Conditions de travail "dantesques" chez Amazon : Jeff Bezos répond

|

Une enquête parue dans le New York Times le 15 août 2015 révèle les conditions de travail exécrables auxquelles sont confrontés les cadres d’Amazon. Jeff Bezos a envoyé un mémo en réponse à ses 150 000 salariés. 

Le New York Times a dévoilé les conditions de travail peu reluisantes des cadres chez Amazon.
Le New York Times a dévoilé les conditions de travail peu reluisantes des cadres chez Amazon. © Amazon

"Darwinisme délibéré", "délation", "purges annuelles" : travailler chez Amazon est tout sauf une partie de plaisir. Le New York Times a dévoilé dans une enquête publiée le 15 août 2015 les conditions de travail exécrables que subissent les cadres de l’entreprise. Les journalistes Jodi Kantor et David Streitfeld ont interrogé une centaine d’employés et ex-employés d’Amazon, le constat est alarmant. Bo Olson, un ex-salarié d’Amazon raconte qu’en sortant d’une salle de conférence "vous pouvez tomber sur un homme adulte qui couvre son visage, presque chaque personne avec qui j’ai travaillé a pleuré au bureau" poursuit-il. Les employés sont aussi encouragés à casser les idées les uns des autres en réunion, les emails envoyés après minuit sont suivis de sms demandant pourquoi les emails n’ont pas eu de réponses. Les salariés sont invités à envoyer des retours les uns sur les autres à leurs supérieurs.

La rançon de la gloire

La compassion ne fait pas non plus parti des qualités louées chez Amazon : le New York Times cite le cas d’une femme qui s’est vue envoyée en déplacement le lendemain de sa fausse couche, pendant laquelle elle avait perdu des jumeaux. Une autre a été mal évaluée alors qu’elle venait de subir un cancer du sein. Les crises familiales ne sont jamais prises en compte, et chaque année les employés réalisant les plus mauvaises performances sont virés lors d'abattages annuels. "Quand vous visez la Lune, votre travail est un véritable challenge, pour certaines personnes cela ne fonctionne pas" explique Susan Harken, recruteuse pour Amazon. La rançon de la gloire donc, pour Amazon qui vient de dépasser Wal-Mart en termes de capitalisation boursière, et fait donc de Jeff Bezos l’une des 10 plus importantes fortunes mondiales.

Jeff Bezos répond

Le patron d’Amazon semble avoir très mal vécu les révélations de l’enquête du New York Times. Jeff Bezos a envoyé un mémo à ses 150 000 employés que le site The Verge a révélé. Celui-ci encourage ses salariés à lire l’article en question, mais aussi le post de Nick Ciubotariu, un de ses employés qui dénonce un travail d’enquête bâclé via Linkedin. "Il [l’article] prétend que notre intention est de créer un milieu de travail sans âme et dystopique, ou on ne s’amuse pas et on n’entend pas de rire. Encore, je ne reconnais pas cet Amazon et j’espère que vous non plus" clame Bezos dans son mémo. "Je crois que quiconque travaillerait dans une compagnie telle que décrite par le New York Times serait fou de rester" poursuit le PDG d’Amazon. Jeff Bezos invite les employés faisant face à des situations telles que celles décrites dans l’enquête de les reporter aux services des ressources humaines, ou directement à lui via son adresse mail. 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message