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[Coronavirus] 40% des e-commerçants assurent ne pas pouvoir tenir la crise plus d'un trimestre

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Une grande partie des commerçants en ligne estiment ne pas résister plus de trois mois à la crise du coronavirus, d'après une étude de la Fevad, publiée lundi 30 mars 2020. La majorité des acteurs de la vente en ligne déclarent également un impact négatif sur leurs ventes depuis le confinement.  

40% des e-commerçants ne tiendront pas la crise plus d'un trimestr
40% des e-commerçants ne tiendront pas la crise plus d'un trimestr© 2020 by marog-pixcells / Banque d'images 123RF

La crise sanitaire liée au coronavirus et le confinement imposé en France depuis le 16 mars dernier affectent très sérieusement le commerce en ligne hexagonal. Tel est le principal enseignement d'une étude publiée par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), lundi 30 mars 2020. Pour mesurer les premiers effets de l'épidémie sur la filière, la fédération a réalisé, une enquête auprès de 136 sites e-commerce de tous secteurs et de toute taille, entre le 23 et le 25 mars 2020. Il en ressort que la crise actuelle laisse entrevoir des perspectives économiques très incertaines pour une bonne partie des e-commerçants.

Près de 40% des entreprises consultées estiment qu’elles ne pourront pas résister économiquement plus de trois mois à la crise et 20% préfèrent ne pas se prononcer. Bien que le plan gouvernemental de soutien aux entreprises semble être bien accueilli par une majorité des commerçants en ligne, l’inquiétude domine malgré tout chez les professionnels du domaine. "Dans le détail, on s'aperçoit que les petits acteurs se trouvent plus vulnérables et plus stressés par rapport aux grosses structures. Ne serait-ce que pour des questions de trésorerie", indique Marc Lolivier, délégué général de la Fevad précisant que l'inquiétude demeure plus importante "chez les pure players que dans les enseignes omnicanales. Ils se trouvent en situation d'urgence".

Très fort recul des ventes en ligne

Autre constat, la période exceptionnelle actuelle affecte le cœur-même du secteur : 76% des sites du panel interrogés enregistrent un recul des ventes depuis le 15 mars 2020. Pour la moitié d’entre eux cette baisse est même de plus de 50%. Seulement 18% des sites sondés ont réalisé un chiffre d’affaires en augmentation. Les plus fortes hausses sont enregistrées dans l’alimentaire, la téléphonie-informatique ainsi que pour les produits culturels et éducatifs. A contrario, la mode et l’équipement de la maison figurent parmi les secteurs les plus touchés. "La mise en place du télétravail a été brutale, il a fallu s'adapter en équipements, notamment informatiques ou les imprimantes ou dans le domaine éducatif où nous sommes sur des croissances de l'ordre de 100%", pointe Marc Lolivier.

Par ailleurs, la plupart des sites e-commerce voient leurs ventes chuter, bien que les sites demeurent majoritairement ouverts, pour 94% des sites du panel. Plus d’un tiers d’entre eux se sont vus contraints de réduire leurs activités. À ce titre, les enseignes omnicanales sont deux fois plus nombreuses (8%) que les pure-players (4%) à avoir interrompu leur activité de vente en ligne.

Augmentation de la livraison gratuite

Selon l'enquête, ces conséquences néfastes pour le commerce en ligne s'observent également en amont sur l'approvisionnement. Quatre sites marchands sur dix déclarent avoir des difficultés sur la question et 48% s’attentent à avoir des problèmes à s'approvisionner, à l'avenir. En aval, la logistique s'avère aussi très perturbée aussi bien dans les entrepôts que chez les prestataires logistiques. Avec des conséquences sur les délais de livraison : 85% des sites notent un allongement des délais pour livrer les colis. De même, 29% d’entre eux ont enregistré des annulations de commandes.

Pour faire face à la fermeture des commerces servant de points retraits, un tiers des sites proposent la gratuité ou des frais réduits pour la livraison des commandes à domicile. Enfin, la majorité des sites propose aujourd’hui un allongement du droit de rétractation en offrant aux clients la possibilité de retourner les produits dans un délai de 30 à 60 jours, contre 14 jours en temps normal, afin de tenir compte des limitations de déplacements imposées par le confinement. "Outre les points relais, la Poste a également annoncé réduire son activité, ce qui ne va pas faciliter le désengorgement" , glisse Marc Lolivier.

En dernier lieu, les e-commerçants ont profondément modelé leur organisation du travail face aux circonstances imposées par le Covid-19 : 82% des entreprises pratiquent le télétravail, 66% ont recours au chômage partiel et 22% ont fermé certains sites. Outre l’impact sur les ressources humaines. Les entreprises du e-commerce déclarent faire preuve de solidarité, eu égard de l'effort national. 40% des commerçants en ligne ont mis en place - ou vont mettre en place - des mesures en ce sens. Celles-ci sont principalement orientées en direction des personnels de santé.

 

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