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[Coronavirus] 200 patrons d’enseignes et 15 fédérations en appellent à l’Etat sur l’annulation des loyers [Tribune]

Dossier Arguant de 2,6 millions d’emplois dans plus de 400 000 points de vente, soulignant le fait que les loyers pèsent jusqu’à 20% de leur chiffre d'affaires, 200 patrons d’enseignes et 15 fédérations adressent une lettre ouverte au Gouvernement pour que les bailleurs renoncent purement et simplement à ces loyers, durant la période de fermeture liée à la crise.

« La crise du Covid-19 ne doit pas être la crise de trop ! » estiment les signataires. Selon eux, si la question des loyers n’est pas traitée, ce sont plus de 15% des effectifs de leurs entreprises - soit au moins 400 000 emplois directs - qui sont menacés. Et plus de 50 000 magasins et restaurants qui seront définitivement fermés.
« La crise du Covid-19 ne doit pas être la crise de trop ! » estiment les signataires. Selon eux, si la question des loyers n’est pas traitée, ce sont plus de 15% des effectifs de leurs entreprises - soit au moins 400 000 emplois directs - qui sont menacés. Et plus de 50 000 magasins et restaurants qui seront définitivement fermés.

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Ils sont deux cents ! Pas moins de 200 patrons d’enseignes de tous secteurs à signer cette lettre ouverte adressée au gouvernement. Tribune, par ailleurs soutenue par 15 fédérations du commerce, de la restauration et de l’hôtellerie. Message : «pour sauver les 2,6 millions d’emplois du commerce, les bailleurs doivent aujourd’hui prendre part à l’effort collectif ». Et principale demande : l’annulation des loyers durant la période de fermeture liée à la crise du coronavirus, puis leur indexation sur la réalité des activités après la reprise. Voici cette tribune dans son intégralité.

2,6 millions d’emplois dans plus de 400 000 points de vente

« Alors que le Président de la République et le Ministre de l’Economie et des Finances ont évoqué le poids des loyers dans les charges des commerçants, nous, dirigeants de commerces de tous secteurs, tirons la sonnette d’alarme et appelons les bailleurs à prendre part à l'effort collectif pour lutter contre la crise qui ravage nos économies. Avec 2,6 millions d’emplois dans plus de 400 000 points de vente, nos magasins sont au cœur des villes et des territoires. Acteurs de l’habillement, de la culture, de l’électroménager, du multimédia, du meuble, du sport, du jouet, de l’optique, de la beauté, de la bijouterie-horlogerie ou encore de la restauration et de l’hôtellerie, nous accueillons chaque jour des millions de Français. Nos commerces sont fermés depuis le 14 mars dernier et, pour au moins un mois encore notre activité économique est réduite à néant. Nous savons que la reprise sera lente et progressive et que les conséquences économiques et sociales seront considérables ».

Des millions d’euros de marchandises dorment dans nos magasins

« Les mesures adoptées en urgence par le Gouvernement nous ont offert une bouffée d’oxygène vitale : le chômage partiel allège sans le supprimer totalement le coût des salaires, les prêts garantis par l'Etat soutiennent la trésorerie et le fonds de solidarité aide les très petites entreprises. Mais quelle que soit notre taille, nous ne survivrons pas si le problème grave des loyers n'est pas solutionné. Nous assumons un poids économique écrasant pour que l’activité puisse reprendre. Des millions d’euros de marchandises dorment dans nos magasins et nos entrepôts et perdent tous les jours de la valeur. Tous nous connaitrons de lourdes pertes cette année ».

Les loyers pèsent jusqu’à 20% de notre chiffre d'affaires

« Alors que chacun prend sa part, les représentants des bailleurs, au premier rang desquels le Conseil National des Centres Commerciaux, demandent aux commerçants de payer leurs loyers, alors même que nos magasins sont contraints de rester fermés. Cette position témoigne d’une absence totale de compréhension de l'ampleur de la crise. Les loyers pèsent jusqu’à 20% de notre chiffre d'affaires. Pour chacun d’entre nous, il s’agit du premier ou du deuxième poste de coût le plus important, en hausse constante ces dernières années. Comment, dans ces circonstances, nos commerces pourraient-ils payer leurs loyers alors qu’ils n’ont pas le droit d’ouvrir leurs portes et qu’ils ne réalisent aucune activité ? Comment payer un loyer à taux plein dans les prochains mois alors que nous savons que l’activité sera réduite pour longtemps ? Les prêts garantis par l’Etat doivent servir à maintenir les emplois à la réouverture, pas à payer des loyers pendant la fermeture ! Ceci est vrai pour les commerçants de toute taille ».

Nous demandons l’annulation des loyers durant la période de fermeture

« Si certains bailleurs, petits et grands, ont compris la gravité de la situation et ont décidé d’annuler les loyers, la grande majorité s'y refuse, notamment les plus puissants ! Face à l’absence de volonté d’engager un véritable dialogue, nous appelons le Gouvernement à mettre en urgence tout en œuvre pour permettre aux commerçants de traverser la crise et de relancer l’activité dans les prochains mois. Pour sauver un maximum d’emplois et de points de vente, nous demandons l’annulation des loyers durant la période de fermeture et leur indexation sur la réalité de notre activité après la reprise. C’est une question de bon sens. C’est aussi dans l’intérêt de tous : l’État, les salariés, mais aussi les bailleurs dont l’objectif doit être d’avoir demain des locataires dynamiques pour payer les loyers ! »

Cette crise pourrait sonner le glas pour des dizaines de milliers de commerces

« Conscients des difficultés que pourraient rencontrer certains bailleurs, et en particulier les plus petits d’entre eux, nous appelons à l’adoption de mesures de soutien en leur faveur. Ne nous y trompons pas, cette crise sanitaire pourrait sonner le glas pour des dizaines de milliers de commerces. Depuis deux ans, nous avons dû faire face à une succession de blocages et de manifestations qui ont fortement dégradé la santé financière de nos entreprises. À chaque crise, nous nous sommes relevés, non sans douleur, mais grâce à l’engagement de nos collaborateurs, la fidélité de nos clients, et la solidarité de nos partenaires et fournisseurs ».

Les procédures de sauvegardes et les redressements se multiplient

« Malgré les pertes d’activité, nous avons toujours payé nos loyers sans que la plupart des bailleurs ne fassent un geste. La crise du Covid-19 ne doit pas être la crise de trop ! Si la question fondamentale des loyers n’est pas traitée, nous estimons que ce sont plus de 15% des effectifs de nos entreprises soit au moins 400 000 emplois directs qui sont menacés et plus de 50 000 magasins et restaurants qui seront définitivement fermés. D’ores et déjà les procédures de sauvegardes et les redressements se multiplient! Pour préserver les emplois du commerce, notre message est simple : soyons solidaires et déterminés pour créer ensemble, bailleurs et commerçants, les conditions de notre future réussite commune. Pour payer des loyers demain, réglons les problèmes de loyers d’aujourd’hui ».

Représentants des fédérations signataires

  • André Balbi, président du Rassemblement des Opticiens de France
  • Antoine Barreau et Hervé Dijols, présidents du Syndicat National de la Restauration Thématique etCommerciale.
  • Christian Bouldoires, président de l’Union de la Bijouterie Horlogerie ;
  • Michel Bourel, président de la Fédération Française de la Franchise.
  • Thierry Doll, président du Syndicat des entreprises prestataires de services Sports et Loisirs ;
  • François Feijoo, président de la Fédération Procos
  • Philippe Gueydon, co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et produits de l’enfant
  • Esther Kalonji, déléguée générale de Syndicat National de l'Alimentation et de la Restauration rapide.
  • Eric Mertz, président de la Fédération nationale de l’Habillement ;
  • Christian Pimont, président de l’Alliance du Commerce
  • Eric Plat, président de la Fédération du Commerce coopératif et associé
  • Carine Shafroth, présidente du Syndicat National de la Restauration Publique Organisée
  • Jérôme Valentin, président de l’Union Sport & Cycle ;
  • Jean-Charles Vogley, secrétaire général de la Fédération du commerce et services de l'électrodomestique et du multimédia et de la Fédération française du Négoce de l'Ameublement et de l'Équipement de la Maison

 

 

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