Conférence sociale : les partenaires sociaux qui n'auront droit qu'au strapontin

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La grande conférence sociale qui va s'ouvrir le 7 juillet aura ses nobles et son tiers-état : les organisations syndicales habituelles (Medef, CGPME et UPA) auront droit à la conférence introductive, mais pas les entreprises agricoles de la FNSEA, les entreprises solidaires de l'UDES, et les professions libérales de l'UNAPL. Elles s'en offusquent...

François Hollande ouvrira la conférence sociale sans certaines fédérations
François Hollande ouvrira la conférence sociale sans certaines fédérations© Benjamin Geminel/Silverminephotos.eu/François Hollande 2012 Hollande 2012

Pas contentes, les trois fédérations représentant les professions libérales, les entreprises solidaires et les entreprises agricoles. Alors qu'une loi fraîchement adoptée le 5 mars 2014 les reconnaît comme représentatives au niveau multiprofessionnel et national au même titre que les autres organisations syndicales, elles ne sont pas conviées lors de la réunion introductive où elles auraient pu apporter des propositions "innovantes, fédératrices et constructives", au nombre de 50, pas moins.

Elles ne pourront donc assister qu'en tant que spectateurs à cette réunion introductive, à laquelle participera le président Hollande en personne, après quoi il laissera les partenaires sociaux discuter entre eux. " La FNSEA, l’UDES, l’UNAPL, qui rassemblent plus de 30% de l’emploi en France, dénoncent ce traitement inéquitable et le risque d’avoir une conférence sociale à deux vitesses, à l’heure même où les crispations économiques et sociales autour du Pacte de responsabilité nécessitent un rassemblement des forces vives le plus large possible",  indique un communiqué.

La maladresse à l'égard de l'économie sociale est solidaire est d'autant plus malvenue que Carole Delga, ministre du Commerce et de l'ESS, se félicitait il y a deux jours de l'adoption de la loi qui les reconnaît au même titre que les entreprises privées ou les coopératives. En vantant le fait qu'elles représentent 8 à 10 % du PIB, et autant d'emplois. Pour Xavier Beulin, Président de la FNSEA, Alain Cordesse, Président de l’UDES et Michel Chassang, Président de l’UNAPL,  «le dialogue social ne peut pas se faire sans nous. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures. Les partenaires sociaux doivent être traités à égalité. Nous regrettons de ne pas être associés à la conférence introductive. Nos propositions  méritent d’être entendues pour contribuer au redémarrage de notre économie et à la création d’emplois de proximité non délocalisables». Le strapontin n'est pas un siège confortable.

Décidément, après que le Medef ait failli boycotter la Conférence sociale, que la CGT réserve sa réponse lundi pour dire si elle viendra ou pas, voilà un nouveau front qui s'ouvre pour la Conférence sociale, celui des écartés, qui voudraient en être, et qui n'en seront pas...          

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