.

Autant de thématiques qui prennent corps et infusent grâce aux échanges « off » dans les allées de l'événement et à la fin des conférences, où les participants dégainent volontiers leurs cartes professionnelles. Une nécessité exprimée par tous les acteurs, en manque de lieux de rencontres. « On se trouve dans un état d'esprit bien différent des négociations commerciales, souffle le responsable category management d'un industriel agroalimentaire, venu demander à ses clients de partager davantage les données consommateurs pour mieux comprendre les comportements d'achats. Nous avons besoin de lieux d'échanges paritaires et neutres de ce genre. » « Les industriels veulent aussi comprendre quelles sont les priorités stratégiques des distributeurs pour l'avenir, glisse un consultant. On ne peut que se féliciter que les conférences mettent l'accent sur le concret et dépassent les déclarations d'intention générale. »

Carrefour et Unilever lancent un appel commun

 

Carrefour a profité de l'événement pour inciter l'ensemble des industriels à basculer dans son programme de déploiement mondial d'un réseau GDSN (Global Data Synchronisation Network), avec un catalogue électronique comportant l'ensemble des données produits standardisées. Un discours appuyé par des industriels comme Unilever, déjà outillé, qui invite de son côté les autres distributeurs à basculer vers ce modèle, afin de dégager des économies d'échelle profitables à toutes les parties.

« Les relations sont devenues beaucoup plus matures entre distributeurs et industriels, analyse Xavier Filou, directeur général de politique commerciale de L'Oréal grand public. On parle beaucoup plus facilement de ce que fait chacun. » Plusieurs retailers sont ainsi venus s'enquérir de sa perception du rayon beauté installé en partenariat chez Carrefour Planet. « Typiquement l'idée qui peut infuser dans ce genre de manifestation », reprend-il. L'événement fournit aussi l'occasion de discuter de sa propre entreprise entre les différentes composantes ou organisations nationales. Muhtar Kent, le grand patron de Coca, est ainsi allé prendre un verre - de Coca ! - avec ses équipes européennes sur la Grand-Place de Bruxelles, dès la convention terminée.

Trois piliers à travailler

Les trois axes de travail prioritaires d'ECR Europe ont été rappelés par son directeur général, Xavier Hua.

  • La demande et l'environnement consommateur, ou comment définirde nouvelles pratiques sur les plans du marketing et de la connaissance des consommateurs, dans un environnement multicanal. Un sujet « aussi crucial que le category management à ses débuts », estime Xavier Hua.
  • La supply chain : Après les pilotes, les nouveaux schémas logistiques vont s'articuler autour des notions clés que sont désormais la mutualisation, la consolidation des flux et des stocks et, in fine, la baisse des ruptures en linéaires.
  • La « business information » : ECR Europe souhaite pousser les déploiements des projets déjà anciens, en matière d'échanges de données informatisées entre industriels et distributeurs, concernant par exemple les données produits.

Les chiffres :

700 professionnels, représentant plus de 300 sociétés, ont assisté à la convention Efficient Consumer Response (ECR) Europe, tenue à Bruxelles, les 5 et 6 avril 2011.

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Article extrait
du magazine N° 2178

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