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[Coronavirus] Antoine Carteyron (Stuart): "les livraisons ont été multipliées par 2,5 dans l'e-commerce alimentaire "

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INTERVIEW Le directeur général de Stuart France, entreprise spécialisée de la livraison express, revient pour LSA sur la première semaine de confinement, liée à l'épidémie de coronavirus. Il constate notamment un très fort pic de l'activité dans l'alimentaire. A contrario du non-alimentaire.  

Antoine Carteyron (Stuart): "les livraisons ont été multipliées par 2,5 dans l'e-commerce alimentaire "
Antoine Carteyron (Stuart): "les livraisons ont été multipliées par 2,5 dans l'e-commerce alimentaire "© Stuart

LSA - Comment s'organise Stuart face à cette situation exceptionnelle ?

Antoine Carteyron - Nos équipes sont très mobilisées pour être plus réactives et gérer au mieux la crise. Nous poursuivons trois objectifs. Le premier étant de maintenir la livraison, notamment des individus isolés n'ayant pas la possibilité de se procurer des denrées alimentaires. Deuxièmement, il nous faut trouver des solutions de livraison à proposer aux petits commerces, premiers touchés par cette crise, afin qu'ils puissent poursuivre leurs activités à distance. Les équipes de Stuart sont en contact quotidien avec les cabinets du Ministre de l'Économie Bruno Le Maire et du Secrétaire d'État au Numérique Cédric O, dans le but de trouver et de mettre en place des solutions. Nous avons également adressé une proposition au Ministère de la Santé pour favoriser la livraison de médicaments à domicile. Et un partenariat avec "Mes médicaments chez moi", une filiale du groupe La Poste spécialisée dans le domaine. Le dernier objectif étant de fournir une livraison mais de limiter le risque de propagation du virus. Notamment vis à vis des coursiers, auprès de qui il faut mettre en place les mesures sanitaires nécessaires pour éviter toute contamination.  

Qu'en est-il au point de vue de l'activité économique ?

AC - Nous sommes positionnés sur plusieurs marchés : restauration, grande distribution et le non alimentaire, que ce soit dans la mode ou l'e-commerce. Trois marchés distincts où les dynamiques sont différentes. Sur le segment de la grande distribution, avant la mise en place du confinement nous avons observé une forte augmentation des livraisons « laissé caddie » au départ des magasins, de l’ordre de 60%, témoignant d’une augmentation du panier moyen en magasin et d’une tendance des français à stocker avant le confinement. Depuis la mise en place du confinement, les volumes laissé caddie ont chuté pour laisser place à une forte augmentation du e-commerce, multiplié par 2,5. Les Français se déplacent bien moins en magasin. Sur les segments de la restauration et du non alimentaire, l’activité a naturellement fortement chuté depuis la mise en place du confinement. Quand on prend la moyenne de ces trois verticales, elle se maintient ou baisse un petit peu. Il y a une baisse d'activité, mais avec des dynamiques très différentes.

Par ailleurs, on observe une explosion de l'e-commerce : on travaille avec des acteurs comme Monoprix, Franprix, Bio c'Bon, Naturalia, mais aussi avec les plateformes assurant la médiation avec des petits commerçants. Tout cela se développe beaucoup. Sur la partie non alimentaire, la plupart de l'activité baisse en raison de la fermeture des magasins. En revanche le business e-commerce B to C se porte bien.  De même, il y a des sujets sur lesquels on pousse un peu plus, qui deviennent un peu plus importants en ces temps de crise.

C’est-à-dire ?

AC – Outre la livraison de produits de pharmacie. Nous annoncerons, cette semaine un partenariat entre Phenix et Stuart pour proposer aux commerçants de livrer leurs paniers anti-gaspi chez les consommateurs. Produits bruts ou cuisinés, bios ou végétariens : ces paniers anti-gaspi seront composés à partir des surplus des commerçants. Vendus à hauteur de -50% sur l’appli, ils permettent à tous d’accéder à une alimentation variée à un prix abordable. La livraison de ces paniers anti-gaspi rend le ravitaillement en produits de première nécessité pratique et accessible à tous : familles monoparentales, personnes âgées ou malades. Ce projet va permettre aussi à tous les restaurateurs de pouvoirs livrer des stocks périssables au travers de l'appli de Phénix. Il est dommage de gaspiller toute cette nourriture à cause de la fermeture d'un établissement.

Avez-vous eu affaire à des droits de retrait émanant de certains de vos livreurs ?

AC - Nous sommes sur un modèle de sous-traitance, comme de nombreux acteurs du groupe GeoPost. Nous sommes en discussion continue avec nos sociétés partenaires. A ce stade, elles souhaitent toutes continuer à travailler. On les informe en continu de toutes les procédures de sécurité. Notre entreprise va aussi financer des gels hydroalcooliques. Nous rappelons toutes les heures, par notifications Push, les consignes de sécurité à nos livreurs. La livraison sans contact et l'absence de signatures, ont aussi, bien évidemment été mis en place.  Toutes les étapes - soit à la récupération du colis ou à sa livraison – ont été modifiées pour assurer le moins de contacts possibles au cours du process.

Comment endiguer la perte de chiffre d'affaires dans le non alimentaire ?

AC – Difficile à dire, le non alimentaire reste un secteur très large. Il existe des catégories où il y a des leviers à activer à court terme, car cela correspond à une consommation actuelle. Il y a des opportunités. Les e-commerçants et enseignes s'en saisissent, dans le jeu vidéo ou le ludique. Au contraire, des secteurs comme le meuble se trouvent sur un volant d'activité très faible. Ce sera le cas, jusqu'au terme du confinement.

 

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