Coop de France invite a répercuter les hausses des matières premières

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Invités à débattre de l'envolée des matières premières agricoles, durant l'assemblée générale de la fédération des coopératives agricoles françaises, industriels et distributeurs sont restés campés sur leurs habituelles positions.

Philippe Mangin


« 2007 a été une année faste pour la coopération » s'est félicité Philippe Mangin, Président de Coop de France en ouverture de l'assemblée générale du mouvement. Le chiffre d'affaires des coopératives a ainsi progressé de 1,7 milliard d'euros sur un an, à 80 milliard d'euros, soit 40 % de l'agroalimentaire français. Au cOEur des débats cette année, la hausse des prix des matières premières agricoles et les impacts sur les relations coopération / distribution. Tous les directeurs de coopérative invités à débattre ont insisté sur la nécessité, pour la survie des entreprises, de répercuter l'envolée des matières premières. « Il ne faudrait pas que la variable d'ajustement soit la qualité », a par ailleurs souligné Alain Loustanau, directeur général de Socopa. Serge Papin, le président directeur général de Système U, a assuré comprendre la position des industriels, tout en pointant du doigt les excès de certaines grandes marques qui auraient, selon lui, profité de l'aubaine pour gonfler leur chiffre d'affaires. « En moyenne, les marques nous ont passé cette année des augmentations de presque 9 %, soit trois fois plus que les hausses de nos marques propres ». Il a par ailleurs souligné la nécessaire disparition des marges arrière. De leur côté, les directeurs de coopérative ont réitéré leur ferme refus de négocier les conditions générales de vente avec les distributeurs. Chacun est donc resté sur ses positions de principe.

Les véritables annonces sont finalement venues du ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier. Invité en ouverture, il a annoncé qu'il ouvrirait, « un débat d'orientation sur les perspectives de la PAC (politique agricole commune NDLR) de l'après 2013 dès le Conseil informel des ministres européens de l'agriculture », qui se déroulera du 21 au 23 septembre 2008 à Annecy (Haute-Savoie). « La France sera offensive », a promis le ministre de l'Agriculture qui a « l'ambition et la volonté de faire évoluer sans attendre la politique agricole pour pérenniser la PAC en 2013 ».

Michel Barnier a par ailleurs indiqué que le projet de loi sur les OGM (organismes génétiquement modifiés) a été transmis « aujourd'hui même » au Conseil d'Etat. Le projet de loi, sur lequel M. Barnier n'a donné aucun détail car il est « porté » par le ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo, sera « débattu au Parlement avant le 9 février 2008 ». Le ministre de l'Agriculture a également indiqué qu'avant le vote de la loi, un décret mettra en place de manière transitoire une Haute Autorité, préfigurant celle crée par la loi, qui aura pour mission de rendre un rapport sur le MON 810 (le seul maïs OGM cultivé en France sur 22.000 hectares en 2007 NDLR) pour la fin janvier ».

Emmanuel Botta

 

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