Comment les nouvelles technologies bousculent le marché des jeux scientifiques [Tribune]

|

TRIBUNE D'EXPERTS Ateliers de chimie amusante, kits d'archéologie, reproductions de volcans ou d'écosystèmes... Les jeux scientifiques ont le vent en poupe auprès des consommateurs, à la fois ravis de (re)découvrir les classiques mais aussi de tester de nouveaux concepts. La tendance à la mode ? Le "STEM" qui propose des déclinaisons pour faire expérimenter aux enfants les nouvelles technologies et disciplines comme le codage informatique, la robotique... Retour sur une "révolution" attendue avec Gaylor Cornuault, responsable du marketing et du développement de Clementoni, leader du jeu scientifique sur le marché français du jouet.

Gaylor Cornuault, responsable du marketing et du développement de Clementoni revient sur le marché, actuellement bien orienté, des jeux scientifiques et de la révolution attendue du "STEM".
Gaylor Cornuault, responsable du marketing et du développement de Clementoni revient sur le marché, actuellement bien orienté, des jeux scientifiques et de la révolution attendue du "STEM".© Clementoni

Après deux années difficiles, le marché des jeux scientifiques en France a connu une embellie en 2015 avec une hausse de 7%. Il doit sa récente performance au dynamisme de son leader Clementoni qui a affiché, sur la même période, une hausse record de 28% en valeur, lui permettant d’atteindre 30% de part de marché. Cette bonne tendance se confirme sur le début d’année 2016 puisque le marché affiche une belle progression de 10,3% sur les cinq premiers mois de l’année. Bien que de taille modeste (environ 19 millions d’euros en 2015 d’après NPD) ce marché offre de belles opportunités… dès lors que l’on sait s’adapter à ses particularités.

Forces en présence

Sur ce marché, les trois acteurs principaux que sont Clementoni, Buki et Ravensburger représentent 65% du CA réalisé en 2015. Derrière, le 1er poursuivant pointe à seulement 4% de part de marché, le 2ème à 1%. Il apparaît donc clairement que, si ces trois sociétés font la pluie et le beau temps sur ce segment, une multitude d’acteurs viennent se disputer le reste du gâteau, soit près de 6 millions d’euros tout de même. Ceci s’explique par la place importante de l’import sur ce segment.

Sur le marché des jeux scientifiques, l’offre classique reste très recherchée. En effet, les microscopes et les télescopes notamment sont une valeur sûre du marché, toujours très appréciés des parents comme des enfants. Et il est facile de s’en procurer de toutes les tailles, de tous les prix et de toutes les qualités tant l’offre est large sur cette catégorie.

On peut aussi évoquer le thème des dinosaures, grand favori de nos petites têtes blondes qui ont l’embarras du choix une fois dans le rayon scientifique de leur magasin.

Une offre classique prédominante... mais qui doit se renouveler constamment

Mais si l’on se contentait d’offrir des produits classiques aux consommateurs, le marché des jeux scientifiques finirait par s’essouffler.

Pourtant, ne nous y trompons pas, les grands thèmes classiques restent plébiscités par les consommateurs. Chimie, botanique, anatomie, géologie, électricité ou encore archéologie ont largement les faveurs des fans de sciences et représentent toujours une part considérable de l’offre globale. Mais s’il est possible de se diversifier un tant soit peu au sein de ces thèmes, de rafraîchir les concepts et de créer un nouvel intérêt, on finit tout de même par tourner un peu en rond.

Or, le marché de la science est un marché d’offres. Il s’essouffle si l’offre ne se renouvelle pas suffisamment mais peut rebondir très vite dès lors qu’un renouveau apparaît en rayon.

Et l’avantage de ce marché est de pouvoir compter sur deux prescripteurs : les enfants bien sûr, mais aussi les parents. Ces derniers seront en effet ravis de voir leur progéniture passer du temps sur un jeu « intelligent » qui leur fait découvrir les bases de la science (et parfois un peu plus). Quant aux enfants, quoi de plus excitant que de donner vie à des Triops, de provoquer une réaction chimique spectaculaire (en toute sécurité bien sûr), de recréer une éruption volcanique ou encore de déterrer des restes fossilisés de T-rex ? Il existe donc bien deux cibles distinctes sur ce marché qu’il faut parvenir à séduire simultanément avec deux messages différents : éducation d’un côté, amusement de l’autre.

Innover pour attiser la curiosité

Mais la récente très bonne santé du marché s’explique surtout par l’apparition sur le marché de nouveaux segments jusqu’alors inexplorés : l’intégration des technologies.

Parmi le Top 15 des produits scientifiques les plus vendus en 2015, seuls deux produits étaient de véritables nouveautés : Mon Robot de Clementoni et Tabletto’scope de Ravensburger.

Le premier, un robot à monter soi-même puis à programmer pour le faire se déplacer, s’est hissé sur la deuxième marche du podium de l’année 2015 en seulement trois mois de vente ! Le second, un microscope couplé à une tablette numérique, a intégré le Top 10 dès son lancement.

Il faut y voir ici les prémices d’une nouvelle tendance : le STEM.

Derrière cet acronyme se cachent peut-être les futurs thèmes à succès du marché : Science, Technology, Engineering, Mathematics. Venu des États-Unis, ce concept se propage dans de nombreux pays. L’intégration de ces matières de manière systématique dans le cursus scolaire est désormais très régulièrement évoquée. Demain, tous nos enfants apprendront à coder dès l’école primaire. Quoi de plus naturel pour eux qui sont nés avec une tablette entre les mains ?

Fort à parier donc que le marché de la Science va évoluer rapidement dans les années qui viennent. Et nous ne pouvons que conseiller aux parents de suivre dès à présent cette évolution s’ils ne veulent pas observer leurs enfants jouer avec aisance à un jeu qu’eux-mêmes ne comprennent pas du tout !

Clementoni France est la filiale d’une société italienne implantée en France depuis 1997.

Leader sur le marché scientifique, elle est aussi un acteur majeur du premier âge, des jeux éducatifs et des puzzles sur notre territoire.

La maison-mère italienne est implantée en Italie, dans la ville de Recanati qui l’a vue naître et où elle concentre toujours aujourd’hui 80% de sa production en volume.

Gaylor Cornuault a plus de 10 d’années d’expérience dans le marketing et le monde du jouet. Il a intégré la société Clementoni en tant que Responsable Marketing & Développement en 2010

 

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l'actualité des acteurs et les innovations produits de l'univers des 0-14 ans.

Ne plus voir ce message