Concurrence

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EDITORIALLÉGISLATION - LOISLutter contre les quasi-monopoles

Edito_Yves_puget

En novembre, la commission Attali a surpris par son libéralisme. La semaine dernière, le rapport «Low-Cost», remis par Charles Beigbeder, le patron de Poweo, à Luc Chatel, secrétaire d'État à la Consommation, a étonné par... sa banalité.

Les mesures proposées (concurrence dans la téléphonie, vols à bas prix, vente libre de médicaments, ouverture le dimanche et développement du hard-discount) ressemblent plus à un catalogue d'idées reçues et attendues qu'à un travail de fond. Pire, sur certains sujets, la France est de toute façon poussée à la réforme par Bruxelles.

Avec ou sans rapport Low-Cost, la loi Raffarin doit être modifiée. Lorsque Charles Beigbeder s'offusque de la faible part de marché des Aldi, Lidl et autres hard-discounters en comparaison des habitudes allemandes ou belges, il s'égare quelque peu.

Le paysage commercial d'un pays dépend de son histoire, de sa législation, de ses entrepreneurs et des demandes des consommateurs, et il ne revient pas au législateur de favoriser tel ou tel format de vente. Les lois Royer et Raffarin devaient déjà protéger le petit commerce... avec les résultats que l'on connaît.

Le souhait de batailler contre les quasi-monopoles pour infléchir les prix est louable. Ce combat, le mouvement Leclerc le mène depuis 1949. Et dans le secteur du gaz, le patron de Poweo ne dit et ne fait pas autre chose.

Mais attention, la réforme de la loi Raffarin ne peut avoir pour seul objectif de redonner du pouvoir d'achat aux Français en multipliant les hard-discounters. Bien au contraire, elle doit permettre plus de concurrence sur les zones de chalandise.

Si la régulation économique est nécessaire, elle ne peut induire le renforcement, voire l'instauration, de privilèges. Un préalable que les sénateurs, ont quelque peu oublié en autorisant les seuls magasins de meubles à ouvrir le dimanche.

Au-delà de l'impérieuse nécessité du volontariat et du salaire double, au nom de quoi peut-on dire aux Français qu'ils pourront acheter, le jour du Seigneur, des machines à laver chez Conforama quand ils trouveront portes closes chez Darty ?

Là encore, il s'agit de maux bien français : la multiplication de rapports et commissions, les exceptions devenues règles, les dérogations arbitraires, les interprétations fantaisistes et un cadre législatif pour le moinsmouvant. Pour preuve : la loi Chatel, qui autorise le triple net, entrera en vigueur le 1er janvier... alors que la commission Hagelsteen, qui étudie la négociabilité des tarifs, rendra son rapport au printemps.

Yves Puget, rédacteur en chef
ypuget@lsa.fr


LSA souhaite à ses lecteurs de très bonnes fêtes de fin d'année et leur donne rendez-vous le jeudi 10 janvier 2008.
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