Marchés

Coop de France Animal veut partir à la chasse aux coûts

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Le président de Coop de France Pôle Animal, Hubert Garaud, va écrire à toutes les enseignes de la grande distribution pour leur proposer d’ouvrir un dialogue sur la réduction des coûts de production pour rendre la filière plus compétitive, notamment par la réduction du nombre de références et l’optimisation de la logistique.

Hubert Garraud part à la chasse aux coûts de production
Hubert Garraud part à la chasse aux coûts de production

Hubert Garaud, qui est par ailleurs président de la coopérative Terrena et de sa filiale volaille Gastronome, veut ouvrir un dialogue assez inédit de réduction des coûts afin de pouvoir lutter contre les grands industriels européens – et notamment allemands – dont les prix sont plus compétitifs en raison d’une optimisation de leur offre.

Trop de références

« Chez Gastronome, avec la distribution, pour trois sortes de poulets, nous avons 600 références ! Auchan souhaite des barquettes vertes, Système U des barquettes bleues, l’un veut un rebord plus épais, l’autre moins, a exposé Hubert Garaud. Cette multiplication des références entraîne une augmentation des coûts de production de 6 à 10%, les palettes sont incomplètes, les camions également. Il y a sans doute un moyen de réaliser des économies. Avec trois sortes de poulets, les Allemands ne proposent que 250 références »

Sauver la filière par la compétitivité

C’est la première fois, à notre connaissance, que les coopératives de production de viande bovine, porcine et de volaille proposent d’ouvrir le dialogue sur la réduction des coûts de production. Il y a urgence, la filière viande en France est en déliquescence, l’un des plus gros abatteurs de France, Gad, vient de se placer en redressement judiciaire et l’affaire Doux a déjà montré que la filière volaille, dans le frais, est de moins en moins compétitive. Les grandes surfaces achètent de plus en plus de produits prédécoupés sur le marché européen.

Les Allemands débarquent sur le porc frais

« Les Allemands nous ont déjà attaqué sur les produits élaborés, ils vont entrer sur le marché du porc frais, a ajouté Gérard  Viel, président de Coop de France filière porcine. Nous devons réagir. Nous voulons établir une relation avec la grande distribution pour nous donner les moyens de réaliser des économies, c’est un discours neuf de notre part, mais il faut bouger les lignes. Je crois que ce travail pourrait être gagnant-gagnant ».

Regagner sur les 40% d'importations

La discussion espérée par Coop de France sur ces sujets serait menée par Jacques Poulet, directeur de Coop de France Pole Animal, avec les enseignes, mais en dehors des négociations entre fournisseurs et distributeurs pour permettre une vision globale. « L’objectif est de réconquérir notre marché intérieur par la compétitivité. En volaille, 40 % des volumes sont importés car nous ne sommes plus compétitifs sur les très grandes séries. Nous devons regagner des parts de marché, il y urgence », indique-t-il. Cette proposition sera défendue lors du salon de l’Agriculture, devant les pouvoirs publics et les représentants d’enseignes.  

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