Cora-Match accélère l'EDI

|

informatique - Les PME peinent à intégrer l'échange de données informatisées. Cora, Match et Provera ont réuni 200 fournisseurs pour présenter le projet EDI du groupe et les convaincre, témoignages à l'appui.

Il est rare que ces enseignes détenues par la famille Bouriez sortent du silence. Habituellement peu « disertes » sur leurs projets, Cora, Match et leur centrale d'achats Provera ont décidé de frapper un grand coup jeudi 6 septembre : réunir 200 fournisseurs lors du premier événement jamais organisé autour de l'échange de données informatisées, aussi connu sous le doux nom d'EDI. Car si les distributeurs échangent quotidiennement avec leurs partenaires industriels commandes ou factures par la voie électronique, l'immense majorité des plus petits fournisseurs est encore frileuse sur le sujet.

 

« Dans un esprit de collaboration »

« Nous sommes au milieu du gué », confie Pierre Bouriez, directeur général de Cora. Démarré il y a une dizaine d'années, l'EDI a pris un tour plus volontariste en 2004, avec la création d'un groupe de réflexion réunissant des responsables de Cora, de Match et de la centrale d'achats - une première dans un groupe où l'autonomie des enseignes est plutôt la règle. Des objectifs et un calendrier ont émergé, avec une volonté claire : mettre le turbo, oui, dans un esprit de collaboration avec les fournisseurs. « Si nous voulons que cela marche, il faut avancer ensemble et, surtout, que tout le monde y gagne », annonce Pierre Bouriez. Trois sujets étaient à l'ordre du jour de cette matinée spéciale : la fiche produit, la commande et l'avis de livraison, enfin, l'épineux chantier de la facture dématérialisée.

Sur la question de la fiche produit, premier maillon de la chaîne EDI, les bénéfices sautent aux yeux : pas de double saisie, donc un gain de productivité évident. « Mais le véritable enjeu se situe ailleurs, au niveau de la commande », ont rappelé les responsables de Cora-Match. Avoir des données fiables et synchronisées permet d'aller plus vite et de réduire de manière significative les mauvaises surprises à la livraison (notamment le nombre de produits par palette). Ce que Jean-Michel Rothier, directeur des projets collaboratifs de Coca-Cola Entreprise, invité à témoigner à la tribune, résume d'une phrase : « Pour nous, l'EDI n'est pas un projet informatique, c'est d'abord un projet business. » Jusqu'à présent, tout l'effort de Cora-Match en matière EDI s'est porté sur les fiches des produits alimentaires en promotion, soit 85 000 références sur 200 000 au total. « 85% des appels d'offres promotions se font par EDI », indique Pierre Bouriez. Les objectifs sont de passer à 100 % d'ici à la fin de l'année, et d'élargir aux livres et aux jouets dès le premier semestre 2008. À terme, les produits permanents devraient aussi être référencés dans un catalogue électronique.

Du côté des commandes, le groupe salue bien volontiers les efforts des fournisseurs, puisque 84 % du total des commandes sont désormais envoyés par voie électronique. Bien sûr, il est toujours possible de faire mieux et Cora annonce un objectif de 95 % de commandes électroniques à fin 2009. « Nous ne disons pas 100 %, pour pouvoir nous réserver la possibilité de travailler avec les toutes petites structures qui n'ont aucune urgence à s'équiper informatiquement. »

Moins avancé, l'avis de livraison s'annonce comme le gros chantier des années à venir. Adoptée par le groupe Cora depuis fin 2005, l'étiquette électronique EAN 128 devra équiper progressivement les palettes de tous ses fournisseurs (ils sont seulement 97 à ce jour). « Notre objectif est de 70 % à fin 2008, et de 90 % à fin 2009 », énoncent les responsables de Cora. Là encore, les avantages sont connus : assurer la meilleure traçabilité possible (notamment pour récupérer des lots en cas de crise), et optimiser les flux de marchandises. Selon son responsable EDI, Sébastien Marlaire, le producteur d'eau minérale Saint-Amand aurait notamment gagné un quart d'heure sur le chargement des camions grâce au scannage des palettes.

 

Vers un flux unique de factures numériques

Dernier chantier et non des moindres, la dématérialisation des factures chez Cora-Match est axée en priorité sur les factures entrepôts (les plus importantes en valeur) : 730 000 factures, sur les 2,5 millions reçues par an. « L'objectif est de passer de 30 % de factures EDI reçues actuellement à 40 % d'ici à 2009 », indiquent les responsables. Attention, il s'agit de factures envoyées en EDI avec conservation de l'original papier et non de dématérialisation fiscale. Sur ce dernier sujet, « encore à l'étude », le groupe Cora espère démarrer début 2009, au grand dam des quelques fournisseurs présents passés à la « démat' fiscale »...

En revanche, dès 2008, le groupe instaurera l'envoi de factures scannées (LAD) avec ses fournisseurs les moins avancés sur la question. Intérêt pour le distributeur : mettre en place dans son système interne un flux unique de factures numériques, qui permettra le rapprochement de documents ligne à ligne. Bénéfice immédiat pour ses partenaires : des économies substantielles réalisées sur le traitement des factures (mise sous pli, coût de l'affranchissement...). Et, au bout du tunnel : la disparition de l'archivage papier.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2011

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous