Cora-Carrefour : les procédures judiciaires en cours ravivent les tensions

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Élément nouveau dans le bras de fer qui oppose les actionnaires de Cora et de Carrefour : la mise en examen de Kamal Belaïd pour complicité d'abus de biens sociaux. En marge de l'affaire, et alors que les actifs hongrois sont au coeur de la procédure, Cora lance en Hongrie son enseigne de supermarchés Match.

La trêve de confiseurs n'est pas pour demain entre Cora et Carrefour ! Une information publiée dans « Le Monde » du 28 novembre a ravivé le différend entre les deux groupes (lire LSA n°1701). Cet article évoque les deux procédures en cours : l'une devant le tribunal de commerce de Paris, saisi par Carrefour pour faire valoir ses droits d'actionnaire minoritaire ; l'autre, au pénal. Philippe Bouriez, principal actionnaire du groupe Cora (38,6 milliards de francs chiffre d'affaires [5,88 Mrds EUR] et 417 millions de francs de bénéfices [63,5 MEUR]), n'a jamais admis que Carrefour s'invite à la table des actionnaires de Cora, en prenant 42,4 % du capital de GMB en décembre 1996. De son côté, Daniel Bernard, PDG de Carrefour, s'est engagé à céder ses titres pour répondre au souhait de la Commission européenne après la fusion Carrefour-Promodès. Mais pour cela, il a obtenu de ne pas avoir à négocier dans la précipitation mais seulement au terme des procédures en cours.

Où en est-on précisément sur le plan judiciaire ? L'action engagée devant le tribunal de commerce de Paris pourrait se terminer rapidement, après le dépôt des conclusions de l'expertise civile en octobre. Celle déclenchée au pénal et instruite par le juge d'instruction parisien Philippe Courroye pour abus de biens sociaux, abus de pouvoir, complicité et recel prendra un certain temps !

Et c'est dans ce cadre qu'apparaît un élément nouveau : la mise en examen pour complicité d'abus de biens sociaux, le 3 octobre, de Kamal Belaïd, un homme d'affaires suisse domicilié à Cuba, et président de la société Euronoreco.

Le PDG de Cora : « J'attends le jugement sereinement »

Celui-ci est soupçonné d'avoir servi « d'homme de paille » dans la transaction qui a permis aux actionnaires de Cora de se défaire de leurs actifs en Hongrie, vidant ainsi GMB d'un de ses principaux attraits. Commentaire de Philippe Bouriez, PDG de Cora : « Je ne suis pas de ceux qui ne se privent pas de violer le secret de l'instruction. Mais je conteste les insinuations parues dans certains quotidiens. Avant de communiquer sur l'enquête judiciaire en cours, suite à une plainte de Carrefour datant de septembre 1999, je préfère attendre la décision du juge. Au vu des conclusions de l'expertise civile diligentée par le tribunal de commerce de Paris, je suis serein. » Sur les structures du groupe, Philippe Bouriez apporte une précision de taille (confirmant ainsi l'information publiée dans LSA n° 1685 ) : la société holding faîtière du groupe Cora est, depuis le 20 juillet, la société belge Louis Delhaize (et non GMB).

De son côté, Me Kiejman, avocat de Carrefour, explique : « On ne peut guère expliquer comment, avec 0,1 % et 0,2 % respectivement du capital, Philippe et Jacques Bouriez peuvent contrôler GMB et le groupe Cora. » Faute d'informations plus précises de part et d'autre, toutefois, le mieux est de laisser la justice faire son travail.

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Article extrait
du magazine N° 1702

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