Comment Danone compte-t-il rebondir en Chine ?

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- franck Riboud, PDG du groupe, espère une solution rapide pour le « problème » Wahaha. Par ailleurs, selon lui, le prix du lait ne devrait entamer son reflux qu'à partir de la fin 2009.

LSA - Le voyage du président Sarkozy en Chine pourrait-il aider à résoudre le conflit avec votre partenaire Zong Qinhou dans Wahaha ?

Franck Riboud - Toutes les solutions sont envisagées ; aussi, si le voyage présidentiel [prévu fin novembre, et auquel Franck Riboud pourrait participer, NDLR] peut contribuer à faire avancer les choses, nous nous en félicitons. Mais ce conflit va faire évoluer notre façon d'aborder les pays émergents. Nous pensons avoir acquis assez de connaissance des marchés dans le monde pour également faire les choses seuls. Ainsi, nous ne nous battrons pas forcément pour obtenir tous les tampons nécessaires à la validation du partenariat dans Meng-Niu [un opérateur chinois de produits laitiers frais dans lequel Danone a pris une participation en 2006, que les autorités tardent à avaliser, NDLR].

LSA - Cela ne semble pas devoir freiner vos ambitions dans les pays émergents...

F. R. - Nous réalisons déjà 31 % de notre chiffre d'affaires dans les pays dits émergents. Désormais, nous jouons un peu au « mécano » : quand on parvient à faire basculer un pays émergent dans le positif, on réfléchit à en investir un nouveau. Nous focalisons notre stratégie de développement sur l'activité produits laitiers frais autour de nos blockbusters [Activia, Actimel, Petit Gervais, Taillefine, Danette, NDLR] dans tous les pays. Mais, en parallèle, nous développons une stratégie d'accessibilité vis-à-vis des populations les plus pauvres à travers le monde. Enfin, s'il fonctionne, nous reproduirons le modèle du Bangladesh dans le cadre du fonds Danone Communities [pour développer des entreprises à vocation sociale mais rentables, NDLR], doté de 80 millions d'euros aujourd'hui.

LSA - L'envolée du prix du lait, qui vous a contraints à augmenter vos tarifs (+ 10,5 %), est-elle désormais structurelle ?

F. R. - Il faut souligner que les prix des produits Danone aux distributeurs en France ont plus baissé que celui du lait sur les cinq dernières années. Puis l'explosion des cours du lait nous a contraints à revoir nos tarifs, et à améliorer nos gains de productivité par l'optimisation des investissements publicitaires, des « routes » ou de la supply chain. Cela a permis de maintenir le niveau de nos marges, ainsi que celui de nos dépenses en marketing, en recherche et développement... Je gère mes tarifs. Les seules sanctions peuvent venir du consommateur et, en ce cas, j'ai les outils marketing et promotionnels pour ajuster. Pour revenir à l'envolée du prix du lait, il est important de séparer le conjoncturel, comme la sécheresse en Australie, du structurel : le développement du pétrole vert et la forte progression de la demande asiatique. Mais les tensions devraient durer dix-huit mois, le temps pour une génisse de devenir une vache laitière et, ainsi, permettre de reconstituer le cheptel.

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Article extrait
du magazine N° 2020

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