Cora et Match forment leurs futurs poissonniers

Pour assurer la relève des poissonniers dans l'Est, le groupe Bouriez monte de toutes pièces, avec d'anciens professionnels du métier, un cursus diplômant en partenariat avec un centre de formation.

Tronçonner un turbot, éviscérer une vive, escaloper un bar : voilà des compétences qui se font rares ! Et la formation sur le tas ne suffit pas : « Concrètement, nous n'avons pas le temps de former un jeune de A à Z », reconnaît Bertrand Dufresne, directeur du Cora de Moulins-lès-Metz, qui devrait prendre un stagiaire mi-novembre. Il ne minimise pas pour autant le rôle du tuteur de l'élève au sein du magasin, bien au contraire.

La grande distribution n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour susciter des vocations. Il y a deux ans, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a signé avec l'État un Engagement de développement de la formation (EDDF). Cette convention permet aux entreprises de la branche de former des jeunes aux métiers de bouche et de perfectionner les salariés en place. L'État prend à sa charge 70 % des frais pédagogiques pour les sociétés de moins de 500 salariés et jusqu'à 50 % pour les plus grandes.

Certaines enseignes lui emboîtent aujourd'hui le pas, à l'instar des hypermarchés Cora et des supermarchés Match du groupe Bouriez. Situés dans le quart est de la France, ils ont en effet monté un partenariat avec Algoritm, un centre de formation messin pour les emplois de la distribution. Objectif : préparer au métier de la poissonnerie en grande surface des jeunes qui, une fois formés, connaîtront le poisson « de la mer à l'assiette ».

Des évolutions de carrière possibles

Des visites de piscicultures, d'un port de pêche, d'un bateau et d'une criée organisées dans le cadre du cursus permettent aux étudiants de connaître l'intégralité de la chaîne de production. À l'issue de la formation (sanctionnée par un CAP), les stagiaires seront capables de préparer le poisson mais aussi de conseiller les clients dans leur choix et dans la façon de cuisiner le saumon et autre lotte.

Pour ce faire, les étudiants passent chaque mois, durant deux ans, une semaine au sein de l'école de formation. La partie technique est prodiguée par d'anciens managers de département et chefs de rayon poissonnerie, forts de vingt ans d'expérience dans la grande distribution. Le stagiaire sera par ailleurs en contact, trois semaines par mois, avec le manager du département poissonnerie.

En contrat de qualification pendant deux ans avec le magasin, il y travaillera comme employé commercial. Et s'il donne satisfaction, il sera ensuite embauché à durée indéterminée. Des évolutions de carrière sont également possibles. « L'employé pourra évoluer au bout de deux ans vers un poste de chef de rayon », estime Patrice Ouali-Kisler, directeur du CAP.

Une formule qui a le vent en poupe

Reste que, pour l'enseigne, l'investissement financier n'est pas très important. Comme pour tout contrat de qualification, elle doit verser à son stagiaire un salaire compris au minimum entre 50 à 65 % du SMIC. Elle est par ailleurs exonérée de charges patronales. La formation délivrée par Algoritm est, elle, financée par l'Opca (Organisme paritaire commercial pour l'alternance) auquel cotise le magasin.

Pour autant, l'enseigne ne doit pas perdre de vue qu'elle a pour mission de consacrer du temps à la formation de son stagiaire et ne pas le considérer comme de la main-d'oeuvre bon marché. Le stage devrait démarrer mi-novembre avec 25 élèves. Et, si le partenariat avec Algoritm donne satisfaction aux 20 magasins qui le testeront, il sera appliqué à l'ensemble des autres unités du groupe. Un hypermarché Leclerc et deux Super U situés dans le quart est de la France devraient également y participer. Une formule qui a donc le vent en poupe.

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Article extrait
du magazine N° 1696

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