[Coronavirus] Bon gré mal gré, les magasins alimentaires s’organisent

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Les magasins alimentaires sont parmi les seuls à pouvoir ouvrir leurs portes depuis la parution de deux décrets les 14 et 15 mars. Ils s’organisent afin de pouvoir gérer au mieux l'afflux de la clientèle et leur personnel, dans le contexte du coronavirus.

Ce supermarché Casino, situé dans le XIXème arrondissement de Paris, régule le nombre de clients présents dès l'entrée.
Ce supermarché Casino, situé dans le XIXème arrondissement de Paris, régule le nombre de clients présents dès l'entrée.

 « C’est quoi ce magasin, on aurait qu’il y a la guerre ! ». Il est 11h30, ce lundi 16 mars, lorsque cette dame sort enfin du supermarché Casino, situé avenue de Flandre dans le XIXème arrondissement de la capitale. Ce matin, comme beaucoup, elle s’est rendue dans son magasin le plus proche. Mais aujourd’hui, ses courses ne se déroulent pas tout-à-fait comme d'habitude : pour pénétrer dans le lieu de vente, une salariée du point de vente fait entrer au compte-goutte la clientèle. Dans le magasin, peu de personnes. « Dans les rayons, des produits manquaient, il y avait moins de choix… », a-t-elle constaté. Dehors, des clients plutôt disciplinés font la queue et s'espacent avant de pouvoir entrer à leur tour dans le magasin.

Casino , Franprix, Carrefour, Intermarché...Tous les points de vente s’organisent pour faire face à l’afflux de clients venus faire des courses, et souvent des réserves, pour lutter contre le Covid-19.

Le nombre de clients limité...

Côté clients, plusieurs points de vente ont décidé de contrôler leur nombre : « Au Monoprix Jourdain, à Paris, les gens entrent au compte-goutte pour ne pas dépasser 100 personnes dans le point de vente », rapporte une habituée qui a patienté 20 minutes avant de pouvoir faire ses emplettes. Le nombre fluctue souvent selon la taille du magasin. Le Ministre de l'Economie et des Finances explique que certains commerces alimentaires mettent en effet en place un système de régulation dans le but d'éviter des concentrations de personnes trop élevées dans la surface de vente.

Rappelons aussi que beaucoup de magasins laissent encore entrer la clientèle librement, comme nous avons pu le constater dans les Franprix et Carrefour City sur notre passage, dans le Nord de Paris.

Leur venue organisée

Les points de vente s'organisent aussi dans le point de vente. Ici dans un magasin Carrefour, des traces au sol permettent d'indiquer aux clients comment respecter la consigne de sécurité d'un mètre entre chaque client, pour éviter la propagation du virus. Mesure louable, mais inefficace selon ce directeur d'un hypermarché francilien : "Avec les chariots et la pagaille en magasin, cette distance n'est pas du tout respectée", se désole-t-il.

Les enseignes assurent aussi qu'elles ont renforcer les mesures d'hygiène et le nettoyage de leur locaux, des chariots, scanettes et autres afin d'éviter la contamination au Covid-19

Des initiatives pour protéger le personnel 

Côté personnel, les gants sont souvent de rigueur dans les magasins. Carrefour précise sur son compte Twitter que ses collaborateurs ont pour consigne de faire régulièrement des allers et retours afin de se laver les mains. Idem chez Monoprix, qui met " à disposition des gels hydroalcooliques au niveau des caisses et en salle de pause  [...] et des gants à usage unique pour les salariés des rayons à service (et de masques dès que ceux-ci seront disponibles) ", assure la communication de l'enseigne. 

plus de 25 % de salariés absents, Le casse-tête des plannings

Ce jour, un casse-tête supplémentaire débute pour ces commerces, il faut en effet remplacer autant que possible les  "25 à 35 %" des salariés de la grande distribution qui manquent à l'appel pour pouvoir garder leurs enfants, selon des estimations de Bercy.

"Les employés du non-alimentaire sont venus prêter main forte à ceux de l'alimentaire. Nous avons aussi augmenté le nombre d'heures des étudiants qui le souhaitent, étant donné qu'ils n'ont plus de cours assurés...", explique le directeur d'un hypermarché, encore sous le choc de voir sa grande surface complètement vide à 16 heures, cet après-midi. 

En parallèle, le ministère de l'Economie et des Finances assure plancher sur des mesures visant à assouplir le recrutement et le travail de nuit entre autres. 

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