Marchés

Comment les coopératives agricoles et agroalimentaires font pour s’implanter à l'étranger

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A l’heure où l’ensemble des puissances mondiales enclenchent des processus de négociations et concluent des accords de libre-échange, les coopératives agricoles parient sur des partenariats internationaux. C’est la conclusion d’une nouvelle étude réalisée par le cabinet d’audit et de conseil PwC, basée sur un échantillon de près de 150 partenariats noués par les 100 plus grandes coopératives agricoles et agroalimentaires au monde.  

En Europe, 43% des partenariats sont créés en vue de sécuriser la production
En Europe, 43% des partenariats sont créés en vue de sécuriser la production© Bernard 63 - Fotolia

Le cabinet d’audit et de conseil PwC a présenté mercredi 26 octobre 2016 la synthèse de l’étude commanditée par InVivo et la Coop Fédérée, avec le soutien du Crédit Agricole, sur les partenariats internationaux des coopératives agricoles et agroalimentaires. Le principal enseignement de cette étude est que plus de la moitié (55 %) des coopératives agricoles et agroalimentaires interrogées nouent des partenariats internationaux afin de s’implanter sur de nouveaux marché. 

Pour faire face aux défis de la mondialisation, les coopératives mettent en place des partenariats internationaux qui répondent à de nouvelles stratégies. En Europe, où les coopératives sont particulièrement actives à l’échelle mondiale, 43% d’entre elles cherchent à sécuriser leur production et 29% à trouver de nouveaux débouchés. A ces fins, elles s’allient à 82% avec des acteurs non-coopérateurs et des gouvernements étrangers, et à seulement 18% avec d’autres coopératives agricoles et agroalimentaires.

Dans cette nouvelle étude, PwC note que 62 des 100 premières coopératives agroalimentaires mondiales sont basées en Europe. Viennent ensuite les grandes coopératives d’Amérique du Nord (23), celles d’Asie (5), d’Océanie (5) et enfin les petites et moyennes coopératives d’Amérique du Sud (5). Les coopératives européennes semblent par ailleurs être les plus actives à l’international. Contrairement à leurs consœurs étrangères, elles ont formé des partenariats sur les cinq continents, y compris des partenariats intra-européens. Dans le reste du monde, les alliances restent principalement régionales. Ainsi, beaucoup de partenariats outre-Atlantique s’effectuent entre coopératives nord-américaines et sud-américaines, tandis que les coopératives d’Océanie s’allient principalement avec la Chine, l’Inde et le Japon.

Si de nombreux partenariats sont dits « tactiques » – centrés autour d’une opportunité d’affaires ou des projets spécifiques – l’objectif est d’arriver à transformer ces opportunités en partenariats stratégiques, c’est-à-dire à instaurer une relation de long terme autour d’une vision stratégique commune entre les deux parties.  55% des coopératives agroalimentaires qui nouent des partenariats internationaux évoquent la recherche de nouveaux marchés comme motif stratégique principal. Viennent ensuite la recherche de nouveaux débouchés (26%) et la volonté de sécuriser la production (24%). A noter que la diversification, la R&D ainsi que l’intégration verticale ne sont respectivement évoqués que par 16%, 14% et 8% des coopératives étudiées. Enfin, seules les coopératives d’Asie et Océanie considèrent la recherche de financement comme un motif de partenariat (3%).

Par ailleurs, les raisons diffèrent selon les zones géographiques ciblées. En Europe, 43% des partenariats sont créés en vue de sécuriser la production – un facteur évoqué par seulement un quart des coopératives de l’échantillon à l’échelle mondiale – et 29% des partenariats ont pour but de rechercher de nouveaux débouchés. En revanche, dans les pays émergents, c’est la conquête de nouveaux marchés qui explique majoritairement ces partenariats : 58% des partenariats en Amérique du Sud, 37% en Asie et Océanie, et 27% au Moyen-Orient et en Afrique.

 

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