Comment la Camif valorise son « made in France »

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Le véadiste, qui ne vend plus que sur internet, organise pour la deuxième année un tourde France de ses fournisseurs. L’occasion de provoquer des rencontres tripartites entre consommateurs, producteurs et équipes de la Camif. Reportage en Franche-Comté.

Un bureau connecté, fruitd’une coconceptionTrop petit?? Une tablette trop étroite??Manque de place pour l’imprimante??Les consommateurs vont pouvoir donnerleur avis sur un bureau connecté et imaginer celui de leurs rêves. Pourquoi pas avec une reconnaissance vocale ou une option pour les gauchers??
Un bureau connecté, fruitd’une coconceptionTrop petit?? Une tablette trop étroite??Manque de place pour l’imprimante??Les consommateurs vont pouvoir donnerleur avis sur un bureau connecté et imaginer celui de leurs rêves. Pourquoi pas avec une reconnaissance vocale ou une option pour les gauchers??

Nom de code : Widock. Non pas comme le détective Vidocq, mais comme un bureau connecté, l’une des dernières créations du fabricant de meubles français Parisot. Ce jour de juin, une cinquantaine de clients de la Camif, la coopérative créée après-guerre pour rééquiper les instituteurs, ont fait le déplacement pour passer la journée sur le site de production de Parisot, à Saint-Loup-sur-Semouse, en Franche-Comté. Un couple est venu de Pontarlier. Monsieur travaille dans la peinture, son père, instituteur, ­commande à la Camif… depuis 1955 ! Malgré la transformation de la Camif en un site internet depuis sa reprise par Emery Jacquillat, fondateur d’un site de literie en 2009, père et fils lui sont restés fidèles. Aujourd’hui, ils sont curieux de découvrir les coulisses d’un fabricant de meubles, ceux qu’ils retrouvent sur ­camif.fr.

Avec douze industriels volontaires

Pour la deuxième année consécutive en effet, Emery Jacquillat fait le tour de France de ses fournisseurs. Des planchas en fonte émaillée fabriquées par Eno dans les Deux-Sèvres aux éclairages d’extérieur imaginés par Roger Pradier dans le Berry... Les douze industriels choisis et volontaires présentent des métiers différents. Au total, la Camif travaille avec 83 fabricants français, ce qui correspond à 70 % de son chiffre d’affaires. À chaque étape, une cinquantaine de consommateurs viennent discuter avec les équipes de la Camif et celles du fournisseur. À Saint-Loup-sur-Semouse, ils vont essayer le bureau connecté qu’ils avaient imaginé il y a un an. Le prototype est là, devant eux. « Nous inventons le modèle de meuble de demain, explique Vincent Heuraux, président de Parisot. Il y a une grande capacité de recherche et d’innovation en France, mais nous avons souvent du mal à la traduire concrètement. »

 

Une séance fait gagner un an de R & D

L’an dernier, l’idée d’un bureau connecté avait été émise. Les clients de la Camif vont pouvoir le voir, le toucher et l’essayer. Les cinq designers de Parisot, qui dessinent cinq produits par jour et en industrialisent la moitié, présentent un prototype. Les remarques fusent : « La tablette n’est pas assez large », « pas de place pour l’imprimante », « il manque des prises de courant »... « En une séance d’une demi-heure, nous avons gagné un an de recherche et développement », ­s’exclame Emery Jacquillat. Le prix est débattu : à 270 € en moyenne, les consommateurs présents seraient prêts à l’acheter. Quand on sait que le prix moyen d’un bureau avoisine 150 €, la recherche vaut le coup.

Si l’expérience a été renouvelée, c’est parce qu’elle a eu du succès. Grâce aux vidéos en ligne sur le site de l’ancienne coopérative de Niort, ces fabricants ont vu leurs ventes augmenter de 61 % dans les mois suivant l’opération. Quant à la Camif, elle a gagné 5 points de chiffre d’affaires made in France. Sachant que ce dernier représente 70 % des 40 millions d’euros réalisés par an par la Camif, ce n’est pas mal. Surtout pour le secteur du meuble, en recul de 3 % en 2014. Pour Emery Jacquillat, cette collaboration tripartite est indispensable. Le client Camif est d’ailleurs très sensible aux questions environnementales. « Il s’agit de consommation responsable, mais pas seulement. C’est bien de les impliquer dans la fabrication et de les amener à comprendre que leurs achats ont des répercussions en amont », résume le PDG. Et de faire la comparaison avec le high-tech. « Le concurrent direct du meuble, c’est le smartphone. Les gens sont capables de mettre 500 € dans un téléphone, mais pas dans un meuble. Nous devons faire des efforts sur le design, la qualité d’exécution et les délais. »

Le prototype de bureau Widock devrait apparaître d’ici à quelques mois dans les collections de la Camif, le temps que les designers de Parisot apportent quelques modifications. Ceux qui l’achèteront feront peut-être partie des 60 % de nouveaux clients que l’ancienne coopérative de Niort a réussi à attirer depuis quelques années. Ce serait encore mieux s’il s’agissait de jeunes à la recherche d’un premier équipement, ceux-là qui se précipitent chez Ikea.

 

La méthode

  • Pour la seconde fois, la Camif fait un tour de France de ses fournisseurs (12). Quelque 250 clients sont invités. En 2014, une centaine de clients avaient fait le déplacement, et l’impact avait été positif sur le chiffre d’affaires, avec un gain de 5 points.
  • L’objectif est de créer du lien entre le producteuret le client final, et d’aider aussi les fournisseurs à mieux répondre aux attentes du consommateur. Une urgence dans un secteur ébranlé par la crise.
  • Le consommateur participe ainsi à la création du produit et peut décider de la hauteur, de la largeur, du matériau utilisé ou de la couleur.

 

Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos fournisseurs. En leur rendant visite avec des clients, nous les mettons directement en contact avec les consommateurs et les aidons à leur apporter des réponses. C’est essentiel pour qu’ils soient toujours là dans cinq ans !

Emery Jacquillat, PDG de la Camif

 

 

Douze étapes clés pour un tour de france des fabricants

 

Un bureau connecté, fruit d'une coconception

 

Trop petit ? Une tablette trop étroite ? Manque de place pour l’imprimante ? Les consommateurs vont pouvoir donner leur avis sur un bureau connecté et imaginer celui de leurs rêves. Pourquoi pas  avec une reconnaissance vocale ou une option pour les gauchers?

 

Au coeur du process

 

A Saint-Loup-sur-Semouse, dans les Vosges, une cinquantaine de clients Camif, souvent passionnés, sont venus visiter les sites de production de Parisot et échanger avec Emery Jacquillat, le PDG du groupe (le 1er à dr.).
 

Économie circulaire

Ceux qui ont fait le déplacement ont droit à une visite de l’usine Parisot. Celle-ci fonctionne en économie circulaire : elle récupère d’anciens panneaux de bois pour les rebroyer et les réutiliser dans la fabrication de ses produits.

 

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Article extrait
du magazine N° 2375

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