[Coronavirus] Témoignage du patron du Super U de Thourotte (Oise) sur l'organisation du magasin

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Situé dans l'Oise, l’un des départements les plus touchés par le coronavirus, le Super U de Thourotte fait face à une forte hausse des achats de première nécessité et des commandes de drive. Des conditions qui nécessitent une adaptation des équipes et des approvisionnements, en gardant tout la sérénité requise. David Blaise, pdg de ce magasin de 3500 m², s’est entretenu avec LSA pour expliquer comment il gérait cette situation particulière.

Le Super U de Thourotte, dans l'Oise (image Google Maps)
Le Super U de Thourotte, dans l'Oise (image Google Maps)© Google Maps

L'Oise est l’un des départements les plus touchés par le coronavirus avec une trentaine de cas sur les 200 recensés en France, le Super U de Thourotte fait face à une forte hausse des achats de première nécessité et à une explosion des commandes via le drive. Des conditions qui nécessitent une adaptation des équipes et des approvisionnements, en gardant tout la sérénité requise. David Blaise, pdg de magasin de 3500 m², s’est entretenu avec LSA pour expliquer comment il gérait cette situation particulière.

LSA : Quelles sont les conséquences des comportements des consommateurs face au coronavirus ?
David Blaise : "Nous avons dû renforcer nos équipes et les approvisionnements, car les client achètent de manière massive. Vendredi 28 février on constatait une forte hausse des ventes de produits de première nécessité. Aujourd’hui, mercredi 4 mars ils stockent de tout, comme s’ils se préparaient à un confinement. Il y a un déséquilibre dans les paniers, avec une hausse du panier moyen de 10% environ, mais avec des mix produits complètement différents. Le non alimentaire ne se vend pas. En ce moment, nous lançons la saison du jardin. D’habitude les ventes suivent… or là il n’y a quasiment aucun achat effectué sur ces gammes de produits. Les gens concentrent leurs achats sur l’alimentaire. Il y a aussi un gros report sur le drive. Nous n’avons pas un drive conséquent, mais là les commandes ont été multipliées par 4, avec certaines commandes d’un montant important. Le sentiment d’inquiétude est plus marqué chez les clients du drive, quand on analyse leurs achats. Ce sont des gens dans la crainte, ils vont acheter cinq paquets de pâtes au lieu d’un seul comme d’habitude. Et il y a eu des comportements particuliers de certains clients au drive, qui demandaient aux salariés de ne pas les approcher…"

LSA : Quelles catégories sont les plus concernées ?
David Blaise : "En fin de semaine dernière, la hausse des ventes atteignait 250% sur les conserves. Globalement, nous avions anticipé nos approvisionnements par rapport aux retours de congés et à la collecte des Restos du Cœur. Hier, les rayons étaient vides pour certains produits. Mais ce matin, j’ai reçu deux semi-remorques d’épicerie, soit deux fois les approvisionnements habituels. Les produits les plus achetés sont les pâtes, riz, conserves, le papier toilette, la litière pour chat. Ensuite, ce sont les surgelés comme les frites, les pizzas, ou le jambon. On a eu des chariots entiers d’eau ou de conserves, mais c’est assez marginal."

LSA : Comment s’organiser face à cette situation, pour la bonne tenue du magasin et la présence des salariés ?
David Blaise : "Il est important de préciser que des gens qui n’ont pas le droit de sortir de chez eux, cela n’existe pas. Parmi les personnes exposées à des malades porteurs du virus, les tests ont révélé qu’ils étaient tous négatifs. Cela permet de relativiser. Il y a une prise de conscience de tout cela, et les équipes sont sereines. Les contraintes, en réalité, c’est par exemple que les enfants ne peuvent pas aller à l’école dans certaines zones. En magasin, pour faire face à l’afflux de clients, j’ai dû embaucher des intérimaires. Et je n’ai eu aucun problème pour en trouver. Le magasin emploie 80 personnes en temps normal, et en ce moment il y a 10 intérimaires présents pour absorber le surplus. J’ai également détaché des salariés de l’administratif pour les mettre en renfort sur la surface de vente et remplir les rayons. Cela aura des conséquences économiques car il y a des heures supplémentaires majorées, des intérimaires qui sont forcément moins efficaces que les équipes habituelles. On ne sait pas combien de temps tout cela va durer. Mais nous nous adaptons, nous sommes des commerçants !"

Propos recueillis par Morgan Leclerc

 

 

 

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