Comment l’Autorité de la concurrence a déterminé les cessions de magasins Casino à Paris

LÉGISLATION - LOIS Le président de l’Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, a levé un coin du voile sur la manière dont il a été procédé pour choisir les 58 magasins que Casino devra céder dans un délai… qui n’est pas révélé (mais qui existe !).

Bruno Lasserre

Même s’il semble que la montagne a accouché d’une souris et que l’avis sévère de l’Autorité de la Concurrence sur la position dominante à Paris publié il y a un an n’a pas donné lieu à une cession en masse de magasins, comme on aurait pu s'y attendre, on en sait un peu plus sur la méthode qui a prévalu pour déterminer les engagements de Casino à revendre des magasins, au terme de l'analyse approfondie qui a fait suite au rachat des 50 % de Monoprix par Casino à Galeries Lafayette et à la notification de ce rachat à l'Autorité .

Casino hyper...compris

D’abord, le groupe de Jean-Charles Naouri a visiblement réussi à convaincre l’Autorité d’inclure la pression concurrentielle des hypermarchés de périphérie dans la détermination des parts de marché, ce qui n’était pas l’approche retenue dans l’avis des sages de la rue de l’Echelle d’il y a un an.

Monoprix hors champ à Paris

Autre surprise, et de taille, le magasins Monoprix "classique" ont également été écartés de l’analyse. "L’alimentaire ne représente que 45% du chiffre d’affaires de Monoprix, le reste provient du non-alimentaire,  a expliqué Bruno Lasserre, ce matin, lors d’une conférence de presse. Or, c’est seulement la position du groupe sur l’alimentaire à Paris qui posait problème".  Du coup, aucun Monoprix parisien ne sera cédé…

47 zones problématiques

Restait donc les magasins Franprix, Leader Price, Casino, Petit Casino, Casino Shopping, Spar, Monop et Naturalia. Aucun des trois magasins de Naturalia présent à Paris n’a vocation a être vendu. Restait les autres. L’Autorité de la concurrence a défini 82 zones de chalandises à Paris, dont 35 qui n’étaient pas "problématiques" et 47 qui l’étaient, lorsque la part de surface pour Casino s'avérait supérieure à 60%, ou sa part de marché atteignait entre 45 et 60%.

Pas de vente si trois concurrents en face

Enfin, dernier filtre, le nombre de magasins concurrents face à celui qui serait concerné par une éventuelle vente. A partir de trois concurrents dans un rayon proche, le magasin n’a pas à être vendu.... Sur ces bases, le groupe Casino et l’Autorité de la concurrence ont réussi à s'entendre et finaliser les engagements liés au rachat de la totalité du capital de Monoprix par Casino. Soit 55 magasins au total à Paris, sans compter un magasin à Saint-Tropez et deux à Bastia en Corse. Par la même occasion, Casino ne détiendra plus aucune part de marché "supérieure à 50%" dans les 82 zones de chalandise évoquées… Un seuil que ne manqueront pas de repérer les avocats spécialistes du droit de la concurrence.

Aux franchisés de retrouver une bannière

Mais dans les 55 magasins, Casino ne vendra pas tout… pour la bonne raison que certains d’entre eux – un nombre inconnu pour l’heure – ne lui appartiennent pas. Il s’agit de franchisés sous contrat d’affiliation que le groupe s’est donc engagé à rompre. Ces franchisés devront retrouver une nouvelle bannière. "Nous voulons que la distribution à Paris soit plus concurrentielle, que d’autres acteurs de l’alimentaire, Leclerc, Système U ou Carrefour viennent animer la concurrence, a précisé Bruno Lasserre. Nous vérifierons que les magasins vendus restent viables. Un mandataire sera chargé de surveiller le respect de ces engagements."

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