COOPÉRATIVES

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La Camif s'allie aux 3 Suisses (lire p. 40) et Domaxel se rapproche de Leroy Merlin (lire p. 32 à 34) ! Coup sur coup, deux coopérateurs, pour des raisons diamétralement opposées - le premier pour tenter de redresser ses comptes, le second pour remplacer un actionnaire sur le départ -, s'éloignent progressivement de leur statut ! Un nouveau pavé dans la mare, après la tentative en 2000 de Mr. Bricolage de faire cavalier seul. Et qui fit dire à Jean-Claude Jaunait, alors président de Système U : « La coopérative, c'est une vraie démocratie participative qui lie les hommes autour de valeurs communes. Renier de tels principes, c'est cracher dans la soupe ! »

Aujourd'hui, l'accord entre Domaxel et Leroy Merlin ne soulève pas un tel tollé. Il est vrai que ce modèle économique n'étant pas moribond, tant s'en faut, personne ne craint sa disparition. Les Enseignes du Commerce associé totalisent en effet 8,5 % du commerce de détail et affichent une croissance enviable de 6,5 % (avec un chiffre d'affaires de 30,6 milliards d'euros en 2002). Il s'agit souvent de PME proches de leurs clients, avec de fortes personnalités à leur tête (et une absence de contre-pouvoir...), qui basent leurs performances économiques dans le temps, à l'abri des aléas de la Bourse et des capitaux-risqueurs. Et ceux qui veulent aller vite en besogne et pallier des carences de fonds propres peuvent toujours se servir du jeu des alliances entre coopérateurs. À l'instar de Sport 2000 avec Techniciens du Sport, de Visual avec Atol, ou des Bijoutiers de France avec la Guilde des Orfèvres.

Deuxième raison de cette absence de (vive) réaction, les frontières entre les groupes intégrés et le monde coopératif sont de plus en plus ténues. C'est ainsi que Sherpa et les Coop Atlantique s'approvisionnent chez Carrefour, que les Coop Alsace travaillent avec Cora, ou que le suédois Ica s'est allié avec le néerlandais Ahold.

Alors l'opération, certes atypique, entre les deux enseignes françaises de bricolage ne préfigure sans doute que le nouveau jeu des alliances des prochaines années. Un jeu où la stratégie (la nécessité de trouver des partenaires pour réaliser quelques gains de productivité, couvrir tous les marchés, accroître son parc et s'internationaliser) l'emporte sur le statut, et où chacun peut pour le moins conserver sa philosophie et son autonomie.

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Article extrait
du magazine N° 1836

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