[Coronavirus] Lydia, Paylib et Lyfpay: comment s'organisent les prestataires de paiement

La période de confinement contraint les opérateurs de paiement à faire évoluer leurs modèles en fonction d'une conjoncture exceptionnelle. Lydia, Paylib et Lyfpay adaptent leur organisation en fonction de la demande. Dans le commerce, mais aussi à destination des professionnels de santé.

 

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[Coronavirus] Lydia, Paylib et Lyfpay: comment s'organisent les prestataires de paiement
[Coronavirus] Comment s'organisent les prestataires de paiement

Deux semaines après la décision de confinement imposée par la propagation du coronavirus, les acteurs du paiement se trouvent en ordre de bataille et font pivoter leur modèle. Chez Lydia, la première semaine de crise a nécessité des ajustements. Le prestataire de paiement s'est retrouvé face à un recul de son activité : "Nous avons connu une baisse de 75% en moyenne des transactions" affirme Cyril Chiche, cofondateur de l'entreprise. L'opérateur exerce sur deux segments principaux : l'activité sociale, avec le versement de cagnottes entre proches. Puis le commerce, fortement impacté par la crise sanitaire. Son mode de paiement sans contact s'est trouvé fortement freiné dans la distribution : "Cela nécessite des mises en œuvre informatiques actuellement impossibles. Personne ne touche aux caisses, en ce moment" poursuit-il.

Après une analyse des besoins, l'entreprise a constaté une hausse des inscriptions émanant des professionnels de santé à Lydia Pro, le service d'encaissement pour les professionnels de la structure. Il s'agissait pour eux de poursuivre leur activité, "notamment ceux n'étant pas équipé de solutions digitales de téléconsultations. Le mouvement a été ensuite suivi par les professions libérales comme les avocats et professeurs à distance….". Le but ? Encaisser immédiatement les cartes bancaires des patients, même pendant la validation du compte. Pour accompagner le mouvement, Lydia a supprimé tous les frais d’encaissement et de service jusqu’au 30 juin 2020. La structure a aussi étendu son dispositif spécial à l’attention des artisans, petits commerçants pour leur permettre d’être payés à distance par carte bancaire "Il s'organisent pour se faire payer à distance, via Facebook ", explique le dirigeant.

Progression du paiement mobile

Du côté de Paylib, la première semaine de crise a été également matière à réflexion sur "l'adaptation du dispositif par rapport au contexte donné", abonde Luc Laffon, directeur du développement du prestataire qui note une forte remontée des besoins en matière de paiement à distance : "plus de 80% des français étaient équipés d'un smartphone et 90% des consommateurs en position d'acheter sont équipés d'un mobile", glisse-t-il. Et Paylib a très vite constaté une forte demande émanant en particulier des commerçants de bouche dans le cadre des commandes à distance. Souvent des structures de petites tailles, non équipées de moyens de paiement à distance, et qui n'acceptaient que les chèques ou les espèces. Pour eux, l'opérateur a gratuitement ouvert de manière exceptionnelle son service "Paylib entre amis", afin de permettre aux professionnels de recevoir de l’argent à distance.

Pour que le système fonctionne dans ce cadre, le service doit être activé dans l'application d'une banque (Crédit Agricole, BNP Paribas, La Banque Postale, Société Générale, Hello Bank!, Arkéa, Banque Populaire, Caisse d’Epargne et LCL). Le professionnel doit ensuite communiquer son numéro de téléphone mobile et le montant de la transaction. Il reçoit un premier SMS confirmant la transaction et doit se rendre sur le site de Paylib pour renseigner son IBAN. Le prestataire effectue la jonction, via le virement instantané. "A ce stade, nous avons des taux qui montrerait un accroissement de l'usage sur le paiement mobile", conclut Luc Laffon.

Eviter l'usage du TPE

Troisième acteur qui a également adapté son modèle, Lyfpay : "Nous avons pris langue avec l'ensemble de nos clients, pas nécessairement dans le retail pour comprendre quelles étaient leurs situations opérationnelles et leurs besoins", pointe Frédéric Leclef DG adjoint de l'opérateur. Le prestataire a identifié trois zones de tractions pour son activité : les professionnels de santé dépourvus d'outils, l'univers caritatif - la structure a contractualisé un récent partenariat avec La Croix Rouge -, et enfin la distribution alimentaire.

Dans ce dernier domaine, l'opérateur a adapté sa solution de paiement mobile aux petites structures indépendantes mais aussi aux grands acteurs comme les hypermarchés et les supermarchés qui ne sont pas équipés pour faire de l'encaissement de carte bancaire à domicile, "mais plutôt sur le web, lors des commandes drive, ou à proximité via les terminaux de paiement (TPE) attachés aux caisses. En revanche, ils n'ont pas de moyen d'encaisser au moment de la livraison, les TPE étant un potentiel foyer de la maladie", poursuit Frédéric Leclef. L'entreprise a poursuivi son activité avec Auchan, Carrefour, Casino, Leader Price, Franprix et Bio c'Bon. Et a retardé le déploiement de la solution chez Monoprix initialement prévu le 1er avril: " Nous avons noté un pic d'activité depuis le confinement, et avons ventilé nos ressources sur le processus LyfPro qui comprend l'affiliation en amont", précise Frédéric Leclef.

Le prestataire de paiement a aussi modelé ses ressources humaines. Avec une augmentation du personnel pour que cette opération soit réalisée dans la journée. "On a aussi renforcé les équipes qui effectuent de l'accompagnement dans la prise en main et le support technique. Des postes susceptibles d'être fortement mobilisés à l'avenir", conclut-il

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